‹ La religion poèmeChapitre 31 sur 69 · ÉLISE, LE CHŒUR · texte numérisé non relu

ÉLISE, LE CHŒUR

‘Un^'des IkraêlUes {i) '.

C*EST Aman. , . • . ! .

Zfm autre.

C’est lui-même , et j'en fre'ràîs , ma sœur.

La première. ' ' • '

Mon cœur de crainte et d’horreur se re'ssèrrê.’ • L'autre.

C’est d’Israël le superbe oppresseur.’'

' . La première.'

C'est celui qui double la terre. ; r -i' ÉLISE. ■;

Peut-on en le voyant ne le connaître^ pas? - • ,

L’orgueil et le de'dain sont peints sür son visage.

\ * ■ * Une Israélite,

On lit dans scs' regards sa fureur et sa rag’e.

U ne autre. * •

Je croyais voir marcher la mort devant ses pas. . ' Une des plus jeunes.

Je ne -sais si ce tigre a recopnu sa proie ;

Mais en nous regardant , mes .sœurs , il m'a semble

,;i) Ceci se récite sans chant. * ' ;

6o ESTHBR-,

Qu’il avait dans les yeux une barbare )<$îe ,

Dont tout mon sang est encore .troubid.

^ ÉLISE

Que ce nouvel honneur va croître son audace i Je le vois , més soeurs , je le voi.

A la table d’Esther l’insolent près du roi ' ’ A de'jà pris sa place.

Une. des I^aêlites.

Ministrés du festin , de grâce , dites-nous ,

Quels mets à ce cruel , quel vinq)re'parez-vous ?

Une autre. ,

Le sang de l’orphelin ,

Une 'tro^ikfne.

' ' Xes pleurs deg misérables ,

, - * ha seconde.

•Sont seiÿ mets les plus agréables.

La troisième.

• . C’est SQn breuyage le. plus doux.

• ' ÉLISE

Chères sœurs suspendez la*douleur''qui vous presse. Chantons , on nous l’ordonne. Et que puissent nos . chants . •

Du cœur d’Assuérus adoucir la rudesse,

Comme autrefois David, par ses accords touchans , Calmait'd’iiu'roi jaloux la sauvage tristesse.

TRAGÉDIE. . .. 6 i

tJne israélite. ^ ‘ •

Que le peuple est heureux (i)

Lorsqu’un roi généreux ,

Craint dans tout l’univers , veut encore qu’on l’aime ! Heureux le peuple ! Heureux le roi luinnéme!

' * *• Tout le Chœur, “•

O repos ! b tranquillité !

O d’iin parfait bonheur assurance étenielle 1 Quand la suprême autorité * •>

Dans ses conseils a toujours auprès d’elle La justice et la vérité. • -

Une Israélite.

Roia I chassez, la calomnie (2).

. Ses criminels attentats

^ Deg plus paisibles états,

• Troublent l’heureuse harmonie. ,

Sa fureur , de sang avide ,

Poursuit partout l’innocent.

Rois , prenez soin de Pabsent Contre sa langue homicide.. ,

De ce monstre si farouche^

Craignez la feinte dqueeur.

La vepgeance est dans sbn cœur, '

Et la pitié daj^ sa bouche. ' ,

(1) Tout le reste de cette scène est chanté; S.

(2) Ces quatre stances sont chanté alta-nativemeut

par une voix seule et par tout le Chœur*'

62 ESTHER

, ' La fraude adroite et Subtile

> * • Sème de fleurs son chemin.;

. Mais sur ses pas vient enfla •

.Le repentir inutile.,

Une Israélite seule, .

D’un souffle l’aquilon e'oarte les nuages

Et chasse au loin la foudre et les orages :

Un roi sage , ennemi du langage menteur , .

Ecarte d'uü' regai^ le perflde imposteur.

' • * '** tt ' * * . • ' '

Une autre.

. J’admirfe un roi victorieux , -

Que sa valeur conduit triomphant en tous lieu . Mais un roi sage et qui hait l’injustice , Qui sous la loi du riche.impèrîeux Pfe souffre point qüe le pàUVre gémisse , Est le plus beau prëlent des Gieux.

Une autre,

La venve en sa’ défense éspère.

' . ' Une autre. ' ■

Dè Torphelin il est le père ^

Tôutes ensemble.

Et les larmes du juste implorant son appui Sont précieuses devant lui.

Une Israélite seule,

Détourne , roi puissant , détouine tes oreilles De tout conseil bari>are et mensonger.*

TRAGÉDIE. - 63

n est tetnps que tu t’éveilles.

Dans le sang innocent ta main va se plonger Pendant que tu sommeilles.

Détourne , roi puissant détourne tes ‘oreilles

De tout conseil barbare et mensonger. . '

tm «

Une autre.

Ainsi puisse sous toi trembler la terre entière !-

Ainsi puisse à jamais' contre tes ennemis

Le bruit de ta valeur tfe Servir de barrière ! ,

S’ils t’attaquent / qu’ils soient en un moment soumis.

Que de ton bras la force les renversa :

Que de ton nom la terreur les disperse : j 1

Que to^t leur camp nombreux soit devant tes'soldats ,

Comme d’enfens,‘une troupe inutile ;

Et si par un chemin il entre en tes états, .

Qu’il en sorte par pins de' mille.

■ . • • SCÈNE IV. ’

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