‹ La religion poèmeChapitre 48 sur 69 · TUAL1E · texte numérisé non relu

TUAL1E

Qui vous mit 4ans m temj^le ? ^ '

JOAS

.. i Une femme incoun UC . *

Qui ne dit point son nom et qu’on n’a point revue.

ATHALIE

Mais de vos premiers ans quelles mains ont pris soin?.

JOAS

Dieu laissar>t-il jamais ses enfans au besoiu ? '

Aux petits des Oiseaux il donne leur pâture , *'

Ët sa bonté s’étend sur toute la nature.

Tous les jours^e l’invoqué , et’ d’un soin pateineî,

I II me nourrit des dons.olfécts sur son autel. ^ »

athaue.

Quel pvüdigé nouveau me trouble et m’eiubanassé!

TRAGEDIE. ' . lii

La douceur de sa voix ,/son edfance y sa grâce ,

Font insensiblement à mon inimitié ' >

Saccéderv. . Jé serais serisibbî à la pitié? ,

ABNEft.

^ . Madame , vo3â donc çet eqnemi terrible. '

De vos songes menteurs l’imposture est visible ,

« A moins <^e la pitié <|ui vous semble troubler

t ' ’ Ne soit ce coup fatal qui vous faisait tremblep.-

. i . ’ . I ATHALIE â Joas èt à Josmbeth.

*'• Vous,sortei? ' , . % • . *

JOSABETHi

t. * , , Vous avez entendu sa fortune.

Sa présence à la fin pourrait être importune. *

'' ATHALIE

Non : revenez. Quel est toi|s les )ours votre emploi

, JOAS

J’adore le Seigneur. On m’explique sa loi.*

Dans son livre <düvin on- m’apprend à la lire ^ '

Et déjà de ma main je commence à Pécfire.

ATHALIE

Que vous dit cette loi?

>4 ' • Que Dieu veut être aimé .

Qu’il venge tôt ou tard son saint nom blasphémé , Qü*il est le défenseur de l’orphelin timide ,*

Qu*ü résiste au superbe et punit l’homicide.

ta»

J’entends A quoi Voccnpe

4THALIË,.

■ Âtitaùe. ^ .

sds. Mais toüt' cé j>enple dans ce lieu

1 s'occupe-t-il? ' -

lOA».

'* . nioae , fi Wnit I^n.

• * ' ATHALIB. ‘ >

Dieu.veut~i];^*à toute heuse on piie i Wlft cont^nple? '

TOA5* i < i'’.

Tout profane exercice est banni dè son temple.

, ATBAULE. . • ,

Quels. sont donc vos plaisirs? • < .

'* . • * lOAS. . < .

* Quelquefoû à Pantel

Je |>résente au C^and-Prébrè ou l’èncens , ou le sel J’entends' ch’antér de Dieu les grandeur^ infinies ;

Je vois l’o^e (>ompèux de ses ce'rémonies. - '

athalie;

Hé quoi 1 '^vons n’avez pomt de pasae-tenq>s plus doux?*- Je plains 1 a trûte Sort d’ua enfai^c teique vous. > Venez dans mon palais , vous y verrez ma gloire.

JOAS

Moi , des bienfaits de Dieu je perdrais la mémoire !

’ •; ATHALlE.' *

■* . . * ' * Non ^ . je n.e vous veux pas contraindre à l’oublier^

TRAGÉDIE. : i»3.

’ '*V ‘ , lOA». V

Vous' ne IÇ' priez poifit. • . -, . >

^ - ATBÀUk. •

^ Vous pourrez le prier. * ‘

Je verrais cependant en invoquer un autre,

, ^ ATHALIE. ,

J’ai mon Dieu que je sers. Vous servirez le vAlré. *

Ce sont de puissans dieux. ^ '

• ^ ‘ ioàs» * >

Il faut cramdre le mien; I^ri-sei^estDiea Madame','' et le v6tre n’est rien.

ATHALIE. '

Les plaisirs près 4e moi vous 'chercheront en foule. •

IOA5. ,

Le bonheur des mèchans comme un torrent s’ècoulb;

ATHALIE

Ces mèchans ; <pii »9nt-ils ?

JOSABE^H. . .

’ Hë ! Madame , excusez ‘ ' v

Un enfant. ... ' ■ • " j

. ' ' ATHALIE à Josabeth,

J'aime à voir comme vous rinstruisez^’ Lnfin ; Eliacin ^ you» ayez su me plaire^- / ^

1*4’ •^•THAME, . ,

Vous n*é(es ppînt sans doute yn enfant ordinaire. Vous voy^z , ie suis reine et û’ai point d%éritiet. Laissez là cet habit , quiltfi ce vil mdtiçt ,

Je' veux vous faire part de toutes mes richesses . Essayez dès ce jour l’efTet de mes promesses.

A nàa table , partout à m’es* côtés assis ,

Je prétends vous traiter comme mon propfe fils. *

« JOAS

Comme votre fils?

* ATBAI4B.

• Oui. Vous vous taisez?

’ JOàÿ.

; Je (Quitterais ! Et pour,.

i ' ATHALIE.' *

. Eh bien i

Quel père

/ ' • • .JOAS

. ( Rmr (juelle mère !

ATHALIE à Josabeth.

Sa mémoire est fidèle , «t dans tout ce qu’il dit De vous et de Joad je reconnais l’esprit.

Voilà comme , infectant cette simple jeunesse ,

Vous employez tous deux le calme bù je vous laisse ; Vous cultivez déjà leur hainp et leur fureur ; ' . .

Vous ne leur proncmcez mon nom qu’avec horreur k

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TRAGÉDIE

ia5{

^ lOSABETfi. >

Peut-on de tios malhebi^ leur dérolier ^histoire ? ' Tout l’univers lés fiait. 'Vons-mémë en fîdtefi gloire*! »

ÂTHÀUB. .

Oui , ma juste fureur , et j’fen l^s Vanité ,

A vengé mes parens sur ma postérité. ‘ .

J’aurais vu massacrer et mon |»ère et mon frère ; .

Du haut de son palais préc4>iter ma mère ; .

Et dans un même jour égorger à la fois ,

Quel spectacle d’horreur ! ^atfce-vingts fils de rois, Et pourquoi ! Pour venger je né sais quels prophètes ' Dont elle avait puni les fureurs indiscrètes.

Et moi , reine sans coeur ^ fille sans amitié,

Esclave d’une lâche et frivole pitié^.

Je n’aurais pas du moins à oette aveugle rage • " .

Rendu meurtre pour meurtre, outrage pour outfage, Et de votre David traité tous les neveux Gomme on traitait d’Achab les restes malheureux !

Où serais-je aujourd’hui , si , domp^nt ma faiblesse ,

Je n’eusse d’une mère étouffé la tendresse ? '

Si de mon propre sang ma niain versant des flots ^ N’eût par ce coup hardi réprimé vos complots ?

Enfin de votre Dieu l’implacahlè vengeance Entre nos deux maisons rompit toute alliance. | David m’est en horreur , et les fils de ce^roi, • | Quoique nés de mon sang , sont étrwgers pour moi.

' , JOSABETH

Tout vous a réussi. Que Dieu voie et nous jugel ■' ,

‘ ' 4OTAJbIE,,

ATHÀIJE, . ■

■ . ’ • *- Ce pieu , dewiis ^onç-t'emps yo^ reftige, '■

Que .deviendra reffet.de' ses prédictions? •

’ Qu’il vous donne ce roi promis aux nations ,

‘Cet enfant de David votre espoir , vôtre attente. . . Mais nous nous reverrons. Adieu , }ç sors contente. J’ai voulu voir j’ai vu. • * > i

' • - ABNEn àjosabethi '

, Je vous l'avais 'promis,

Je vous rends le dépôt (Jùe vous m’avez commis.

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