SCÈNE ni
. JOAS , JOAD , AZARIAS , ISMAEL , Et trois ^utrss chefs des Lévites.
ÏOAD.
Roi , voilà vos vengeürs contre vos ennemis. - Prêtres , .voilàrie.roi que jetons ai prt>mis.
• . ’ AZASIM. - .
Quoi! c’est Eliacin? '
/ TRAGÉDIE. ias
, ISAIAJÎL. J ' *
Quoi ! cet enfant aimable. . .
JOAO. ■ .■
Est des rois de Juda Tbéritier véntable ,
Dernier në' des enfans du triste Ochozias ,
Nourri , TOUS le savez , sous le nom de Joas.
De cette fleur si tendre et si tôt moissonnée ,
Tout Juda, comme vous plaignant la destinée , Avec ses frères morts le crût enveloppé.
Du perfide couteau comfne eux il fut frappé ;
Mais Dieu du coup mortel sut détourner Tattcin te, Conserva dans son cœui^la chaleur presque e'teinte ; Permit que , des bourreaux trompant l’œil vigilant , Josabeth dans son sein l’emportât tout sanglant;
Et n’ayant de son vol que moi seul pour complice ,
Dans le temple cachât l’enfant et la nourrice.
JOAS
Hélas ! de tant d’aipour et de tant de bienfaits ,
Mon père , quel moyen de m’acquitter j/tmais ?
JOAD
Gardez pour d’autres temps cette reconnaissance.
Voilà donc votre roi , votre unique espérance^
J’ai pria soin jusqu’ici de vous le conserver.
Ministres du Seigneur, c’est à vous d’achever.
Bientôt de Jézabel la fille meurtriépe Instruite que Joas voit eucqr la lumière ,
Dans l’horreur du lomheau viendra le replonger.
Déjà sans le conna!&e elle veu( l’égorger.
Prêtres saints , c’est à vous dé prévenir sa rage.
iSQ ATHAME,
n faut finir des Juifs le bq^iteux esclavage ,
Venger, vos princes morts relevef votre loi ,
Et faire aux deux tribus reconnaître leur roi. L’entreprise sans doute est grande et përilleuse. J’attaque sur son trône «ne reine oigueüleuae}
Qui voit sous ses drapeaux marcher un ca0p^ nombreux
De hardis Orangers , d^infidèles Hébreux.
Mais 'ma force est au Dieo-dont l’intérêt me guide : Songez' qu’en cet enfant tout Israël réside.
Déjà ce Dieu vengeur commence à la troubler.
Déjà , trompant ses soins , j’ai su vqu» rassembler.. Elle nous croit ici sans armeSi^ défense :
Couronnons , proclamons Joas èn diligence.
De là , du nouveau jfrinc.e. intrépides soldats , Marchons erf invoquant Parbitre des combats ;
Et réveillant la foi d^ns les’’ cœurs endormie ,
Jusque dans son palais cherchons notre ennemie.
Et quels cœurs si plongés dans un lâche sommeil y Nous voyant avancer dans ce saint appareil ,
Ne s’empresseront pas à suivre notre exemple ?
Dn roi que Dieu lui-même a nourri dans son temple , Le successeur. d’Aaron de ses Prêtres suivv> ,
Conduisant au combat les enfans de Lévi ;
Et dans ces hiêmes mains des peuples révérées
Leà armes du Seigneur par David consacrées !
Dieu sur ses ennemis répandra sa terreur.
Dans l’infidèle sang baignçz-vous sans horreur ;
Frappez et Tyriens et même Israélites.
Ne descendez- vous pas de ces fameux Lévites
Qui, loi:squ’au-.Dieu du Nil le volage Israël »
TRAGEDIE. 167
Rendit dans le dësert un. culte criminel ,
De leurs plus chers parens samtement homicides , Consacrèrent leurs mains dans le sang des perfides , Et par de noble exploit tous acquirent l’honneur D’être seuls employe's aux autels du Seigneur?
, Mais je vois que déjà vous brûlei dé me suivre.' Jure^i donc avant tout , sur cet auguste livre»,
A ce roi que le Ciel vous redonne aujourefhui,
De vivre , de combattre et de mourir pdur loi.
AZARUS au bout de la table ayant la main sur le . livre saiflt.
Oui, nous jurons ici poumons, pour tous nos frères , De rétablir Joas au trône de ses pères ; * ,
De ne poser le fer^ entre nos mains remis , j
Qu’ après l’avoir vengé de tous ses ennemis.
Si quelque transgresseur enfreint cette promesse, Qu’il éprouve , grand- Dieu ; ta fureur vengeresse r Qu’avec lui ses enfans , de tou partage elclus , ' ,
Soient au rang de ces moVts que tu ne Connais plus.
JOAD
Et vous , à celte loi , votre règle éternelle *
Roi , ne jurez-vous pas d’être toujours fidèlé?
JOAS
Pourrais-je à cette loi ne me pas conformer?
JOAD
O mon fils ! de ce nom j’ose encor vous nommer y Souffrez cette tendresse et pardonnez aux larm'es Que m’arràchent pour vous de trop justes alarmes. Loin du trône nourri, de ce fatal honneur,
i58 ATHALÏE,
FIclas ! vous ignorez le charme empoisoniieur.
De l’absolu pouvoir vous ignorez l’ivresse Et des lâches flatteurs la vo\x enchanteresse, bientôt ils^vous diront que les plus saintes lois , Maîtresses du vil j[)éuple , obéissent aux rois; '
(^u’uh rpi n’a d’autre frein que sa volonté même ; Qu’il doit immoler tout à sa grandeur suprême ; Q’aux larmçs , au travail le peuple est condamné , l'it d’un sceptre de fer veut être gouverné ; ' *
Que s’il n’est opprimé, tôt ou tard itopprime.
Ainsi de piège en piège et d’abîmç en ahime , Corrompant de vos mœ^s l’aimal)le pureté ,
Ils vous feront enfin haïr la vérité ,
Vous peindront la vertu sous «une ^rcuse image^ • Hélas! ils ont des rois égaré le plus sage.
Promettez sur ce livre et devant ces témoins ,
Que Dieu^ sèra toujours le premier de vos soins ;
Que, sévère aux méchans et des bons le refuge. Entre le pauvre et vous vqus prendrez Dieu pour juge , Vous souvenant , mon fils , que caché sous ce lin Comme eux vous fûtes pauvre et comme eux orphelin.
SOAS au milieu de la table , ayant la main sur . te livré stdnt.
Je promets d’observer ce que la loi m’ordonne.
Mon Dieu , puniss^z-moi si je vous abandonne.
' lOAD.
Venez, de l’huile sainte il faut vous consacrer. Paraissez', Josabeth , vous pouvez vous montrer*
TRAGÉDIE
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