‹ La religion poèmeChapitre 62 sur 69 · UN LÉVITE · texte numérisé non relu

UN LÉVITE

J'IGNOBE contre Dieu quel projet on inédite ,

Mais l’airain menaçant frémit de toutes parts :

On voit luire des feux parmi des étendards ,

Et*sans doute A^alie assemble son armée.

Déjà même au secours toute voie est fermée.

Déjà le sacré mont où le temple est bâti D’insolens T^iens ést partout investi.

L'un d’eux , eii^ blasphémant , vient de nous faire entendre

Qu'Abner est dans les fers et ne peut nous défendre.

JOSABETH à Joas.

Cher enfant , que le Ciel en vain m’avait rendu , Hélas 1 pour vous sauver j’ai fait ce que j’ai pu. Dieu ne se souvient plôs de David votre pêre^

\ TRAGÉDIE. .161

JOAD à Josabeth.

Quoi ! TOUS ne craignez pas d’attirer sa colère

Sur vous* et sur çe roi si cher à votre amour ?

El quand Dieu de vos bras l’arrachant sans rétour ,

Voudrait, que de David la maison fût éteinte ,

^’étes-vous {ms ici sur la montagne sainte,

Où le père des Juifs (1) sur un fils innocent

Leva sans>murmurer ^pn bras obéissant

Et mit sur le bûcher ce fruit de sa vieillesse ,

Laissant à Dieu le soin d’accomplir sa promesse.

Et lui sacrifiant avec ce fils aimé ■

Tout l’espoir de sa race en lùi'seuî'renfclTné.? ^

Amis, partageons-nous. Qu'Ismael en sa garde

Prenne tout le<c6té que l’orient regarde. *

Vous, le cûté de l’ourse, et vous de l'occident;

Vous, le midi. Qu’aucun, par un zélé imprudeht>

Découvrant mes desseins , soit «Prêtre soit Lévite ,

Ne sorte avant le temps et ne se précipite; .

Et que chacun enfin , d’un même esprit poussé.

Garde en mburant leposte où Je l’aurai placé.

L’ennemi nous regarde , en son aveugle rage%

Comme de- vils. troupeaux réservés au carnage.

Et croit ne rencontrer que désordre et qu’efiroi.

Qu’Azarias partout accompagne le roi.

( ^ Joas. )

Venez, cher rejeton d’une. vaillante race.

Remplir vos défenseurs d’une nouvelle audace. Venez du diadème à leurs yeux vous couvrir ,

Et périssez du moins en roi , s’il- faut périr.

(i) Abraham.

*62 , athalij>, ..

( ^ un Lévite, )

Suivez-Ie , JosabetL. Vous, donnez-moi ces armes.

" {^ Au Chœur, ) ^ */

F.nf^ , offrez à Oiçu vos imlooentes larmes. •

• 'SCÈNE VI. ,

salomith, le chœur.

* ■ • Le Chœur chanté, •

. Partoz , enfans d’Aarpn , par^z.

. Jamais plus illustre, queçelle ^ De vos. aïeux n’arma le- zèle.

Partez , enfans d’Aarou , partez.

C’^rt yotre roi, c^est Dieu pour qui vous combattez..

l/ne seulè voix.

Où sont les traits que tu lances ,

Grand Dieu ! dans ton juste courroux ?

- • N*es-tu plus -le Dieu jaloux?

N’es-tu plus le Dieu des Vengeances ?

' Une autre.

Où sont , Dieu de Jacob , tes antiques, bontés ?

Dans l’horreur qui nous environne , N’entends-tu que la voix de noS iniquités ?

N’es-tu plus le Dieu qui pardonne?

, ( , ■ Tout le ChœuTf

Où. sont, Dieu de Jacob, tes antiques bontçs?

TRAGÉDIE

Une'' voix seule.

iGô

' C’est à toi que , dans cette guerre ,

Les flèches des mëchans pre'tehdent - s’adresser. Faisons , disent-ils , cesser , Les fêtes de Dieu sur la terre.

De son joug importun délivjrons les mortels, hlassacrons^ tous ses Saints , renversons ses autels. Que de son nom, ^e^de sa gloire n ne reste plus dé' mémoire. '

Que ni lui ni son Christ ne régnent plus sur nous. *

Tout*le Choeur'.

' ' Où sont les traits que tu lances,

Grand Dieu ! dans^ton juste courroux? ' N’es-tu phis le Dieu jaloux? ^

f. .. N’es-tu .plus le Dieu de» vengeances? * •

Une. voix sçule.

Triste reste de nos rois Chère et dernière fleur d’une tige si belle ,

Hélas ! sous le couteau d’une mère cruelle Te verrons-nous tomber une seconde fois ?

Prince aimable , dis-noua si quelque Ange au berceau Contre tes assassins prit soin de te défendre;

Ou si dans la nuit du tombeau La ,voix du Dieu vivant a ranimé ta; cendré? . . -

Un% autre. "

D’un père et d’un ^'éul .contre toi révolté», > . ' . . Grand Dieu ! les attentats lui sont-ils imputés?

Est-ce que jsans retour-ta pitié l’abandonne 3 '

.164 ATHAIJE,

Le, Choeur.

Où sont f Dieu de Jacob , tes autîquçs bqntës?

• 5î’es-tu plus le Dieu qui pardonne ?

Une des Jiücs du Chœur ^ sans chanter.

Chères, sœurs / n’entendez-yoïispa^ Des crueb Tyiiens la trompbtte qui sonne ?

. SALOMITH.

J’entends meme les cris des barbares soldatsi • ( Et d’hofreur j’en frissonne.

Gourons , fuyons , retirons-nous ^ A l’ombre salutaire

Du redoutable sanctuaire.

Fin du quatrième acte.

Page 1