UN LÉVITE
J'IGNOBE contre Dieu quel projet on inédite ,
Mais l’airain menaçant frémit de toutes parts :
On voit luire des feux parmi des étendards ,
Et*sans doute A^alie assemble son armée.
Déjà même au secours toute voie est fermée.
Déjà le sacré mont où le temple est bâti D’insolens T^iens ést partout investi.
L'un d’eux , eii^ blasphémant , vient de nous faire entendre
Qu'Abner est dans les fers et ne peut nous défendre.
JOSABETH à Joas.
Cher enfant , que le Ciel en vain m’avait rendu , Hélas 1 pour vous sauver j’ai fait ce que j’ai pu. Dieu ne se souvient plôs de David votre pêre^
\ TRAGÉDIE. .161
JOAD à Josabeth.
Quoi ! TOUS ne craignez pas d’attirer sa colère
Sur vous* et sur çe roi si cher à votre amour ?
El quand Dieu de vos bras l’arrachant sans rétour ,
Voudrait, que de David la maison fût éteinte ,
^’étes-vous {ms ici sur la montagne sainte,
Où le père des Juifs (1) sur un fils innocent
Leva sans>murmurer ^pn bras obéissant
Et mit sur le bûcher ce fruit de sa vieillesse ,
Laissant à Dieu le soin d’accomplir sa promesse.
Et lui sacrifiant avec ce fils aimé ■
Tout l’espoir de sa race en lùi'seuî'renfclTné.? ^
Amis, partageons-nous. Qu'Ismael en sa garde
Prenne tout le<c6té que l’orient regarde. *
Vous, le cûté de l’ourse, et vous de l'occident;
Vous, le midi. Qu’aucun, par un zélé imprudeht>
Découvrant mes desseins , soit «Prêtre soit Lévite ,
Ne sorte avant le temps et ne se précipite; .
Et que chacun enfin , d’un même esprit poussé.
Garde en mburant leposte où Je l’aurai placé.
L’ennemi nous regarde , en son aveugle rage%
Comme de- vils. troupeaux réservés au carnage.
Et croit ne rencontrer que désordre et qu’efiroi.
Qu’Azarias partout accompagne le roi.
( ^ Joas. )
Venez, cher rejeton d’une. vaillante race.
Remplir vos défenseurs d’une nouvelle audace. Venez du diadème à leurs yeux vous couvrir ,
Et périssez du moins en roi , s’il- faut périr.
(i) Abraham.
*62 , athalij>, ..
( ^ un Lévite, )
Suivez-Ie , JosabetL. Vous, donnez-moi ces armes.
" {^ Au Chœur, ) ^ */
F.nf^ , offrez à Oiçu vos imlooentes larmes. •
• 'SCÈNE VI. ,
salomith, le chœur.
* ■ • Le Chœur chanté, •
. Partoz , enfans d’Aarpn , par^z.
. Jamais plus illustre, queçelle ^ De vos. aïeux n’arma le- zèle.
Partez , enfans d’Aarou , partez.
C’^rt yotre roi, c^est Dieu pour qui vous combattez..
l/ne seulè voix.
Où sont les traits que tu lances ,
Grand Dieu ! dans ton juste courroux ?
- • N*es-tu plus -le Dieu jaloux?
N’es-tu plus le Dieu des Vengeances ?
' Une autre.
Où sont , Dieu de Jacob , tes antiques, bontés ?
Dans l’horreur qui nous environne , N’entends-tu que la voix de noS iniquités ?
N’es-tu plus le Dieu qui pardonne?
, ( , ■ Tout le ChœuTf
Où. sont, Dieu de Jacob, tes antiques bontçs?
TRAGÉDIE
Une'' voix seule.
iGô
' C’est à toi que , dans cette guerre ,
Les flèches des mëchans pre'tehdent - s’adresser. Faisons , disent-ils , cesser , Les fêtes de Dieu sur la terre.
De son joug importun délivjrons les mortels, hlassacrons^ tous ses Saints , renversons ses autels. Que de son nom, ^e^de sa gloire n ne reste plus dé' mémoire. '
Que ni lui ni son Christ ne régnent plus sur nous. *
Tout*le Choeur'.
' ' Où sont les traits que tu lances,
Grand Dieu ! dans^ton juste courroux? ' N’es-tu phis le Dieu jaloux? ^
f. .. N’es-tu .plus le Dieu de» vengeances? * •
Une. voix sçule.
Triste reste de nos rois Chère et dernière fleur d’une tige si belle ,
Hélas ! sous le couteau d’une mère cruelle Te verrons-nous tomber une seconde fois ?
Prince aimable , dis-noua si quelque Ange au berceau Contre tes assassins prit soin de te défendre;
Ou si dans la nuit du tombeau La ,voix du Dieu vivant a ranimé ta; cendré? . . -
Un% autre. "
D’un père et d’un ^'éul .contre toi révolté», > . ' . . Grand Dieu ! les attentats lui sont-ils imputés?
Est-ce que jsans retour-ta pitié l’abandonne 3 '
.164 ATHAIJE,
Le, Choeur.
Où sont f Dieu de Jacob , tes autîquçs bqntës?
• 5î’es-tu plus le Dieu qui pardonne ?
Une des Jiücs du Chœur ^ sans chanter.
Chères, sœurs / n’entendez-yoïispa^ Des crueb Tyiiens la trompbtte qui sonne ?
. SALOMITH.
J’entends meme les cris des barbares soldatsi • ( Et d’hofreur j’en frissonne.
Gourons , fuyons , retirons-nous ^ A l’ombre salutaire
Du redoutable sanctuaire.
Fin du quatrième acte.