Carm. sacc
2. Carm. sœc., 70 : « Quidecim Diana preces quorum Curât .— a. a., 18 •' « Prospères décréta super jugandis Feminis. » — 4. C’est pour obéir à ces anciens usages qu’à la fin d’un hymne adressé a Apollon et a Diane, il invoque Jupiter et tous les dieux lui, 73) : « HœcJovem sentire deosque omnes»,e Le. Servlhs (Georg., i, 21) dit que c’était 1 habitude des pontifes d’agir ainsi :«Ritu veteri in omnibus saens post spéciales deos quos ad ipsum sacrum quod lie-bal necesse erat invocan generaliter omnia numina invocabantur. » Ainsi me semble s expliquer naturellement un passage qui a embarrassé. Voyez sur toutes ces questions, la dissertation de F. Hermann : De loco Apollinis m Carmine Horatii sœculari. Gott., 1848. — 3. Carm. sœc., 52 et suiv
deurs de nations inconnues arriver des extrémités du monde « pour demander son amitié et celle du peuple romain 1», on ne se figurait pas volontiers qu’il y eût délimités à sa puissance'2, et l’on devenait aussi confiant dans le succès de ses réformes intérieures qu’on était fier des résultats de sa politique étrangère. Il était bien naturel qu’il possédât cette confiance qu’il inspirait aux autres, et au moment où les jeux séculaires furent si pompeusement célébrés, il pouvait croire avec Rome entière, qui l’en remerciait par la voix d’Horace, qu’il Avait vraiment restauré la religion romaine et corrigé les mœurs publiques
Ce que la religion romaine a fait pour Auguste. — L’empereur est associé à tous les sacerdoces. — Il est nommé grand pontife. — Union de l’autorité civile et de la puissance religieuse. — Dangers de cette union. — Fêtes nouvelles qu’on célèbre en l’honneur d’Auguste. — Son nom est introduit dans les fêtes anciennes. — Ce que le caractère religieux ajoute au pouvoir impérial. — Comment ce caractère fut accepté du peuple et des gens éclairés.
La religion romaine ne fut pas ingrate pour Auguste ; elle le paya libéralement de ses bienfaits et lui rendit au moins autant de services qu’elle en avait reçus. Nous
1 Suét., Aug., 21 : « Indos etiam ac Scythas, auditu modo cognitos, pellexit ad amicitiam suarn populique Romani ultro per legalos pelendam », et Mommsen, Res gestœ, p. 89 et 90. — 2. Le peuple croyait si fermement à scs succès et à son bonheur, qu’en 732 Rome ayant souffert d’une peste et d’une famine, il pensa que ces malheurs venaient de ce qu’Auguste n’était pas consul cette année, et fut convaincu qu il s’en délivrerait en le nommant dictateur. (Dion, liv, 1.)
venons de voir ce qu’il a fait pour elle, il nous reste à chercher ce qu’elle a fait pour lui.
Elle le revêtit d’abord de toutes ses dignités : jeune encore, il avait été nommé pontife par le peuple à la place de L. Domitius, mort à Pharsale. Il fut ensuite associé au collège des Augures, à celui des Quindécimvirs et à celui des Septemviri epulones : c’étaient les quatre grandes associations religieuses de Rome ( quatuor amplissima collegia). Il fit partie aussi des corporations des Féciaux, des Titii, des Arvales *. Ses successeurs, imitant son exemple, eurent soin de se rattacher comme lui à toutes les institutions sacerdotales qui en valaient la peine. Une seule fonction lui manquait pour être le chef de la religion romaine, celle de grand pontife : il l’attendit longtemps, et, ce qui lui fait honneur, il eut la patience de l’attendre. César, qui en avait été revêtu, en connaissait toute 1 importance, et, pour la rendre héréditaire dans sa maison avec l’autorité civile, il avait fait décider par le peuple que son fils, s’il en avait ou s’il en adoptait un, la posséderait après lui2; mais à la mort du dictateur, Lepidus s’en était emparé. Sa nomination fut tout à fait un acte de violence et d’illégalité ; il n’avait respecté aucune des formalités ordinaires et s’était même dispensé de réunir les comices. On pouvait donc à la rigueur le traiter comme un intrus et ut usurpateur. Le peuple voulut plus d’une fois lui enlever une dignité qu’il occupait sans droit et nommer Auguste à sa place; Auguste refusa toujours. Ce n’était pas par égard pour son ancien rival : Dion nous apprend qu’il se faisait un plaisir de l’humilier 3 ; mais il ne voulait pas donner un exemple dont on pourrait abuser un ' ur