‹ La religion romaine d'Auguste aux Antonins (volume 2)Chapitre 41 sur 92 · Dion, lxîïi, 20. — 2 Cohen, Monn. imp Commode · texte numérisé non relu

Dion, lxîïi, 20. — 2 Cohen, Monn. imp Commode

U6 L’APOTIIEOSE IMPÉRIALE.

qu’elle insulte beaucoup moins le ciel. Il était moins inconvenant après tout de faire de Messaline et de Poppée des divinités particulières et personnelles, dans lesquelles chacun pouvait avoir la confiance qu’il voulait, que d’humilier deux déesses respectables en regardant ces courtisanes couronnées comme des incarnations de Gérés et de Junon. 7 es Grecs se sont facilement permis ces irrévérences; l’apothéose romaine n’est jamais allée jusque-là.

On vient de voir qu’Auguste s’était laissé adorer dans les provinces et même en Italie, mais qu’il avait défendu qu’on lui rendît officiellement un culte à Home de son vivant. Lorsqu’en 767 (14 ans après J. C.) il fut mort à Nola, aucun scrupule ne pouvait plus retenir la reconnaissance publique; on était libre de lui accorder les hommages qu’il avait en partie refusés pendant sa vie. Tacite fait remarquer que ses funérailles ne ressemblèrent pas à celles de César. Le peuple resta calme; il n’y eut ni violences, ni émeutes, quoiqu’on eût l’air de les redouter l. Tout se passa d’une manière régulière et froide. Le sénat reconnut le nouveau dieu, comme c’était son droit d’après la législation romaine; tandis que César avait été divinisé d’abord par une sorte de consécration populaire, Auguste obtint le ciel par décret, cœlum decretum 2. On imagina pour la circonstance des cérémonies nouvelles et une sorte de liturgie qui servit de précédent et fut employée dans la suite toutes les fois qu’on accorda l’apothéose à un empereur. Son corps fut enfermé dans un cercueil couvert de tapis de pourpre et porté sur un lit d’ivoire et d’or ; au-dessus du cercueil on avait placé une image en cire qui le représentait vivant et revêtu des ornements du triomphe. Au champ de Mars on dressa un immense bûcher à plusieurs étages en forme de

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