‹ La religion romaine d'Auguste aux Antonins (volume 2)Chapitre 47 sur 92 · Letronne, Inscr. de l’Égyple, ii, p · texte numérisé non relu

Letronne, Inscr. de l’Égyple, ii, p

182 L’APOTHÉOSE IMPÉRIALE

l’est aussi de l’empereur; il faut l’adorer, si l’on veut qu’il soit favorable à César. Gardez-vous de croire et d’appeler un dieu celui qui ne peut rien sans 1 aide de Dieu *. »

L’apothéose, si rudement attaquée par les Chrétiens, survécut pourtant au triomphe de Christianisme ; mais en survivant, elle perdit de plus en plus sa signification ancienne. Dès le début, le culte des Césars avait un double caractère, religieux et civil ; il est facile de voir , à mesure qu’on avance, que le caractère civil l’emporte. Les temples de Rome et d’Auguste cessent peu à peu d’être des sanctuaires pour devenir des lieux de réunions politiques; les prêtres des provinces ressemblent à des administrateurs ordinaires chargés des intérêts de leur pays ; les flamines des cités ne sont plus que des magistrats municipaux comme les autres, et l’on ne regarde la corporation des Augustales que comme une société de négociants réunis pour défendre leurs privilèges. Dans toutes ces institutions diverses, le culte impérial n’est bientôt qu’un prétexte : on a l’air de se rassembler pour des prières et des sacrifices; en réalité, c’est pour s’occuper des affaires communes. Le caractère religieux de ce culte tendait donc tous les jours à s’effacer ; il acheva de disparaître quand le Christianisme fut triomphant. Les peuples honorèrent Constantin, lorsqu’il devint le maître de l’empire, comme ils en avaient l’habitude, en lui bâtissant des temples et en célébrant des jeux en son honneur. Constantin, quoiqu’il fût chrétien, accepta ces hommages ; il tint seulement à les dégager de tout mélange avec l’ancienne religion. Il conserva les jeux, dont l’habitude avait fait un besoin pour le peuple, mais en leur donnant un caractère profane. « Nous avons défendu,

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