Boissieu, Inscr. de Lyon, p. 24 et sq
quand le jour était venu, un grand concours de monde; les prêtres surtout y étaient nombreux. Dans le taurobole qui fut célébré à Die en 245, il en vint de toutes les cités voisines *. Naturellement, le clergé de la Mère des dieux, avec ses prêtres des deux sexes, ses joueurs de llûte, ses joueuses de tambour de divers rangs, n’avait garde d’y manquer ; mais il y venait encore des augures, des haruspices et des prêtres des autres divinités. Les magistrats aussi y assistaient, car on y priait pour le salut de l’empereur et pour la prospérité de la ville où le taurobole avait lieu. La fête durait quelquefois plusieurs jours 2. Les cérémonies étaient nombreuses et compliquées. L’une d’elles, mêlée peut-être d’initiations et de rites secrets, s’accomplissait au milieu de la nuit3. La plus importante de toutes était le sacrifice du taureau, qui avait donné son nom au taurobole, et dont le poète Prudence nous a fait un tableau saisissant4. Il nous dit qu’on creuse d’abord une fosse recouverte de planches mal unies entre elles et percées de trous nombreux. Dans la fosse on fait entrer celui qui offre le taurobole et qui veut se purifier : il y descend vêtu d’une toge de soie, la tête chargée de bandelettes et portant une couronne dor. L animal est ensuite immolé par les sacrificateurs, i et le sang qui s’échappe à flots de sa blessure se répand en bouillonnant sur le parquet. « Par les nombreuses ouvertures des planches pénètre la rosée sanglante. Le
ï. Orelli, 2332. — 2. Tantôt cinq, tantôt quatre et tantôt trois [lyser, de Lyon, p. 33 et 36). — 3. Mesonyctium ( biscr . de Lyon , p. 2i). Dans une inscription d’Athènes ( Philologus , 2e suppl., 1863, p. .>88) , le taurobole est appelé Il possède, comme tous
les autres mystères, des symboles cachés, <xov9rip.c<Ta xpoTità. N’estce pas un de ccs symboles qu’Héliogabale voulait connaître quand il célébra le taurobole : Taurobolialus est, ut typum eriperet? Lampride, Iléliog., 7. — 4. Prudence, Perist., x, 1011.
les Religions étrangères. 3?i
fidèle la reçoit pieusement, présentant la tête à toutes ces gouttes qui tombent, les recueillant sur ses habits et sur son corps qu’elles inondent. Il se renverse en arrière pour qu’elles arrosent ses joues, ses mains, ses oreilles et ses yeux; il ouvre même la bouche et les boit avidement. » Il sort ensuite de la fosse, « horrible à voir », et tout le monde se précipite devant lui. On le salue, on se jette à ses pieds, on l’adore : il est purifié de ses fautes et « régénéré pour l’éternité 1 ». Ce spectacle était fait pour frapper la foule; il devenait quelquefois plus imposant encore par le nombre de ceux qui se purifiaient ensemble. Le 10 des ides de décembre de l’an 241, les décurions de la ville de Lectoure offrirent un taurobole « pour le salut de l’empereur Gordien, de sa femme, de toute la maison impériale et pour la prospérité de leur cité ». En même temps, et sur la même place, un homme et sept femmes de la ville firent des sacrifices particuliers avec des victimes qu’ils avaient fournies2. Le même prêtre prononça pour tous la formule et dirigea la cérémonie. Qu’on songe à l’impression que devaient produire sur des imaginations émues tous ces sacrifices accumulés. La fête se prolongeait encore après l’immolation des victimes. On recueillait les organes génitaux (vires) des taureaux sacrifiés et on les apportait ailleurs en grande
t. Orelli, 2352 : in œternum lenalus. Cette formule, qui n’apparaît que dans les derniers temps, semble d’abord empruntée au Christianisme; mais on la trouve déjà dans Apulée, Mètam., xi, 21. D’autres fois l’effet du laurobole était censé ne durer que vingt ans. Après cette période de temps, il fallait recommencer (Orelli, 2335). — 2. Voyez les tauroboles de Lectoure, dans les Mémoires des antiquaires de France, 1837, nouvelle série, t. III. On y voit positivement que tous ces tauroboles furent accomplis à la fois. C’est ce qui ressort aussi de la formule suivante, qui y est employée deux fois : Viator Sabini fil. vires tauri quo proprie per tauropolium pub(lice) fac(tum) ieceral consacravit.
372 LES RELICIONS ÉTRANGÈRES.
pompe. Ce devait être l’occasion d’une de ces processions magnifiques qui plaisaient tant à ces religions. Puis on élevait un monument appelé « l’autel ou la pierre du taurobole », qu’on décorait d ebucranes, c’est-à-dire de bas-reliefs représentant des têtes de bœuf entrelacées par des guirlandes de fleurs, et la dédicace du monument était l’occasion de fêtes nouvelles. Telles étaient les cérémonies du taurobole, et ce baptême sanglant que le paganisme prétendait opposer à la fois au baptême chrétien qui purifie ceux qui le reçoivent et aux effets miraculeux du sang de Jésus-Christ qui, répandu pour les hommes, a régénéré l’humanité l.
Indépendamment de ces grands spectacles que donnaient au peuple les religions nouvelles, de ces expiations et de ces purifications solennelles qui calmaient les consciences inquiètes, elles avaient d’autres moyens de se mettre en crédit. Presque toutes s’appuyaient sur des corporations puissantes, groupées autour des temples, et qui ajoutaient par leur présence assidue à l’éclat des cérémonies. Les cultes égyptiens possédaient la corporation des pastophores, qui s’était introduite à Rome sous Sylla, celle des isiaci, celle des anubiaci. Les isiaques, répandus et populaires dans tout l’empire, se distinguaient par un costume particulier; le fidèle d’Isis, nous dit-on, était fier de sa tête rasée, de sa tunique de lin, et, quand il mourait, il voulait être enseveli avec elle La Mère des dieux, outre son cortège ordinaire de prêtres mutilés, avait des congrégations de dévots qu’on
1. Pour comprendre combien cette prétention blessait les Chrétiens, il suflit de voir avec quelle énergie elle est combattue par Firmicus flalornus (De errore profanarum rel., xxxvu, 8) : Polluit sanguis iste, non redimit, et per varios casus hontines premit in mortem. Misevi sunt qui profusione sacrilegi sanguinis cruenlantur, etc. — 2. Plut., De Is. et Osir., p. 352
appelait les, dendrophorès, les compagnons danseurs de Cybèle ( sodales ballatores Cybelœ) et les religieux de la Grande Mère [religiosi Magnœ Matris) 1 ; ceux de Bellone se nommaient les habitués du temple ( fanatici ). Tous ces cultes, étant nouveaux, ne pouvaient pas invoquer pour eux les traditions et la coutume, qui sont si puissantes dans les croyances; aussi sentaient-ils le besoin de se faire des partisans dévoués, fervents, prêts à tous les sacrifices. Us employaient d’ordinaire un moyen efficace pour se les attacher : ils les engageaient au service de leur dieu par des initiations particulières. Presque toutes ces religions avaient leurs mystères, c’est-à-dire qu’indépendamment des cérémonies publiques, elles pratiquaient aussi des rites secrets, auxquels on n’était admis qu’à de certaines conditions et après une série d’épreuves. On connaît les mystères de Mithra, qui prirent tant d’importance à la fin du paganisme; il y en avait aussi dans le culte de Bellone et dans celui de la Mère des dieux i. Les cultes égyptiens admettaient une série d’initiations successives; il fallait avoir passé par celles d’Isis et d’Osiris pour devenir pastophore.
Apulée nous donne, dans ses Métamorphoses, des détails très-curieux sur les mystères d’fsis : c’est le récif le plus complet que l’antiquité nous ait laissé de ces cérémonies secrètes. II raconte que son héros Lucius, qui avait été l’objet d’une faveur spéciale de la déesse, brûlait de se consacrer à son service ; il s’était logé dans sou temple ; il ne quittait pas les prêtres, il prenait part à tous les exercices religieux ; il attendait avec impatience
1. Le mot religiosus a ici le sens qun a pris dans le Christianisme : il désigne des gens qui se distinguent des autres par certaines pratiques (lieuses. C'est dans le même sens que l’emploie Apu ,ée {Met., xi, 16) : Tum omnes populi lam religiosi quam profani — 2. Firm. Mat., De errore prof, rel., xvm, 2
qu’une révélation particulière vînt lui apprendre qu’il pouvait se faire initier. Quand le temps est enfin venu, le prêtre, entouré de fidèles, l’amène aux bains les plus proches, et après avoir prié les dieux, il fait couler l’eau de tous les côtés sur lui1 : c’est une cérémonie que les Pères de l’Église ont quelquefois rapprochée du baptême. Il le ramène ensuite au temple; « il lui donne en secret quelques préceptes que la parole ne peut pas reproduire2 », et lui commande de garder une abstinence sévère. Pendant. dix jours, il doit ne pas boire de vin et ne manger de la chair d’aucun animal. Ce n’est qu'après s’être ainsi préparé qu’il peut être admis aux mystères. L’initiation a lieu la nuit. Le prêtre, après avoir fait sortir tous les profanes, couvre Lucius d’un vêtement de lin qui n’a pas été porté, et le prenant par la main, il le conduit dans l’endroit le plus reculé du sanctuaire. « Vous me demanderez, lecteur studieux, dit l’auteur qui est en même temps le héros de l’aventure, ce qui fut dit, ce qui fut fait ensuite. Je le dirais si je pouvais le faire ; vous le sauriez s’il vous était permis de l’entendre; mais ici la langue ne pourrait parler, ni l’oreille écouter sans crime. Je ne veux pourtant pas laisser sans quelque satisfaction une curiosité dont le motif est religieux. Écoutez donc ce qui m’arriva et croyez à la vérité de ce que je vais dire. Je m’approchai des limites de la mort; après avoir foulé le seuil du royaume de Proserpine et m’être promené à travers tous les éléments, je m’en retournai. Au milieu de la nuit je vis le soleil resplendir dune lumière éclatante; je m’approchai des dieux du ciel et delà terre, je les vis en face et je les adorai de près. J ai tout dit, et quoique vous ayez entendu
t. Apul., Met., xi, 23. — 2. xi, 23 : secreto mandatis qmbusdam quœ voce meliora sunf.
mes paroles, il est nécessaire que vous ne les sachiez pas. »
Ces mots énigmatiques sont peut-être encore ce qui nous a été dit de plus clair sur les mystères. En les rapprochant des autres indiscrétions tort obscures que les écrivains anciens ont commises, on peut entrevoir la nature des secrets qu’on révélait aux initiés et la façon dont on les leur faisait connaître. La science a commis à ce sujet des erreurs de tout genre; elle a successivement trop accordé ou trop refusé aux mystères. Aujourd’hui elle est revenue de tous ces excès et se tient à leur égard dans une plus juste mesure. On ne peut plus prétendre, comme faisait Lobeck, que c’étaient des exhibitions sans portée et sans conséquence, qui n’intéressaient le public que par le secret même qu’on imposait à ceux qui y étaient admis, et dont on n’a tant parlé que parce qu’ii n’était permis d’en rien dire. On peut encore moins affirmer, comme on l’a fait souvent, qu on y trouvait un enseignement complet et qu’il en est sorti toute une philosophie morale et toute une théologie monothéiste. Sans doute l’enseignement oral n’en était pas tout à fait banni, puisque Platon nous dit qu’on y apprenait « que la vie est un poste qui nous est assigné par les dieux et qu il est défendu de le quitter sans permission1». Il pouvait surtout trouver place dans ces entretiens de l’initié et du prêtre dont parle Apulée et où se tenaient des discours « que la parole ne peut pas reproduire ». Mais nous savons par les Pères de l’Église ce qui faisait la matière ordinaire de ces « discours sacrés », comme on les appelait : ils consistaient surtout dans le récit des aventures merveilleuses arrivées aux dieux2. Il est probable qu’on n’y racontait pas les légendes qui se répétaient partout :
i. Plat., Phédon, p. 62. — 2. Arnobe, v, 23
on n’aurait pas eu besoin de s’enfermer la nuit dans des sanctuaires secrets pour redire discrètement ce que tout le monde savait. Celles qu’on réservait pour les mystères étaient moins connues et plus étranges *. Malgré leur bizarrerie, on ne prenait pas la peine de les expliquer. Plutarque nous dit formellement « qu’on n’y ajoutait aucun commentaire, qu’on n’en donnait aucune démonstration 2 ». Les initiés ne rapportaient donc de la cérémonie ni leçons précises, ni notions exactes. Aristote affirme que toute l’efficacité des mystères consiste à donner certaines impressions et à mettre dans de certaines dispositions d’âme3; ces impressions étaient surtout l’effet des grands spectacles qu’on présentait aux initiés. Les paroles d’Apulée que je viens de citer, malgré leurs réticences calculées, ne laissent sur ce point aucun doute. L’initiation était vraiment un drame mystique, comme l’appelle un des Pères de l’Église 4 ; on y jouait les légendes sacrées, plus encore qu’on ne les racontait. Les dieux y étaient présents, figurés par leurs prêtres; ils apparaissaient au bruit des instruments de musique, au chant des hymnes, à la lumière de ces mille flambeaux dont 1 éclat faisait penser « qu’on voyait le soleil resplendir au milieu de la nuit ». L’âme, émue par ces alternatives de silence et de bruit, de ténèbres et de lumière qui rendent l’illusion facile, croyait les voir et leur parler. Il était surtout question, dans tous ces spectacles, de ces problèmes de l’autre vie qui se posaient alors à tous les esprits et troublaient les plus résolus. « Il semblait par moments, nous dit Apulée, qu’on mettait le pied sur le seuil du royaume de Proserpine. » Cette per-
1. Cest de là que Clément d’Alexandrie a tiré les légendes qu’il raconte dans sa Coliortaüo ad gentes, et Arnobc celles qu’on trouve dans son 5" livre. — 2. Plut., De defect. orac., p. 422. - 3. Svr.esius, vrai., p. 48. — 4. Clément d’Alex., Protrept., p. 12.
sistance de la vie, cette existence d’outre-tombe, sur laquelle les philosophes avaient tant de peine à s’entendre, les mystères ne l’enseignaient pas, ils la montraient. On sortait de ces spectacles grandioses non pas convaincu par des preuves irréfutables de la réalité des enfers, de la punition des méchants, de la félicité éternelle des justes, mais dans une disposition d’esprit qui ne permettait pas d’en douter. Ainsi tout ce que nous savons des mystères justifie le mot d’Aristote : Ils ne donnaient que des impressions, et j’ajoute qu’ils ne pouvaient pas donner autre chose. Les religions antiques n’ayant pas de croyances précises ni de dogmes formulés, aucun enseignement religieux et dogmatique n’était possible chez elles. Elles avaient ce caractère d’être entièrement subjectives. Chacun croyait des dieux ce qu’il voulait, chacun interprétait à sa façon les légendes qu’on racontait sur eux. Les plus dévots étaient ceux qui, par un effort d’imagination, y voyaient davantage et en étaient ainsi plus édifiés. C’est dans ce sens qu’agissaient les mystères ; en surexcitant l’imagination par des récits et des spectacles, ils la rendaient capable de pénétrer davantage dans les mythes et de leur donner un sens plus profond. Ce travail était tellement individuel que chacun, nous dit Macrobe, devait garder pour lui l’interprétation qu’il leur donnait et ne pas la communiquer aux autres L
Chaque initié profitait donc des mystères dans la mesure de son imagination et de sa sensibilité religieuse; mais il est sûr que tous en éprouvaient une impression profonde. Après la cérémonie, on leur mettait une couronne de rayons sur la tête et un flambeau allumé dans la main, et on les livrait ainsi vêtus à l’admiration de la
1. Sat., i, 7, 18 : Si qui, ç illas adsequiiur continere inlra conscientiarn lectas jubelur.
foule *. C’était presque un dieu que celui qui venait de converser avec les dieux, et d’être témoin des merveilles de l’autre vie. Il semblait échapper à sa nature mortelle. L’initiation était pour lui comme une mort volontaire et une résurrection; il mourait à son passé, il renaissait à une vie nouvelle2. « Un soleil nouveau, dit un poète, semblait s’être levé pour lui 3. » Ces impressions pouvaient être fugitives dans une âme légère, mais une âme religieuse les gardait toujours. Apulée nous dit qu’après son initiation, il ne pouvait regarder la statue d’Isis sans être saisi d’une inexprimable volupté *. Il a résumé tous ses sentiments dans une prière pleine de ferveur, et qui semble avoir par moments des accents chrétiens. « Sainte déesse, lui dit-il, toi qui conserves le genre humain et combles les mortels de bienfaits, ton cœur est pour les malheureux celui d’une tendre mère. Pas un jour, pas une heure ne se passe sans que tu nous donnes quelque faveur, sans qu’au milieu des orages de la vie tu nous tendes la main... On t’honore au ciel et sur la terre; c’est toi qui meus l’univers, qui donnes sa lumière au soleil, qui gouvernes le monde, qui foules aux pieds le Tartare. Les oiseaux qui volent dans le ciel, les bêtes féroces qui errent dans les montagnes, les reptiles qui ranipent sur le sol, les monstres qui nagent dans la mer, tremblent devant toi. Mon esprit est trop pauvre pour chanter dignement tes louanges. Mes ressources sont trop faibles pour te faire les sacrifices que tu mérites. Je n’ai pas la voix assez puissante pour dire ce que je pense de ta grandeur, et aucune parole humaine, quand elle serait infatigable, n’y pourrait suffire. Tout ce que peut faire
1. Apul., Met., xi, 24. — 2. Apul., Met., xi, 2t. — 3. Val. Flaccus (Argon., il, 441) dit en parlant des Argonautes qui viennent d’être initiés : llli sole novo Iceti plenique deorum. — 4. xi, 24
un pauvre croyant comme moi, c’est de garder tes traits gravés dans le secret de son âme, et de se représenter toujours dans son cœur l’image de ta divinité 1.» Voilà les sentiments d’un récent initié; dans la suite, ces formules vagues, énigmatiques, qu’ils répétaient en souvenir de leur initiation, ces symboles qu’on leur avait remis pour leur rappeler les serments qu’ils avaient faits et les spectacles auxquels ils avaient assisté, les plongeaient dans une sorte d’extase. Diodore prétend qu’ils devenaient plus justes et meilleurs en toute chose2. Ce qui est sûr, c’est qu’ils devaient vivre plus heureux, convaincus qu’après leur mort ils auraient une place dans ces lieux de délices qu’on leur avait fait entrevoir pendant la célébration des mystères, et « qu’ils passeraient véritablement l’éternité avec les dieux. » Ils devaient être surtout plus pieux, plus fervents, plus attachés de cœur à ces divinités qui leur avaient accordé de si grandes faveurs et leur faisaient pour l’avenir de si belles promesses. S’il est vrai de prétendre que toutes ces religions nouvelles qui s’établirent à Rome à la fin de la république ou dans les premiers temps de l’empire avaient pour conséquence et pour but de surexciter la dévotion publique, il faut reconnaître que les mystères furent un des moyens les plus efficaces qu’elles aient employés pour y parvenir.