Sén., Epist., 108 3.- 2. Epist., 108. U
APRÈS AUGUSTE
entendu Sotion, il s’abstint pendant un an de la chair des animaux1. Les exhortations d’Attale lui donnèrent la passion de la frugalité; pour dompter son corps, il aurait voulu ne vivre que de pain et de bouillie. C’était une ardeur de nouveau converti qui ne dura pas. « Ramené par la vie, dit-il, aux usages de tout le monde, je n’ai pas conservé grand’chose des résolutions de ma jeunesse 2. » Il en garda cependant l’habitude de se priver de vin. d’huîtres et de champignons, de ne point user de parfums et d’éviter ces bains qui affaiblissent le corps par des sueurs excessives. S’il ne couchait pas tout mi sur un grabat, comme Démetrius, il nous apprend que les matelas de son lit étaient durs, « et qu’ils ne gardaient pas le matin l’empreinte de son corps3 ».
Depuis ce moment, bien des raisons semblèrent devoir l’écarter de ses premières études. Le plaisir et 1 ambition se disputèrent son temps ; mais au milieu de toutes les traverses de sa vie agitée, il ne cessa pas do revenir toujours à la philosophie. Probablement il se cachait un peu pour l’étudier tant que vécut son père : le vieux rhéteur se défiait d’elle et il ne comprenait pas qu’on pût rien mettre au-dessus de l’éloquence. C est pour lui complaire que Sénèque devint un orateur renommé pendant les dernières années du règne de Tibère et au commencement de celui de Caligula. La mort de son père lui rendit la liberté. « Je cessai d’abord, nous dit-il, de vouloir plaider, puis de le pouvôir4. » Ces paroles nous font entendre que lorsque son exil vint l’arracher au forum, il avait perdu le goût d’y paraître, et l’on devine qu’il ne s’en éloignait que pour se livrer tout entier à la philosophie. En se dirigeant de ce côté, non-seulement il
i. Epist , 108, 22. — 2. Epist., 108, 15. — 3. Epist., 108. 23. — 4. Epist., 49, 2.