LA RELIGION ROMAINE AU II* SIÈCLE
Christ peut venir, disait Prudence, les voies lui sont préparées l. »
11 est donc vrai que le mouvement religieux et philosophique du Ier siècle prépara les voies au Christianisme et rendit son succès plus facile. C’est ce qui en fait l’importance, c’est ce qui m’a engagé à l’étudier de près dans cet ouvrage. Si je voulais résumer, en finissant, les conclusions auxquelles cette étude m’a conduit, je n’aurais qu’à citer un mot de saint Augustin qui me semble indiquer avec un grand bonheur quelles furent les conséquences de tout ce travail des esprits et en quel état le Christianisme trouva le monde. Il raconte, dans ses Confessions, qu’il était tout livré aux futilités de la rhétorique et aux dissipations de la vie mondaine, quand il lut 1 ’Hortensius de Cicéron. Cet ouvrage éveilla son esprit qui sommeillait et lui donna le goût des études sérieuses. «Je me levai alors. Seigneur, dit-il, pour revenir vers vous 2.» Ces paroles s’appliquent à bien d’autres que lui. On peut dire qu’au ier siècle le monde entier « s’était levé » sous l’impulsion de l’esprit religieux et de la philosophie; il était debout, en mouvement, et, sans connaître le Christ, il s’était déjà mis de lui-même sur le chemin du Christianisme.