‹ La religion romaine d'Auguste aux Antonins (volume 4)Chapitre 20 sur 93 · Epist., 41, 1. — a Fragm., 123 — 3. Epist · texte numérisé non relu

Epist., 41, 1. — a Fragm., 123 — 3. Epist

pour en faire des sages et des saints du Portique, il est sobre d'éloges pour tous les grands hommes de la république qu'il était d'usage d'admirer sans fin. Les écrivains antiques ne sont pas non plus de son goût. Il maltraite beaucoup Ennius, et fait un crime à Virgile de l'imitera L'étude des vieilles coutumes et des anciens mots mise en honneur par Varron lui semble une futilité indigne d'un homme de sens. Il a toujours parlé fort mal de l'érudition : « Cette science, dit-il, ne fait que des ennuyeux, des bavards, des maladroits, des vaniteux, des gens qui n'apprennent pas les choses nécessaires, pour Se donner le temps de savoir les inutiles ^. » Comme les religions se composent en partie d'usages et de traditions que le temps a rendus vénérables, ce mépris du passé, ces railleries dirigées contre ceux qui l'étudient, qui l'admirent, indiquent un esprit mal disposé pour les choses religieuses. Ce qui le montre encore mieux, c'est la confiance qu'il exprime souvent dans la puissance de l'homme. Il n'admet pas, ainsi que le font la plupart des religions, que la nature l'ait créé méchant ou qu'il le soit devenu par quelque déchéance inévitable. « Nous naissons, dit-il, sains et libres^ », et si la vie nous a gâtés, nous pouvons toujours nous guérir par un effort de notre volonté. Il ne croit pas non plus que tout marche vers une décadence nécessaire, que la nature et l'humanité s'affaiblissent en vieillissant, qu'il faut se tourner toujours vers les siècles écoulés et placer son idéal derrière soi. Il regarde volontiers vers l'avenir; il est convaincu que nos conquêtes ne s'arrêteront jamais, et il n'hésite pas à placer devant nos yeux l'espérance d'un progrès indéfini. « Un jour viendra, dit-il, où le temps et le travail de l'homme découvrir^^nt des vérités qui sont aujour-

Page 1