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402 LES RELIGIOÎÎS ÉTRANGÈRES.
être juge des contestations de doctrines, il fit voir qu'il entendait ne pas l'excepter de cette large tolérance que ses compatriotes accordaient à tous les cultes ^ Dans la suite, des tentatives furent faites pour amener leur dieu à s'entendre avec les autres; l'oracle même d'Apollon affecta d'en faire l'éloge, et le philosophe Porphyre, quoique païen zélé, ne fit pas difficulté de reconnaître la divinité du Christ -. On sait qu'Alexandre Sévère fit placer son image, à côté de celle d'Orphée et d'Apollonius de Thyane, dans la chapelle domestique où il venait tous les matins prier ses Lares ^ ; mais ce mélange faisait horreur aux vrais Chrétiens. Aux avances que leur adressaient les philosophes ou les prêtres du paganisme, ils répondaient par ces paroles impitoyables de leurs livres sacrés : « Les dieux des nations sont des idoles; celui qui leur sacrifie sera déraciné de la terre *. » C'est ce que les païens ne pouvaient comprendre '", ce qui leur causait tant d'impatience et de colère. On n'en voulait pas précisément aux Chrétiens d'introduire dans Rome un dieu nouveau : rien n'était plus ordinaire depuis deux siècles; mais on s'étonnait et l'on s'indignait que leur dieu refusât de prendre place avec les autres dans ce vaste panthéon où on les avait tous réunis. C'est cette obstination à s'isoler ainsi du reste du monde , à garder leur foi
\ Ad. Apost., xvHi, 15. — 2. S. Aug., Dec'iv. Dei, xix, 23. — 3. Lampr., Alex. Sev., 29. — 4. Exode, xxn, 20. Quelques scrtcs : gnosliques se monlrèrent plus complaisantes. Saint Augustin parle ^ d'une carpocraticnnc, jMarccUina, qui avait dans sa chapelle le Christ et Pylliagore. Il est possible qu'il soit question d'un de ces mélanges tentes par quelques églises hérétiques sur l'invitation des païens dans la fameuse lettre d'Hadrien, où il dit, en parlant d'Alexandrie : Illic qui Serapem colunt Cluistiani sunt, et devoli sunl Serapi qui se Cluisti episcopos dicunl. (Vopisc, Saturn. , 8.) — 5 T<!rlnll
pure de tout mélange étranger, qui peut seule expliquer la violence des persécutions dont ils furent Yictimes pendant trois siècles de la part d'un peuple qui avait accueilli avec tant de bienveillance toutes les autres religions.