‹ La religion romaine d'Auguste aux Antonins (volume 5)Chapitre 99 sur 100 · Contra App., ii · texte numérisé non relu

Contra App., ii

saient la civilisation hellénique, qui en étaient charmés et qui souhaitaient y avoir une place. Hérode, notamment, se donna beaucoup de peine pour faire cesser cet isolement des Juifs et les rattacher au reste du monde. Il bâtit, dans sa ville de Césarée, des théâtres, des sanctuaires en l'honneur d'Auguste ; il fit reconstruire à ses frais le temple d'Apollon à Delphes, et donna de l'argent pour célébrer les jeux Olympiques. Dans Jérusalem même, il voulut familiariser ses sujets avec les coutumes des autres nations, et, contrairement aux prescriptions de la loi, il plaça un aigle d'or au-dessus de la porte du temple ; mais les Juifs pieux en furent scandalisés, et l'aigle du temple disparut dans une révolte populaire. L'obstination de ce peuple à repousser les croyances des étrangers, à garder les siennes sans mélange et à dire qu'elles étaient les seules vraies, causa d'abord une vive surprise, puis souleva une ardente colère dans le monde grec et romain. Les Juifs furent signalés partout comme une race impie qui se faisait gloire de mépriser les dieux [Judœa gens contumelia numinum insignis *), et des persécutions terribles éclatèrent contre eux. Les habitants d'Antioche brûlèrent vivants tous ceux qui refusaient d'abjurer leur foi : on en tua cinquante mille à Alexandrie et dix mille à Damas. Ces haines furieuses ne s'apaisèrent que lorsque les Juifs se furent associés aux païens pour persécuter ensemble le Christianisme.

Les Chrétiens furent traités comme les Juifs et pour les mêmes raisons. On ne peut pas dire que Rome les ait d'abord mal accueillis. Le premier magistrat romain devant lequel le Christianisme fut déféré ne se montra pas disposé à le poursuivre ; en déclarant qu'il ne voulait pas

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