‹ La religion romaine d'Auguste aux Antonins (volume 5)Chapitre 15 sur 100 · Cic, Tiisc, v, 4. Prcuaer, Hesiia-Vesta, p · texte numérisé non relu

Cic, Tiisc, v, 4. Prcuaer, Hesiia-Vesta, p

3i CARACTÈRE GÉNÉRAL

sens des vieux mythes qui expliquaient la création des êtres et la fécondité de la nature par l'hymen de la terre et du ciel. Ce n'étaient plus que des histoires légères qui scandalisaient les gens rigoureux et dont se moquaient les railleurs. La religion romaine, qui n'avait pas su créer de légendes, se trouvait à l'abri de ces reproches ; on lui fit un grand mérite de sa stérilité. Denys d'Halicarnasse remarque avec admiration « qu'on ne raconte pas parmi les Romains qu'Uranus ait été mutilé par ses fils, que Saturne ait dévoré ses enfants pour les empêclier de le détrôner, et qu'à son tour Jupiter ait chassé Saturne de son royaume et 1 ait enfermé dans les prisons du Tartare *. » Les poètes latins eux-mêmes, qui devraient être plus indulgents pour ces antiques récits, se croient obligés par patriotisme de féliciter leur pays de n'avoir pas d'histoire fabuleuse. « Nos campagnes, dit Virgile, dans son éloge de l'Italie, n'ont pas été retournées par des taureaux qui soufflaient le feu de leurs naseaux. On n'y a jamais semé les dents d'une hydre monstrueuse; jamais une moisson de guerriers n'a surgi du sol toute hérissée de casques et de piques- ». Et Properce, opposant Rome à ces petites villes de la Grèce, si hères de leurs souvenirs mythologiques, lui dit : « Toi, au moins, tu n'as rien dans le passé dont ton histoire ait à rougir 3. » Il ne fut pas moins utile à la religion romaine de n'avoir pas établi de dogmes et de ne se composer que de pratiques; c'était une imperfection dont profita la liberté de conscience. Pourvu qu'on prit la peine de se conformer exactement aux règles du culte national que son antiquité rendait respectable, on pouvait penser des dieux ce qu'on voulait, et l'on usa sans scrupule de la permission. Il y avait alors précisément beaucoup de bons

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