Ant. rom., u, 23. —'2. Geory., ii, 140. — 3. m
esprits qui, malgré la séduction qu'exerçait sur eux la philosophie, hésitaient à se séparer trop ouvertement des religions populaires. Pour éviter les déchirements intérieurs et les ébranlements politiques qui suivent d'ordinaire ces ruptures violentes, ils cherchaient quelque façon d'accorder ensemble les croyances anciennes et les doctrines nouvelles. La religion romaine fut celle qui se prêta le plus volontiers à ces compromis. La première condition pour s'accorder avec elle était de lui faire accepter l'unité de Dieu, et elle s'y trouvait assez disposée : ce polythéisme qui nous a paru si incomplet et si vague se laissait plus aisément que tout autre ramener au monothéisme. Les Romains ayant répugné longtemps à donner à leurs dieux une forme précise et une existence individuelle, il en résultait qu'il était plus facile de les réunir et de les grouper ensemble. Des êtres animés, distincts et divers, auraient résisté davantage à ces fusions; les dieux de Rome, qui n'avaient point d'histoire ni de figure, se laissaient faire. Comme ce n'étaient pas des personnes véritables, mais seulement des manifestations divines (numina), il ne coûtait pas d'en réunir plusieurs ensemble et de les rapporter au même dieu qui s'était trouvé recevoir des noms différents parce qu'il agissait de différentes manières. C'est ainsi qu'en faisant rentrer tous ces dieux les uns dans les autres, en les regardant comme des attributs et des qualifications de la même divinité, on arrivait sans trop de peine à recomposer l'unité divine. Sur ce point et sur beaucoup d'autres, que j'indiquerai plus tard, la religion romaine, sans être trop dénaturée, pouvait à peu près s'accommoder avec la philosophie. Elle avait au moins cet avantage de n'être pas tout à fait contraire aux progrès que venait de faire l'esprit humain. Les esprits sages et modérés, qui souhaitaient rester fidèles au culte de leur pays sans faiic