‹ La religion romaine d'Auguste aux Antonins (volume 5)Chapitre 2 sur 100 · III PRÉFACE · texte numérisé non relu

III PRÉFACE

Mais avant d'entreprendre cette étude, j'ai besoin d'indiquer en quelques mots de quelle façon je la comprends et quelle étendue je crois devoir lui donner. Si je m'enfermais étroitement dans l'histoire de la religion romaine proprement dite, comme le titre de ce livre pourrait le faire croire, je devrais me contenter de signaler les changements que le temps apporta dans les pratiques du culte depuis le règne d'Auguste jusqu'à celui de Marc-Aurèle. Ainsi conçu, le sujet serait de peu d'importance ; mais je compte embrasser pendant ces deux siècles le mouvement religieux tout entier. Je l'étudierai partout où il se manifeste, dans les écoles de philosophie aussi bien que dans les temples. Je ne négligerai d'exposer ni les systèmes imaginés alors par les philosophes pour résoudre les questions religieuses, ni les efforts tentés par les moralistes pour corriger leur temps. En réalité, ils rentrent dans le sujet que je traite, et j'espère montrer que la religion romaine, quoiqu'elle se tienne en dehors de cette activité philosophique, en a ressenti les atteintes.

Quant aux limites dans lesquelles j'ai circonscrit mon travail, je crois qu'elles n'ont rien d'arbitraire. L'histoire du paganisme romain, depuis Auguste jusqu'à ses derniers moments, me paraît se diviser en deux périodes distinctes, celle où il se développe

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