PRÉFACE. IX
lui-même, d'après son principe et sa nature, et celle où il essaye de se réformer sur le modèle de la religion qui le menace et qu'il combat. De ces deux périodes, je n'étudie ici que la première. Je m'arrête à Marc-Aurèle , c'est-à-dire au moment où les apologistes font connaître le Christianisme au monde ^ Je ne voudrais pourtant pas affirmer qu'avant cjtte époque des communications n'aient pas eu lieu d'une religion à l'autre par des voies secrètes et détournées, ni que les doctrines chrétiennes n'aient exercé déjà une certaine influence sur le paganisme; mais s'il est permis de le soupçonner, je ne crois pas qu'il soit possible de l'établir. Les Pères de l'Église euxmêmes ne se prononcent pas sur cette question d'une façon précise ; ce ne fut, dans tous les cas, qu'une influence indirecte et indistincte, qui ne pouvait guère modifier la direction que le paganisme suivait de lui-même et dans laquelle il s'était engagé depuis Auguste, c'est-à-dire avant la naissance du Christ. Au contraire, à partir du règne de Commode, et surtout de celui de Septime-Sévère, les rapports entre les deux cultes sont évidents ; ils rayonnent, pour ainsi
1. 11 est question d'apologies présentées déjà à l'empereur Hadrien ' par Quadratus et Aristide, mais elles sont perdues. L'apologie de S. Justin, la plus ancienne de celles que nous avons conservées, est adressée à Antonin et à Marc-Aurcle.