Catatil., in, 8. — 2. Pro Mil., 31 — 3. De har. resp
put tirer un grand avantage. Nous trouvons parmi ses œuvres un traité sur la ISature des dieux^ et un autre sur la Divination. Dans tous les deux, il maltraite beaucoup les religions populaires; il raille, sans se gèner, les dieux et leurs fables, les devins et leurs miracles. Le dernier est net, ferme, précis, sans hésitation ni sous-entendu; Cicéron y dit sincèrement sa pensée. 11 détruit les arguments de ceux qui prétendent qu'il y a une science pour connaître l'avenir, et ne veut pas permettre qu'on mette la superstition sous la protection de la philosophie. Il était pourtant augure et en tirait vanité; nous savons qu'il accomplissait régulièrement ses fonctions et qu'il n'a jamais songé à les quitter. On a eu tort de lui en faire un crime : il pouvait les garder sans se mettre tout à fait en désaccord avec ses principes. « Quoi qu'on pense des auspices, dit-il, il faut les conserver pour ne pas choquer les opinions du peuple et à cause des services qu'ils peuvent rendre à l'État *. » La divination en soi n'est qu'une chimère, mais dans des mains habiles elle peut empêcher une assemblée populaire de commettre quelques sottises. L'augure, en intervenant au bon moment, retarde l'élection d'un homme dangereux ou le vote d'une loi funeste : c'est un répit laissé au bon sens public pour se reconnaître; si fragile que soit cette dernière barrière, il est bon de la conserver au moment où les autres sont détruites, et quand les factieux attaquent l'État de tous les côtés. Nous ne trouvons donc rien qui nous embarrasse dans le traité de la Divination. L'autre ouvrage est plus difficile à comprendre : les conclusions en sont moins nettes, ou plutôt il n'a pas de conclusions. Cicéron y réfute les opinions émises par les philosophes grecs sur la nature des dieux; il ne songe pas à nous dire