‹ La religion romaine d'Auguste aux Antonins (volume 5)Chapitre 26 sur 100 · De div., II · texte numérisé non relu

De div., II

quelle est la sienne, ni s'il en a une. Nous sortons de ce grand débat, où s'agitent les questions les plus graves, incertains, hésitants, sans pouvoir démêler les sentiments de l'auteur et le dessein de son livre. Il y introduit un grand personnage, Cotta, qui, sous prétexte d'attaquer la manière dont les stoïciens démontrent l'existence de Dieu et la Providence, les compromet toutes les deux. Cotta raisonne tout à fait comme un théologien catholique qui cherche à ruiner tous les systèmes et à démontrer l'impuissance de la raison pour rendre la révélation plus nécessaire. Il déclare qu'en fait de religion il veut tout à fait s'en tenir à celle qu'ont instituée ses ancêtres. La philosophie lui est suspecte, elle ébranle les croyances qu'elle prétend affermir *. Aussi prend-il pour maîtres les Coruncanius, les Scipion, les Scaevola, et non pas un Zenon, un Cléanthe ou un Chrysippe. « On a le droit, dit-il, de demander à un philosophe la preuve de ses opinions, tandis qu'il faut accepter même sans preuve celles de nos aïeux*. » Cotta parle en pontife, mais en s'exprimant ainsi il se trompe vraiment d'époque. Quand ce traité fut composé, la république n'existait plus. L'avénement d'un régime nouveau avait ébranlé ou détruit les institutions anciennes. Il n'était plus possible de faire uniquement reposer les croyances rehgieuses sur des traditions à moitié perdues, et c'était vouloir leur ruine entière que de leur donner des appuis qui s'écroulaient. Nous savons que ceux qui lurent cet ouvrage, à ce moment de désarroi, pour y chercher des raisons de croire, furent déconcertés ; de nos jours, on a cru surprendre dans cette absence de conclusions formelles un athéisme qui se déguise. C'est, je crois, aller trop loin. Ces négations hardies ne conviennent guère à Cicéron et répugnent

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