I. Tertullien, Ad Scap., 2.— 2. Pline, Paneg., 8a
de concert les magistrats et les capitaines, les provinces et les armées. C'est l'image de Dieu, qui, assisdans son trône au plus haut des cieux, fait aller toute la nature...; les méchants ont beau se cacher, lalumière de Dieu les suit partout ; quelque matin qu'ils se lèvent, il les prévient; quelque loin qu'ils s'écartent, sa main est sur eux. Ainsi Dieu donne au prince de découvriras trameB les plus secrètes; il a des yeux et des mains partout ; les oiseaux du ciel lui rapportent ce qui se passe ; il a même reçu du ciel pour l'usage des affaires une certaine pénétration qui fait penser qu'il devine. A-t-il pénétré l'intrigue, ses longs bras vont prendre ses ennemis aux extrémités du monde; ils vont les déterrer au fond des abîmes : il n'y a pas d'asile assuré contre une telle puissance I » Et il conclut en disant « qu'il faut obéir aux princes comme à la justice même : ils sont des dieux et participent en quelque façon à l'indépendance divine^ ». Quand un évêque parlait ainsi, il ne faut pas s'étonner de ce qu'un courtisan osait faire ; les hommages d'un d'Antin et d'un La Feuillade avaient toutes les apparences d'un culte. Saint-Simon rapporte qu'à la dédicace de la statue de la place Vendôme on renouvela presque les fêtes du paganisme. « Le duc de Gesvres, gouverneur de Paris, à cheval, à la tête des corps de la ville, y fit les tours, les révérences et autres cérémonies tirées et imitées de la consécration des empereurs romains. 11 n'y eut à la vérité ni encens, ni victimes : il fallut bien donner quelque chose au titre de roi très-chrétien. » On peut donc dire que les sociétés qui professent que le pouvoir émane de Dieu et que l'autorité est divine arrivent souvent à placer ceux qui en sont revêtus au-dessus de l'humanité et sont sur la pente de l'adoration monarchique. On n'échappe tout à fait à ce