‹ La religion romaine d'Auguste aux AntoninsChapitre 110 sur 155 · Persa, m, 1, 49. — 2. Amph., ii · texte numérisé non relu

Persa, m, 1, 49. — 2. Amph., ii

IbIuc facinus quod tu insimulas nostro generi non decet; Tu, si me impudicitiaB captas, non potes capere.

t. Voter Fricdlender, Sitteng, Rêmt, l, 265. — 4. Tite-LÎTC, ui, U. '

LES FEMiMËl SiS

par les garçons*, et, comme il arrive encore en Amérique, on y élevait les deux sexes ensemble. Il résultait souvent de cette éducation commune qu'ils avaient nonseulement les mêmes connaissances, mais des qualités semblables. On n'enseignait pas plus aux filles qu'aux garçons les arts qui ne semblaient pas compatibles avec la gravité des mœurs romaines. On répugnait, par exemple, à leur apprendre la danse, c II n'y a presque personne, disait Cicéron, qui se permette de danser quand il est à jeun^ » On redoutait aussi pour elles la musique et le chant. Sans doute, dans quelques circonstances graves, après de grands malheurs ou des victoires inespérées, on avait vu des jeunes filles, au milieu des cérémonies publiques, chanter des hymnes aux dieux pour désarmer leur colère ou les remercier de leurs bienfaits; mais ces occasions étaient rares. D'ordinaire le chant n'était guère mieux vu que la danse, et Scipion Émilien, un ami de la Grèce pourtant, les condamnait sévèrement l'un et l'autre lorsque, pendant sa censure, il fit fermer les écoles qui s'étaient furtivement ouvertes à Rome pour les enseigner. « On corrompt notre jeunesse, disait-il au peuple, en lui faisant connaître des arts malhonnêtes. On lui apprend à chanter, ce que nos aïeux regardaient comme honteux pour un homme libre. Des jeunes filles, des jeunes gens de bonne maison s'en vont dans les écoles de danse parmi les baladins. On me l'avait bien dit, mais je ne pouvais pas croire qu'on pût donner une éducation pareille à ses enfants quand on portait un nom honorable. On m'a conduit dans une de ces écoles, et, par Hercule 1 j'y ai vu plus de cinq cents garçons ou filles. Dans cette

1. Martial dit, ea parlant du maître d'école : invùmm piierit wrgmibusque caput, ix, 68. — î. Cic, Pro Murena, 6 : nemo fere ialiai sobrius.

!î6 LÉS FEMMES.

fonte, Il y avait (j'en rougis pour Home!) le fils d'un can* didat aux honneurs publics, un enfant de douze ans, portant encore la bulle à son cou, qui dansait avec des crotales une danse tellement impudique, qu'un esclave débauché ne se la permettrait pas sans rougir M » La danse était plus rigoureusement interdite que le chant, mais la musique même était suspecte ; c*est un art qui s'adresse moins à la raison qu'à la sensibilité, qui fait plus rêver qu'agir, et l'on voulait qu'une femme fût prête à l'action comme un homme.

Cette éducation n'a pas été sans doute inutile à donner aux Romaines des premiers siècles leur caractère énergique et viril. Peut-être trouvera-t-on qu'elles ont poussé ce caractère un peu trop loin. On aime aujourd'hui chez la jeune fille un air plus timide, quelque chose de plus tendre et de moins résolu. La faiblesse paraît un de leurs plus grands attraits : les Romains pensaient que la force vaut mieux. Quand l'homme élève la femme pour lui, Il est naturel qu'il cherche à lui donner surtout la douceur et la grâce : il n'y a rien qui les rende plus agréables à ceux qui doivent vivre près d'elles; mais s'il s'agit de les élever pour elles-mêmes et dans leur intérêt, si l'on veut qu'elles soient capables de remplir un rôle actif dans les luttes de la vie, il faut qu'elles acquièrent d'abord les connaissances qui leur permettent d'y prendre part sans trop d'infériorité. Si l'on n'a pris soin de former leur esprit et de tremper leur âme d'une certaine façon, elles y seront trop facilement vaincues. On a été quelquefois choqué d'entendre dire à la Bruyère qu'on ne peut rien mettre au-dessus d'une belle femme qui aurait les mérites d'un honnête homme. Cette maxime, qui pouvait surprendre au xvii* siècle, devient plus vraie tous les

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