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avait toujours quelqu'un, a laissé son empreinte sur Vnh de ses ouvrages. C'est Pollion qui lui conseilla d'écrire ses Bucoliques^ et il était, quand il les composa, l'ami et l'obligé de Cornélius Gallus. On ne peut malheureusement pas nier qu'il ne s'y trouve quelque trace de ces beaux esprits maniérés qui adoraient et copiaientles Alexandrins. L'œuvre ne comportait pas de souvenirs patriotiques; les vieux Romains aimaient beaucoup la campagne, mais il n'était pas possible d'en faire des bergers comme ceux de Théocrite. La religion n'y tient aussi que fort peu de place. A l'exception de la quatrième églogue dont il sera question plus tard et dans laquelle on trouve un vrai sentiment religieux, Virgile n'y emploie ordinairement les dieux qu'à la façon dont Ovide s'en est servi, comme une machine poétique destinée à embellir le paysage. C'est ainsi que dans la dixième églogue, où il transforme en berger son ami Gallus, qui fut préfet de l'Egypte, il amène auprès de lui Apollon, Pan et Silvain, qui viennent essayer de le distraire de sa douleur. Il agira plus tard autrement avec les dieux, et il leur garde un rôle plus grand et plus honorable que de venir consoler un administrateur romain abandonné par une comédienne qu'il aimait. On sent pourtant dès les Bucoliques que Virgile ne s'en tiendra pas à cette poésie de bergers. Tantôt il éprouve la tentation de chanter la nature, comme Lucrèce ; tantôt il cède, en pleine pastorale, au plaisir de célébrer les guerres et les combats, et il faut qu'Apollon lui tire l'oreille pour le ramener à ses moutons. Évidemment le cadre des églogues est trop étroit pour son génie et il en sort de tous les côtés. Mécène le mita l'aise en lui demandant d'écrire les Géoryiques. « Sans toi, lui disait le poète, l'âme n'entreprend rien de grand *. » Virgile tendait au