CHAPITRE PREMIER CARACTÈRE GÉNÉRAL DE LA RELIGION ROMAINE
La religion romaine, quoiqu'elle ait beaucoup changé, n'a jamais entièrement perdu la marque de ses origines : on retrouve chez elle, à tous les moments de sa longue existence, non-seulement les mémos rites, mais un fonds de croyances semblables une certaine façon de comprendre les rapports de Dieu avec l'homme et le culte qu'il faut lui rendre, qui sont sa nature même, et qu'elle tient évidemment des peuples auxquels elle doit sa naissance. Aussi convient-il, même quand on ne se propose pas de l'étudier dans son ensemble et qu'on ne prétend embrasser qu'une partie de sa durée, de faire d'abord un retour rapide sur le passé. On connaîtrait mal l'époque dont on veut spécialement s'occuper, si on l'isolait tout à fait du reste. Commençons donc, avant de chercher ce
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que la religion romaine est devenue pendant les premiers siècles de l'empire, par jeter au moins un regard en arrière, et disons quelques mots de ces caractères primitifs et persistants qu'elle avait à ses premières années, qu'elle a gardés jusqu'à la fin et qui la distinguent des autres.
De quelle manière les Italiens et les Romains ont conçu la Divinité. — Religion des Italiens. — Pauvreté de leurs légendes. — Religion des Romains. — Les dieux des Indigitamenta. — Caractère des dieux romains.
La religion primitive des Italiens, dans ses croyance» essentielles, ressemblait à celle des autres nations indoeuropéennes. Ils adoraient les forces de la nature, favorables ou nuisibles, et se les figuraient comme des êtres animés, de sexe différent, dont les rivalités se reproduisent dans les luttes des éléments, et dont l'union explique l'éternelle fécondité du monde. C'est aussi le fond de la religion des Grecs; mais celle des Italiens portait l'empreinte des peuples qui l'avaient faite. Ces peuples étaient en général graves, sensés, prudents, fort préoccupés des misères de la vie présente et des dangers de l'avenir. Comme ils étaient plus naturellement portés vers la crainte que vers l'espérance, s'ils respectaient beaucoup leurs dieux, ils les redoutaient encore davantage, et le culte qu'ils leur rendaient consistait surtout en supplications timides et en expiations rigoureuses. Leur imagination manquait d'abondance et d'éclat : aussi n'ont-ils rien créé qui ressemble au riche développement de légendes poétiques qu'on admire chez les Grecs. Les leurs sont pauvres et naïves; nées dans les rudes labeurs de la vie
agricole, eiies ont souvent un caractère étrangement prosaïque. Elles manquent surtout de variété : dans les diverses villes, les mêmes histoires se retrouvent, appliquées à des dieux différents. Le héros fondateur ou bienfaiteur de la cité est d'ordinaire quelque enfant de naissan^-e merveilleuse, fils du dieuLare qui protège quelque famille illustre, conçu près du foyer de cette famille, quelquefois d'une étincelle qui s'en est échappée 1. Quand il est jeune, un miracle révèle sa grandeur future; ce miracle est partout le même, c'est une Hamme qui brille autour de sa tête sans la consumer ^ Pendant sa vie, il est sage, piinix, rangé; il fait des lois équitables, il enseigne le respect des dieux et de la justice. Après quelques exploits utiles, il disparaît tout d'un coup, « on cesse de le voir 3 », sans qu'on puisse bien dire de quelle manière il s'est évanoui. II est sans doute allé se jjerdre dans le sein de la grande Divinité dont tout émane ici-bas [dwus Pater Jupiter); il se confond avec elle, il perd son nom mortel et prend désormais celui du dieu dans lequel il s'absorbe. C'est ainsi qu'on honora Énée après sa disparition sous le nom de Jupiter Jndiyes, et Latinus sous celui de Jupiter Latiuris.
L'Italie avait donc été assez peu féconde en inventions religieuses; ce mélange de peuples italiens, qui donna naissance à Rome, fut plus pauvre encore. Rome se contenta de prendre les croyances des nations diverses dont
I. C'est ce qu'on raconte de la naissance de Romulus (Plut. Romulus, 2), de celle de Servius TuUius (Denvs d'Haï., iv, 2) de celle de Cieculus, le fondateur de Préneste (Serviùs, /En., vu 67Hi' — 2 Ce miracle est rapporté par Tite-Live à propos de Servius Tullius (i 39) • Il se trouve deux fois dans l'Enéide de Virgile, attribué à des pe'rson^ nages différents (11, 682; vu, 73;. A l'époque des guerres punique» ou crut que le vaillant soldat Marcius avait été désigné par les di^ux de la uieme la> on dans sa jeunesse (Tile-Live, xxv, 3^1 — 3 ,\on «omparuit, c'est l'expression employée dan» toutet ces légendeâ.
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elle était sortie, en essayant de les unir et de les accorder ensemble : elle n'éprouva pas le besoin d'en créer de nouvelles. La seule innovation qu'on lui attribue, c'est d'avoir inscrit sur des registres appelés Indigitummfa la liste des dieux qui sont affectés à chaque événement de la vie de l'homme depuis sa conception jusqu'à sa mort^ et de ceux qui pourvoient à ses besoins les plus indispensables, comme la nourriture, la demeure, le vêtement*. Ils y étaient rangés dans un ordre régulier, avec quelques explications sur le nom qu'ils portent et la formule des prières qu'il convient de leur adresser.Les dieux àes/ndigitamenta ont un caractère particulier et entièrement romain ; je ne crois pas qu'on en trouve ailleurs qui soient tout à fait semblables. Sans doute on a é{)rouvé dans d'autres pays le besoin de mettre les principaux actes de la vie sous la protection divine, mais d'ordinaire on choisit pour cet office des dieux connus, puissants, éprouvés, afin d'être sûr que leur secours sera efficace. C'est la grande Athénè, c'est le sage Hermès qu'on invoque en Grèce, pour que l'enfant devienne habile et savant. A Rome, on a préféré des dieux spéciaux, créés pour cette circonstance même et qui n'ont pas d'autre usage : il y a celui qui fait pousser à l'enfant son premier cri {Vaticwvjs), et celui qui lui fait prononcer sa première parole [Fabulinus)\ l'un et l'autre ne font pas autre chose et ne sont invoqués qu'en cette occasion. Aussi ne portent-ils en général d'autre nom que celui de leurs fonc-
1. Aug., De civ. Dei, vi, 9 : « Varro coinmemorare et enumerare deoscœpit a concepiione hominis... deinde cœpit deos alios ostendere qui pertinerent non ad ipsum hominem, sed ad ea qiiœ sunt hominif;, sicuti est victus, vestitus et quœcumque alla quœ liuic vitœsunt necessaria. » Dans celte énuraéralion, il est plus que probable que Varron luivait l'ordre même des registres des pontifes. — On peut consulter sur les Indigilamenta : Ambrosch , Religionsbucher der Romer^ et Bouché-Leclercq, Us Pontifes de l'ancienne Rome, Paris, 1871.
lions méincs, comme si l'on youlait faire entendre qu'ils n'ont pas d'existence réelle en dehors de l'acte auquel ils président. Leur compétence est extrêmement bornée; l'action la plus simple donne souvent naissance à plusieurs divinités. Quand l'enfant est sevré, il y en a une qui lui apprend à manger {Educa), une autre qui lui apprend à boire {PoHna)\ une troisième le fait tenir tranquille dans le petit lit où il repose {Cuba). Lorsqu'il commence à marcher, quatre déesses sont chargées de protéger ses premiers pas; deux l'accompagnent quand il sort de la maison, deux le ramènent quand il y rentre {Ahenna ei Adeona; Iterduca et Domiduca). Les listes étaient donc interminables et les noms multipliés à l'infinL Les Pères de l'Église s'égayent beaucoup de « cette populace de petits dieux condamnés à des emplois infimes », et les comparent à ces ouvriers qui divisent entre eux la besogne pour qu'elle soit plus vite faite. 11 n'en est pas moins trèscurieux de les étudier : ce sont après tout les dieux les plus originaux de Rome. Elle n'avait pas subi encore l'influence souveraine de la Grèce quand les jiontifes rédigèrent les Indifjitnvienio, et les débris qui nous restent de ces registres sacrés peuvent seuls nous faire connaître quelle idée les vieux Romains se faisaient de la Divinité et de quelle façon ils entendaient le sentiment religieux. Ce qui trappe d'abord, c'est devoir combien tous ces dieux sont peu vivants. On n'a pas pris la peine de leur faire une légende, ils n'ont pas d'histoire. Tout ce qu'on sait d'eux, c'est qu'il faut les prier à un certain moment et qu'ils peuvent alors rendre service. Ce moment passé, on les oublie. Ils ne possèdent pas de nom véritable ; celui qu'on leur donne ne les désigne pas eux-mêmes, il indique seulement les fonctions qu'ils remplissent. On a remarqué qu'ordinairement ce nom a la forme d'une épithète ; il e»t donc probable |u'il ne s'est pas toujours employé seul et
que ce n'était d'abord qu'un simple attribut. On en peut conclure avec beaucoup de vraisemblance que dans l'origine il qualifiait une divinité puissante, ou même la Divinité en général, le Père céleste, divus Pater ^ comme on l'appelait, entant qu'il borne son action à un effet spécial et limilé. Ainsi ce dieu Vaticanus et ce dieu Fabuiinus^ dont il vient d'être question, ne seraient autres que la Divinité même quand elle veut bien veiller aux premiers cris et aux premières paroles d'un enfant*. Les dieux n'étant pas en aussi grande quantité dans les premiers temps, il était nécessaire de donner à chacun d'eux des attributs plus nombreux. «Ces attributs furent exprimés, comme dans les litanies chrétiennes, par des épithètes, dont la liste plus ou moins longue, suivant l'importance du dieu, se déroulait à la suite de son nom. Comme chaque invocation faisait appel, non pas à toute la puissance du dieu, mais à une de ses facultés, l'épithète était, dans la pratique, beaucoup plus importante que le nom et fut employée isolément. Bientôt le souvenir de la relation qui existait primitivement entre le nom et ses qualifications se perdit et les dieux ouvrirent leurs rangs aux épithètes divinisées*. » Yoilà comment les attributs divers d'un même dieu finirent par être érigés en dieux indépendants. C'est au moment où ce changement s'accomplissait que les Indi g i lamenta furent rédigés; ils ont donc pour nous le grand intérêt de nous faire saisir le polythéisme romain en voie de formation; mais ils nous montrent aussi que c'est un polythéisme inachevé. Après avoir
1. On peut donc supposer que ces dieux s'appelaient véritablement: divus Pater Vaticanus, divus Pater Fahulmus. On retrouve en effet dans l'-s listes des Indigit ameuta quelques-unes de ces désigpaations complètes dans lesquelles le nom spécial du dieu se trouve joint comme épithète à celui de quelque grande divinité : Janus ComiviuSf Juno léUCina. — 1 Bouché-Lcclerc<i, Us Pontifetf p. i6.
créé tous ces dieux, Rome ne sut pas les faire vivre; ils restèrent vagues, indécis, flottants; ils ne sont jamais arrivés, comme ceux de la Grèce, à prendre des formes bien précises et des traits tout à fait distincts.
C'est, du reste, le caractère général de la religion romaine, et les dieux de Rome ont toujours un peu ressemblé à ceux des Indigitamenta. La dévotion de l'Italien était plus timide ou plus respectueuse que celle du Grec; il se tenait plus loin de ses dieux, il n'osait pas les aborder, il aurait craint de fixer sur eux ses regards. Si le Romain se voile la figure lorsqu'il accomplit quelque acte religieux, ce n'est pas seulement, comme le prétend Virgile S de peur d'avoir des distractions pendant qu'il prie, c'est surtout pour ne pas être exposé à voir le dieu qu'il invoque. Il sollicite sa présence, il veut le savoir près de lui, écoutant ses vœux pour les exaucer, mais il serait plein d'épouvante si son œil le rencontrait. « Garde-nous, dit Ovide dans la prière qu'il adresse à Paies, de voir les Dryades, ou le bain de Diane, ou Faunus quand il parcourt les champs au milieu du jour- »; et jusqu'à la fin du paganisme, le paysan romain eut grand'peur , quand il rentrait le soir chez lui, de trouver quelque Faune sur son chemin 3. Il résulte de cette timidité de l'Italien que, n'osant pas regarder ses dieux en face, il ne les voit que confusément. Ils n'ont pas pour lui des formes arrêtées, il se les représente par des symboles plutôt que par des images : ici c'est sous la forme d'une lance plantée en terre qu'on adore le dieu Mars, ailleurs u[ie simple pierre figure le grand Jupiter. Selon Varron, Rome est lestée 170 ans sans avoir de statues*; l'idée d'en placer dans ses temples lui vint de l'étranger : c'est pour imiter
1. /En., m, 405. — 2. Fast., iv, 761. — 3. Probut, Virg. Georg., 1, 10. — 4. Aug., De civ. Dei, iv, 31.
l'Étrurie qu'elle installa dans son Capitole ce Jupiter de bois peint, dont on rafraîchissait les couleurs la veille des fêtes pour qu'il y parût dans tout son éclat. Ces anciennes habitudes ne se sont même jamais tout à fait perdues ; elles se conservaient dans les campagnes, où les paysans honoraient les dieux en couvrant de bandelettes de vieux troncs d'arbres et en versant pieusement de l'huile sur des blocs de pierre *. A Rome même, tandis que tous les temples se remplissaient des chefs-d'œuvre de la Grèce, l'antique Vesta ne voulut pas permettre qu'on élevât aucune statue dans son sanctuaire : elle n'y était représentée que par ce feu sacré qui ne devait jamais s'éteindre •.
11 est donc probable que, si Rome n'avait pas connu la Grèce, l'anthropomorphisme se serait chez elle arrêté en route. Par lui-même, le Romain éprouve une sorte de répugnance à faire trop ouvertement de ses dieux des êtres comme nous; ce ne sont pas pour lui de véritables personnes, ayant tout à fait une existence individuelle, mais seulement des manifestations divines, numiyia, et ce nom par lequel il les désigne indique parfaitement l'idée qu'il s'en fait. Toutes les fois que la Divinité lui paraît se révéler de quelque façon dans le monde (et comme il est très-religieux, il croit la reconnaître partout), il note avec soin cette révélation nouvelle, lui donne un nom et lui rend un culte. Ces dieux qu'il crée ainsi à tout moment ne sont en réalité que des actes divins; et voilà pourquoi ils sont si nombreux. Aucun peuple n'a jamais possédé un Panthéon plus vaste, et l'on peut appliquer à l'Italie entière ces mots qu'un romancier de l'époque impériale prête à une femme de la Campanie : « Notre
1. Tibullc, I, 1, 10. Apulée. De mag., 56.-2. Ovide, FasU Ti, 295.
pavi? est si p<^iiplé de divinités, qu'il est beaucoup pliis facile d*y rencontrer un dieu qu'un homnie *» » C'est aussi la raison qui donna aux Romains pluâ qu'à toutes les autres nations de l'antiquité legoûtdeâ abstractions divinisées. Comme en réalité tous leurs dieux, même les plus grands, ne sont que des qualités ou des attributs divins *, et qu'ils ont toujours un peu conservé leur caractère abstrait, il n'est pas surprenant qu'on ait pris vite l'habitude d'introduire de simples abstractions dans leur compagnie. C'est un usage qui ne s'établit ordinairement dans les religions que lorsqu'elles sont vieille^; nous le trouvons à Rome dès les temps les plus reculés. Tullus Hostilius bâtit un temple à la Peur et à la râleur, et le Salut ou la Prospérité du peuple romain [Snlu'i pojmli romani) fut de bonne heure une divinité très-fétée. On en vint plus tard dans ce genre à des exagérations fort surprenantes : sous l'empire on rnidit un culte à toutes les vertus des empereurs, et l'on éleva des statues u à la Sécurité du siècle» et «à l'Indulgence du maitre'». Ces personnifications étranges, qui probablement ne seraient jamais venues à l'esprit d'un Grec, tenaient à la façon dont les Romains de tous les temps ont conçu la Divinité. Le polythéisme s'était formé chez eux par voie d'analyse abstraite, et non pas, comme en Grèce, par une sorte d'élan d'imagination et d'enthousiasme ; ils sont au fond restés fidèles à cette méthode, et jusqu'à la fin ils ont mis dans le ciel plutôt des abstractions que des êtres vivants.
1, Pétrone, Sat., 17. — 2. C'e?t ce qu indiqu? le nom qu'on leur donne : on les a[)pelle le Céleste {divus Pater, dea Dta), le Favorable {Faunus), le Riche (Dis), les Bons (Mânes), etc. — 3. Un ma-isiiil de Cilla se vante d'avoir élevé statuam œream SecurUalis .sœculi cum statua œrea Inciulgenliœ Âomini nostri (Renier, JmcriiA. de l Alg., nM836).
io GARâGTÊHë génëral
Le sentiment religieux chez les Romains. — Pourquoi Rome n'est pas devenue une théocratie. — Importance du culte. — Caractère minutieux et formaliste des pratiques. — La religion romaine se méfie de la dévotion. — Elle diminue le rôle du prêtre. — Elle cherche à calmer les âmes. — Façon dont les Romains comprennent les rapports de l'homme avec Dieu. — Efforts tentés par les théologiens romains pour rassurer les consciences et diminuer les scrupules. — Succès qu'obtinrent ces efforts.
Ce peuple timide, scrupuleux, effrayé, qui pour protéger l'homme éprouvait le besoin de l'entourer de dieux depuis sa naissance jusqu'à sa mort, qui avait un sentiment si profond de la Divinité, qu'il croyait la retrouver partout, semblait devoir être la proie de toutes les superstitions. Les Pères de l'Église ont comparé les institutions de Numa, avec leurs prescriptions multipliées et minutieuses, à la loi mosaïque'; les Romains qui se piquaient de les suivre à la lettre pouvaient être exposés à devenir tout à fait semblables aux Juifs, et l'on se demande comment chez une nation si dévote, l'autorité religieuse n'a pas fini par dominer toutes les autres. Ce qui les préserva de ce destin, ce fut leur sens politique. Jamais peuple n'a été préoccupé autant qu'eux de l'importance et des droits de l'État : ils lui ont tout sacrifié, Oeurs plus vieilles habitudes et leurs sentiments les plus chers. C'était chez eux une croyance générale que le mort devient dieu et protège les siens; pour qu'il fût plus rapproché de ceux qu'il devait secourir, on l'enterrait dans sa maison, dont il devenaitainsile bon génie. Unjour pourtant la loi ordonna, poui des raisons d'hygiène, qu'on n'ensevelirait plus personne