‹ La religion romaine d'Auguste aux AntoninsChapitre 70 sur 155 · B<}isgieu, Imcr. de Lyon, p. 24 et sq · texte numérisé non relu

B<}isgieu, Imcr. de Lyon, p. 24 et sq

Boi9sicn. — Relig^ou roaiaiQo. (^ 2b

37i LES RELIGIONS ÉTRANGÈRES.

quand le jour était venu, on grand concours de monde; les prêtres surtout y étaient nombreux. Dans le taurobole qui fut célébré à Die en 245, il en vint de toutes \e§ cités voisines*. Naturellement, le clergé de la Mère de« cKeux, avec ses prêtres des deux sexes, ses joueurs d* flûte, ses joueuses de tambour de divers rangs, n'avait garde d'y manquer ; mais il y venait encore des augures, ëes haruspices et des prêtres des autres divinités. Le* magistrats aussi y assistaient, car on y priait pour le saiut de l'empereur et pour la prospérité de la ville où le taurobole avait lieu. La fête durait quelquefois plusieur» jours ^. Les cérémonies étaient nombreuses et compliquées. L'urîe d'elles, mêlée peut-être d'initiations et de rites secrets, s'accomplissait au milieu de la nuit^. La plus importante de toutes était le sacrifice du taureau, qui avait donné son nom au taurobole, et dont le poète Prudence nous a fait un tableau saisissant*. Il nous dit qu'on creuse d'abord une fosse recouverte de planche» mal unies entre elles et percées de trous nombreux. Dans la fosse on fait entrer celui qui oflVe le taurobole et qui veut se purifier : il y descend vêtu d'une toge de soie, la tête chargée de bandelettes et portant une couronne d'or. L'animal est ensuite immolé par les sacrificateurs, et le sang qui s'échappe à flots de sa blessure se répand en bouillonnant sur le parquet. « Par les nombreuses ouvertures des planches pénètre la rosée sanglante. Le

1. Orelli, 2332. — 2. Tantôt cinq, tantôt quatre et tantôt troi» {fnscr. de Lyon, p. 33 et 36). — 3. Mesonyctium {Inscr. de Lyon , p. 24). Dans une inscription d'Athènes (Philologus, 2' suppl., 1863, p. 588), le taurobole est appelé 'ztnvr,. Il possède, comme tous les autres mystères, des symboles cachés, auv6ri|xaTa xpuTita- N'estce pas un de ces symboles qu'Héliogabale voulait connaître quand ileélébra le taurobole : Tauroboliatus est, ut typum eriperet? Laœpride, Héliog., 7. — 4. Prudence, Perist., x, 1011.

fidèle la reçoit pieusement, présentant la tête à toutes ces goutles qui tombent, les recueillant sur ses habits et sur son corps qu'elles inondent. Il se renverse en arrièr* pour qu'elles arrosent ses joues, ses mains, ses oreilles et ses yeux; il ouvre m^me la bouche et les boit avidement. » Il sort ensuite de la fosse, u horrible à voir », et tout le monde se précipite devant lui. On le salue, on m jette à ses pieds, on l'adore : il est purifié de ses fautes et (( régiincré pour l'éternité * ». Ce spectacle était fait pour frapper la foule; il devenait quelquefois plus imposant encore par le nombre de ceux qui se purifiaient ensemble. Le 10 des ides de décembre de l'an 24-î, les décurions de la ville de Lectoure offrirent un tauroboU « pour le salut de l'empereur Gordien, de sa femme, de toute la maison impériale et pour la prospérité de leur cité «. En même temps, et sur la même place, un homme et sept femmes de la ville firent des sacrifices particuliers avec des victimes qu'ils avaient fournies'. Le même prêtre prononça pour tous la formule et dirigea la cérémonie. Qu'on songe à l'impression que devaient produire sur des imaginations émues tous ces sacrifices accumulés. La fête se prolongeait encore après l'immolation des victimes. On recueillait les organes génitaux [vitres) des taureaux sacrifiés et on les apportait ailleurs en grande

1. Orelli, 2352 : m œtemum lenatus. Cette formule, qui n'apparaît que dans les dorniers temps, semble d'abord empruntée au <:iiristianisme; mais on la trouve déjà dans Apulée, Métam., xi, 21. D'autres fois l'effet du taurobolc était censé ne durer que vingt ans. Après cette période de temps, il fallait recommencer (Orelli, 2335,i. — 2. Voyez les tauroboles de Lectoure, dans les Mémoirrs des antiquaires de France, 1837, nouvelle série, t. III. On y voit positivement que tous ces tauroboles furent accomplis à la fois C'rsl ce qui ressort aussi de la ruinule suivantf^, qui y est employée deux fuis: Viator Sahini fil. vires tauii que propiie per tauropoliuvi puli{Uce) fac{lum) ieceral consacravit.

pompe. Ce devait être l'occasion d'une de ces processions magnifiques qui plaisaient tant à ces religions. Puis on élevait un monument appelé ot l'autel ou la pierre du taurobole », qu'on décorait debucranes, c'est-à-dire de bas-reliefs représentant des têtes de bœuf entrelacées par des guirlandes de fleurs, et la dédicace du monument était l'occasion de fêtes nouvelles. Telles étaient les cérémonies du taurobole, et ce baptême sanglant que If paganisme prétendait opposer à la fois au baptême chrétien qui purifie ceux qui le reçoivent et aux eîTets miraculeux du sang de Jésus-Christ qui, répandu pour les hommes, a régénéré l'humanité *.

Indépendamment de ces grands spectacles que donnaient au peuple les religions nouvelles, de ces expiations et de ces purifications solennelles qui calmaient les consciences inquiètes, elles avaient d'autres moyens de se mettre en crédit. Presque toutes s'appuyaient sur des corporations puissantes, groupées autour des temples, et qui ajoutaient par leur présence assidue à l'éclat des cérémonies. Les cultes égyptiens possédaient la corporation des pastophores, qui s'était introduite à Rome sous Sylla, celle des isiaci, celle des anubiaci. Les isiaques, répandus et populaires dans tout l'empire, se distinguaient par un costume particulier; le fidèle d'Isis, nous dit-on, était fier de sa tête rasée, de sa tunique de lin, et, quand il mourait, il voulait être enseveli avec elle ^ La Mère des dieux, outre son cortège ordinaire de prêtres mutilés, avait des congrégations de dévots qu'on

1. Pour comprendre combien cette prétention blessait les Chrétiens, il suffit de voir avec quelle énergie elle est combattue par Firmicus Malernus {Dt errore profanarum Tel., xxxvn, 8) : Polluit saiiguis iste, non redim.it, et per varias casus homines premit in mortem. MLseri tunt qui profusione sacrilegi sanguinis cruentantur, etc. — 2. Plut., De Is. et Osir., p. a52

appelait les dendrophores, les compagnons danseurs de Cybèle {sodales ballatores Cybelœ) et les religieux de la Grande Mère (retigiosi Maynœ Matris) * ; ceux de Bellone se nommaient les habitués du temple (fanât ici). Tous ces cultes, étant nouveaux, ne pouvaient pas invoquer pour eux les traditions et la coutume, qui sont si puissantes dan» les croyances; aussi seutaient-ils le besoin de se faire des partisans dévoués, fervents, prêts à tous les sacrifices. Ils employaient d'ordinaire un moyen efficace pour se les attacher : ils les engageaient au service de leur dieu par des initiations particulières. Presque toutes ces religions avaient leurs mystères, c'est-à-dire qu'indépendamment des cérémonies publiques, elles pratiquaient aussi des rites secrets, auxquels on 'î'ét^it admis qu'à de certaines conditions et après une série d'épreuves. Un connaît les mystères de Mitlira, qui prirent tant d'importance à la fin du paganisme; il y en avait aussi dans le culte de Bellone et dans celui de la Mère des dieux *. Les cultes égyptiens admettaient une série d'initiations successives; il fallait avoir passé par celles d'isis et d'Osiris pour devenir pustopbore.

Apulée nous donne, dans ses Métamorphoses ^ des détails très-curieux sur les mystères d'isis : c'est le récil le plus complet que l'antiquité nous ait laissé de cei cérémonies secrètes. 11 raconte que son héros Lucius, qui avait été l'objet d'une faveur spéciale de la déesse, brù« lait de se consacrer à son service ; il s'était logé dans >oa temple ; il ne quittait pas les prêtres, il prenait part a tous les exercices religieux ; il attendait avec impatience

î. Le rnot reUgtosus a ici le sens qu n « pris dans le ChrisUanisrne : il désigne des ^ens qui se distiri^'uentdes autres par certaine» pratiques pieuses. C'est dans le mènu'sens que rtriiploie Apu ée (l/el., XI. ItJ) : Tum omues populi inm leiujium quarn pro/aiù — t. Firrn. Mal., De errore prof, rel., x\in, i

qu'une révélation particulière vînt lui apprendre qu'il pouvait se faire initier. Quand le temps est enfin venu, le prêtre, entouré de fidèles, l'amène aux bains les plu» proches, et après avoir prié les dieux, il fait couler l'eau ào tous les côtés sur lui ^ : c'est une cérémonie que les Pères de l'Église ont quelquefois rapprochée du baptême. 11 le ramène ensuite au temple; « il lui donne ea secret quelques préceptes que la parole ne peut pas reproduire' », et lui commande de garder une abstinence sévère. Pendant dix jours, il doit ne pas boire de vin et ne manger de la chair d'aucun animal. Ce n'est qu'aprèa s'être ainsi préparé qu'il peut être admis aux mystères. L'initiation a lieu la nuit. Le prêtre, après avoir fait sortir tous les profanes, couvre Lucius d'un vêtement de lin qui n'a pas été porté, et le prenant par la main, il le conduit dans l'endroit le plus reculé du sanctuaire, a Vous me demanderez, lecteur studieux, dit l'auteur qui est en même temps le héros de l'aventure, ce qui fut dit, ce qui fut fait ensuite. Je le dirais si je pouvais le faire ; vous le sauriez s'il vous était permis de l'entendre ; mais ici la langue ne pourrait parler, ni l'oreille écouter sans crime. Je ne veux pourtant pas laisser sans quelque gatisfaction une curiosité dont le motif est religieux. Écoutez donc ce qui m'arriva et croyez à la vérité de ce que je vais dire. Je m'approchai des limites de la mort; après avoir foulé le seuil du royaume de Proserpine et m'être promené à travers tous les éléments, je m'en retournai. Au milieu de la nuit je vis le soleil resplendir d'une lumière éclatante; je m'approchai des dieux du ciel et delà terre, je les vis en face et je les adorai de près. J'ai tout dit, et quoique vous ayez entendu

i. Apul.. Met., XI, 23. — t. XI, 23 : ucreto mandatis quibusdam quùs voct meiiêra surU.

mes paroles, il est nécessaire que vous ne les sachiez pas. 9

Ces mots énigmatiques sont peut-être encore ce qm ■ous a été dit de plus clair sur les mystères. En les rapprochant des autres indiscrétions tort obscures que \eê écrivains anciens ont commises, on peut entrevoir la nature des secrets qu'on révélait aux initiés et la façon dont on les leur faisait connaître. La science a commis à ce sujet des erreurs de tout genre; elle a successivement trop accordé ou trop refusé aux mystères. Aujourd'hui elle est revenue de tous ces excès et se tient à leur égard dans une plus juste mesure. On ne peut plus prétendre, eomme faisait Lobeck, que c'étaient des exhibitions sans portée et sans conséquence, qui n'intéressaient le public que par le secret même qu'on imposait à ceux qui y étaient admis, et dont on n'a tant parlé que parce qu'il n'était permis d'en rien dire. On peut encore moins affirmer, comme on l'a fait souvent, qu'on y trouvait un enseignement complet et qu'il en est sorti toute une philosophie morale et toute une théologie monothéiste. Sans doute l'enseignement oral n'en était pas tout à fait banni, puisque Platon nous dit qu'on y apprenait « que la vie est un poste qui nous est assigné par les dieux et qu'il est défendu de le «quitter sans permission*». Il pouvait surtout trouver place dans ces entretiens de l'initié et du prêtre dont parle Apulée et où se tenaient des discours c que la parole ne peut pas reproduire ». Mais nous savons par les Pères de l'Église ce qui faisait la matière ordinaire de ces « discours sacrés », comme on les appelait : ils consistaient surtout dans le récit des aventure»* merveilleuses arrivées aux dieux'. Il est probable qu'on n'y racontait pas les légendes qui se répétaient partout '.

t. Plat., Phedon, p. 6«. — ï. Arnobe, v, 23

on n'aurait pas eu besoin de s'enfermer la nuit dans des sanctuaires secrets pour redire discrètement ce que tout Je monde savait. Celles qu'on réservait pour les mystères étaient moins connues et plus étranges *. Malgré leur bizarrerie, on ne prenait pas la peine de les expliquer. Plutarque nous dit formellement c qu'on n'y ajoutait aucun commentaire, qu'on n'en donnait aucune démonstration * ». Les initiés ne rapportaient donc de la cérémonie ni leçons précises, ni notions exactes. Aristote affirme que toute l'eflicacité des mystères consiste à donner certaines impressions et à mettre dans de certaines dispositions d âme ^ ; ces impressions étaient surtout l'effet des grands spectacles qu'on présentait aux initiés. Les paroles d'Apulée que je viens de citer, malgré leurs réticences calculées, ne laissent sur ce point aucun doute. L'initiation était vraiment un drame mystique, comme l'appelle un des Pères de l'Église * ; on y jouait les légendes sacrées, plus encore qu'on ne les racontait. Les dieux y étaient présents, figurés par leurs prêtres ; ils apparaissaient au bruit des instruments de musique, au chant des hymnes, à la lumière de ces mille (lambeaux dont l'éclat faisait penser « qu'on voyait le soleil resplendir au milieu de la nuit ». L'âme, émue par ces alternatives de silence et de bruit, de ténèbres et de lumière qui rendent l'illusion facile, croyait les voir et leur parler. Il était surtout question, dans tous ces spectacles, de ces problèmes de l'autre vie qui se posaient alors à tous les esprits et troublaient les plus résolus. « Il semblait par moments, nous dit Apulée, qu'on mettait le pied sur le seuil du royaume de Proserpine. » Cette per-

1. C'est de là que Clément d'Alexandrie a tiré les légendes qu'il raconte dans sa Cohortatio ad génies, et Arnobe celles qu'on trouve dans son SMivre. — 2. Plut., De defect. orac, p. 422. — 3. Sjr.csius, Orat., p. 4S. — 4. Clément d'AJex • Protrept., p. 12.

sistance de la vie, cette existence d'outre -tombe, sur laquelle les philosophes avaient tant de peine à s'entendre, les mystères ne l'enseignaient pas, ils la montraient. On sortait de ces spectacles grandioses non pas convaincu par des preuves irréfutables de la réalité des enfers, de la punition des méchants, de la félicité éternelle des justes, mais dans une disposition d'esprit qui ne permettait pas d'en douter. Ainsi tout ce que nous savons des mystères justifie le mot d'Aristote : Ils ne donnaient que des impressions, et j'ajoute qu'ils ne pouvaient pas donner autre chose. Les religions antiques n'ayant pas de croyances précises ni de dogmes formulés, aucun enseignement religieux et dogmatique n'était possible chez elles. Elles avaient ce caractère d'être entièrement subjectives. Chacun croyait des dieux ce qu'il voulait, chacun interprétait à sa façon les légendes qu'on racontait sur eux. Les plus dévots étaient ceux qui, par un elTort d'imagination, y voyaient davantage et en étaient ainsi plus édifiés. C'est dans ce sens qu'agissaient les mystères ; en surexcitant l'imagination par des récits et des spectacles, ils la rendaient capable de pénétrer davantage dans les mythes et de leur donner un sens plus profond. Ce travail était tellement individuel que chacun, nous dit Macrobe, devait garder pour lui l'interprétation qu'il leur donnait et ne pas la communiquer aux autres *.

Chaque initié profitait donc des mystères dans la mesure de son imagination et de sa sensibilité religieuse ; mais il est sûr que tous en éprouvaient une impression profonde. Après la cérémonie, on leur mettait une couronne de rayons sur la tête et un llambeau allumé dans la main, et on les livrait ainsi vêtus à l'admiration de la

i. Sat., I, 7, 18: Si quis illai adsequilur contineie mira cowcientiam tectas jubetur.

foule *. C'était presque un dieu que celui qui venait de converser avec les dieux, et d'être témoin des merveilles de l'autre vie. Il semblait échapper à sa nature mortelle. L'initiation était pour lui comme une mort volontaire •t une résurrection; il mourait à son passé, il renaissait i une vie nouvelle ^ € Un soleil nouveau, dit un poëte, semblait s'être levé pour lui ^. » Ces impressions pouvaient être fugitives dans une àme légère, mais une âme religieuse les gardait toujours. Apulée nous dit qu'après son initiation, il ne pouvait regarder la statue d'Isis sans être saisi d'une inexprimable volupté*. 11 a résumé tous ses sentiments dans une prière pleine de ferveur, et qui semble avoir par moments des accents chrétiens, a Sainte déesse, lui dit-il, toi qui conserves le genre humain et combles les mortels de bienfaits, ton cœur est pour les malheureux celui d'une tendre mère. Pas un jour, pas une heure ne se passe sans que tu nous donnes quelque faveur, sans qu'au milieu des orages de la vie tu nous tendes la main... On t'honore au ciel et sur la terre; c'est toi qui meus l'univers, qui donnes sa lumière au soleil, qui gouvernes le monde, qui foules aux pieds le Tartare. Les oiseaux qui volent dans le ciel, les bêtes féroces qui errent dans les montagnes, les reptiles qui rampent sur le sol, les monstres qui nagent dans la mer, tremblent devant toi. Mon esprit est trop pauvre pour chanter dignement tes louanges. Mes ressources sont trop faibles pour te faire les sacrifices que tu mérites. Je n'ai pas la voix assez puissante pour dire ce que je pense de ta grandeur, et aucune parole humaine, quand elle serait infatigable, n'y pourrait suffire. Tout ce que peut faire

1. Apul., Met., XI, 24. — 2. Apul., Mél., xi, 21. — 3. Val. Placcuâ {Argon., u, 441) dit en pariant des Argooaatea qui viennent d'être initiés : llli sMe novo tarfi plenique âeonun. — 4. xi, 24

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ND pauvre croyant comme moi, c'est de garder tes traits (rayés dans le secret de son âme, et de se représenter toujours dans son cœur l'image de ta divinité ^» Voilà les ientiments d'un récent initié; dans la suite, ces formules Tagues, énigmatiques, qu'ils répétaient en souvenir de leur initiation, ces symboles qu'on leur avait remis pour leur rappeler les serments qu'ils avaient faits et les spectacles auxquels ils avaient assisté, les plongeaient dans une sorte d'extase. Diodore prétend qu'ils devenaient plus justes et meilleurs en toute chose '. Ce qui est sûr, c'est qu'ils devaient vivre plus heureux, convaincus qu'après leur mort ils auraient une place dans ces lieux de délices qu'on leur avait fait entrevoir pendant la célébration des mystères, et o qu'ils passeraient véritablement l'éternité avec les dieux, j» Ils devaient être surtout plus pieux, plus fervents, plus attachés de cœur à ces divinités qui leur avaient accordé de si grandes faveurs et leur faisaient pour l'avenir de si belles promesses. S'il est vrai de prétendre que toutes ces religions nouvelles qui s'établirent à Rome à la fin de la république ou dans les premiers temps de l'empire avaient pour conséquence et pour but de surexciter la dévotion publique, il faut reconnaître que les mystères furent un des moyens les plus efficaces qu'elles aient employés pour y parvenir,

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