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CHAPITRE IX

La fin du piganisme.

Si la longue résistance du paganisme est due à la force considérable que donne une situation acquisp autant qu'aux tentatives qu'il fit pour se renouveler, son dernier effort fut surtout philosophique, Au m" siècle, pîotin et ses disciples, s'appuyant sur les traditions de Platon et d'Aristote auxquelles ils ajoutaient des éléments stoïciens, tentent, avec le néo-platonisme^ de fonder la religion sur la seule raison humaine. Le monde et Dieu sont nettement séparés. Dieu n'est accessible à l'homme que par l'état d'extase. Gelle-çi s'obtient par un rigoureux ascétisme. Mais, entre Dieu et Thomme, dans l'échelle des

êtres, existent une multitude d'intermédiaires, où rien n'empêche de reconnaître les anciens dieux. Ainsi « le polythéisme fut basé sur la philosophie, les mythes furent expliqués par elle, les rites conservés, les exercices religieux vivement conseillés par elle (1) ». Ce fut donc une sorte de conciliation entre le passé et l'avenir.

Avec, les successeurs de Plotin, Porphyre, puis Jamblique, le néo-platonisme versa de plus en plus vers les pratiques religieuses, puis il tomba dnns les superstitions populaires, et « perdit sa dignité philosophique (^) ». On sait pourtant qu'au iv^ siècle l'école d'Athènes était encore florissante eticomptait des maîtres et des disciples également illustres, tels que Libanius et Julien, le futur empereur. Celui-ci, dans sa tentative de restauration du paganisme, fournit l'exemple le plus frappant de cette union de la philosophie et de l'ancienne religion.

Il ne nous reste qu'à marquer les étapes de la reconnaissance officielle du christianisme jusqu'à l'abohtion des cultes païens (3).

Vers le milieu du iii^ siècle, le christianisme était devenu une puissance avec laquelle il fallait compter.

Gallien le premier, en 260, après la persécution de Valérien, reconnut aux chrétiens les droits de réunion et de propriété. C'était un grand pas pour l'Eglise que cette reconnaissance en droit d'un état de choses qui depuis longtemps existait en fait. Les persécutions de Galère et de Dioclétien ne firent que suspendrece droit. Constantin, par les édits de 311 (4),

(1) Chantepie de la Saussaye. — Manuel cVHist. des religio-ns, trad. franc., p. 664.

(2) IbU., p. 665.

(3j Beugnot. — Hist. de la deslmctiok du paganisme en Occident, Vms, 1835. Ghatel. — //zsf. de la destruction du paganisme dans Pempire d'Orient, Genève, 1850.

(4) Lactange. — De morte persec, 34. Eusèbe.- — Hist. ecd,, 8, 17.

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312 (1), 313 (2), le rétablit. Le dernier de ces èdits, daté de Milan, « le plus grand acte législatif que souverain ait jamais promulgué (3) », proclamait l'égalité de tous les cultes, la liberté la plus absolue. Si personnellement Constantin inclina de plus en plus vers le christianisme, il demeura, en somme, fidèle à cette politique.

Ses successeurs Constant et Constans attaquèrent au contraire o^jverlement l'ancien culte : ils firent fermer tous les temples et les sacrifices furent interdits sous peine de mort. La tentative de Julien po%r rendre sa vigueur au paganisme et l'organiser en y introduisant beaucoup d'emprunts faits à la hiérarchie et aux mœurs chrétiennes fut éphémère comme le règne de cet empereur.

Gratien le premier refusa le souverain pontificat, L'enlèvement définitif de la statue de la Victoire à laquelle les sénateurs, encore païens pour un grand nombre, avaient coutume d'offrir quelques grains d'encens avant d'entrer en séance est un épisode bien connu (4).

En 382 les biens des temples furent confisqués (5).

Le dernier tressaillement du paganisme officiel se produisit en 392-394^ sous le règne du rhéteur Eugène.

Théodose, maître de l'Orient depuis 387 et de tout l'Empire à la mort d'Eugène, puis ses successeurs Honorius et Arcadius (6), achevèrent la destruc-

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