‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 108 sur 417 · PluB haut, p · texte numérisé non relu

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S. Voir plus haut, p. 188.

mules portant qu'Indra a engendré le soleil, qu'il Ta fait monter dans le ciel et Vj a soutenu, se rencontrent assez souvent dans la description du combat qu'Indra livre pour s'emparer des eaux, I, 51, 4; 52. 8; H, 19, 3, cf. I, 100, 18; HI, 34, 8 et 9. Ailleurs encore, I, 55. 6, l'apparition de la lumière est mentionnée avec Tépanchement des eaux par Indra S

Mais ce n'est pas seulement le soleil qu'il fait briller, c'est aussi l'aurore, II, 21 , 4. Indra a engendré le soleil et l'aurore, m, 31, 15 ; 32, 8; il a fait briller les aurores et le soleil, m, 44, 2; cf. V, 37, 1; X, 111, 7; il a « ouvert» Tobscurité avec l'aurore et le soleil, I, 62, 5. Quelquefois il semble présider paisiblement à la succession des aurores et des nuits, Vin, 85, 1, et au lever quotidien du soleil, VI, 30, 2, cf. in, 49, 4. D'ordinaire, selon une conception plus conforme au caractère du dieu guerrier, il faut qu'Indra, pour faire briller Taurore, comme pour faire briller le soleÙ, brise la prison qui les retient tous les deux, VI, 17, 5 ; il faut qu'il « dérobe » les aurores avec le soleil, II, 20, 5. Nous re*trouverons cette conception dans le mythe des Àngiras, et nous verrons que la conquête des aurores par Indra peut passer pour un exploit aussi essentiel de ce dieu que la conquête des eaux célestes .

Les vaches qui figurent souvent dans une même formule ATecle soleil, I, 7, 3; H, 19, 3; m, 34, 9; VI, 17, 3; 32, 2; X, 138, 2, ou même à la fois avec le soleil et l'aurore, I, 62,5; n, 12, 7; VI, 17, 5, en tant que trouvées, conquises, délivrées, etc., par Indra, peuvent, comme nous l'avons fait remarquer déjà, représenter les aurores aussi bien que les ^nx. Le terme figuré ferait dans le second cas double emploi avec le terme propre.

C'est ainsi qu'au vers m, 31 , 4, où il est dit que les aurores, reconnaissant Indra, sont venues à sa rencontre, et que le dieu est devenu le maître des vaches, ces vaches ne difi'èrent vraisemblablement pas des aurores elles-mêmes. Les «vaches des nuits » qu'il fait apparaître, HI, 34, 3, sont peut-être aussi les vaches qui sortent de la nuit, c'est-à-dire les aurores 4ti*il fait briller au départ de la nuit, m, 30, 13, en chassant « les races noires » qui reviennent chaque jour, toujours les iûêmes,VI, 47, 21.

L'aurore est rapprochée du soleil comme « engendrée » avec lui par Indra, même dans des passages qui célèbrent en

^- Cf. plot haut, p. 189.

même temps la conqlAte des eaux par le même dieu, I, 32, 1 ; 2 et 4 ; YI, 30, 5 ; X, 138, 1 et 2. Ces passages nous montrent que les Rishis ne craignent pas de mêler dans la description des exploits dlndra Faction qu*il exerce sur les phénomènes distincts de l'orage et du lever du jour. Il suit de là que, dans d* autres passages cités plus haut, l'œuvre d'Indra faisant apparaître le soleil, quoique figurant dans une même formule avec la conquête des eaux, pourrait être entendue de Tapparition du soleil le matin, aussi bien que de sa réapparition après Forage.

 propos de l'action dlndra sur les phénomènes solaires, je ne puis passer sous silence un mythe qui semble, au premier abord, contradictoire avec la nature essentiellement lumineuse que j'attribue à Indra. Précisément dans lun des passages où la « rivière » céleste qu*Indra fait couler figure en même temps que Taurore, Indra nous apparaît comme l'ennemi de celle-ci ; il brise le char de l'aurore avec sa foudre, II, 15, 6. D'autres textes encore font mention de ce combat d'Indra contre l'aurore, X, 73, 6. Tremblante devant la foudre d'Indra, l'aurore a abandonné son char, X, 138, 5.

Ce serait faire fausse route que de chercher dans ce mjthe ridée d'un obscurcissement du ciel par les phénomènes de l'orage. L'obscurcissement du ciel dans l'orage est l'œuvre, non d'Indra, mais de son ennemi. Le détail de la « foudre » est sans importance. Il s'explique par la confusion fréquente des phénomènes de l'orage et du lever du jour représentés par les mêmes mythes, et particulièrement par l'habitude prise de donner la même arme à Indra dans tous ses combats. Le combat d'Indra contre l'aurore appartient au même ordre de mythes que le combat d'Indra « contre les dieux » dont il est rapproché dans l'hymne IV, 30. Nous verrons, dans la quatrième partie ^ que les dieux combattus par Indra sont des gardiens avares des trésors célestes qui, par opposition au dieu essentiellement libéral, offrent un caractère qui les assimile dans une certaine mesure aux démons. Aux vers 3- 6 de l'hymne IV, 30, on voit Indra leur «voler» le soleil pour le faire paraître aux regards des hommes *. Le combat contre l'aurore dont la description suit presque immédiatement aux vers 8-11, doit être également, si étrange que la

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