‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 121 sur 417 · Voircl-desius, p · texte numérisé non relu

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Jigarti est V « avaleur » qu'Indra <r avale», V, 29, 4, comme nous avons vu qu'il « enveloppe » Vritra ^ Tenveloppeur », et qu'il dévore le même Vritra ou Ahi *- Ce sont sans doute aussi les eaux ou les aurores qui avaient été « avalées », englouties, dérobées par Jigarti. Le nom d'Açna, désignant encore un démon frappé par Indra ^, II, 14, 5 ; 20, 5, a un sens analogue : il signifie « dévorant » ^.

Arbuda est un autre ennemi dlndra que ce dieu renverse, n, 11, 20 ;, 14, 4, qu'il écrase sous son pied, tout grand qu'il est, I, 51, 6, et sur lequel il conquiert des vaches, VIII, 3, 19, qui doivent être des animaux mythiques, puisqu'elles sont appelées en même temps les vaches de la montagne, c'est-adire sans doute, du nuage. Cette montagne ne diffère probablement pas du <( sommet ï> d'Arbuda, également conquis par Indra, VIII, 32, 3. Enfin le vers X, 67, 12, fait mention du « grand océan», en même temps qu'il représente Indra fendant la tète d'Arbuda. Ces détails suffiraient pour nous révéler dans Arbuda un démon, proche parent de Vritra et d'Ahi qui sont d'ailleurs nommés avec lui aux vers VIII, 3, 19 ; 32, 26; X, 67, 12, lors même que le sens propre de son nom ne serait pas, comme l'admet M. Roth («. v.) et comme il j a d'assez bonnes raisons de le croire, le même que celui d'aAt, c'est-à-dire « serpent ». Le trait du vers VIII, 32, 26 « Indra a tué Arbuda par le froid » confirme l'interprétation naturaliste de la légende d'Arbuda, mais est trop isolé dans le Aig-Veda pour qu'il y ait lieu de nous y arrêter.

Le nom d'Ahfçuva parait renfermer le nom même d'Ahi (qui se rencontre aussi avec Vt long). Il désigne en tout cas un personnage mythique, nommé en compagnie de différents démons, VIII, 32, 26, qu'Indra combat pour délivrer les eaux, ibid,, 2. D'après le vers VIII, 66, 2, cf. 1, c'est un des premiers ennemis que le dieu doit combattre en naissant et que sa mère lui nomme. Enfin le vers X, 144, 3 (cf. 4 où figure le nom même d'Ahî) paraît lui attribuer dans le mythe célèbre du vol du Soma par l'aigle un rôle analogue à celui de Eriçânu^, et plus généralement du gardien du breuvage

i. Voir plus haut, p. 205.

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