‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 120 sur 417 · I. Cf. m, p. 189 et snW · texte numérisé non relu

I. Cf. m, p. 189 et snW

S. Ces formules semblent personnifiées sous le nom de vandana (cf. III,. p. 18, note 1), en même temps que sons celui de ydtu^ an vers Vil, îl, 5.

20; 71, 1;85, 1; 83, 48; 91, 4; 97, 10; 104, 6; 110, 12 cf. X, 36,4; 76, 4, à Brihaspati, II, 23, 14; X, 103,4; 182, 3^

Cependant Indra est aussi invoqué contreeux, non seulement -en compagnie d'Agni, I, 21, 5 ; VII, 94, 12, ou de Soma,VII, 104, (en entier), mais aussi seul, I, 129, 11 ; 133, 2; 3 et 5; III, 30, 16 et 17; VI, 18. 10; 21, 7; 45, 18; VII, 21,5; X, 89, 14 ; 120, 4 ; 152, 3, cf. I, 129, 9. Indra, en eflfet, est, comme les autres dieux, l'ennemi de la tromperie et des trompeurs, I, 133, 1 et IV, 23. 7, et il n'est d'ailleurs pas impossible que le nom de rakshas au moins ait désigné à l'origine des démons analogues à ses ennemis ordinaires^ des « gar- -diens » avares * des trésors célestes.

D'autres noms, également communs à l'ennemi réel, humain, et au démon, sont ceux qui, comme ararivâmê, araruy arûvan, aràtit arâtivan^ arâdhas^, etc., signifient précisé-

1. Plus rarement à d^autres dieux, VII, 38, 7, aux Marais, I, 86,9; V, 4Î, 10, aux Açvina, VI, 63, 10; VII, 73, 4; VllI, 22, 18; 35, 16, cf. 90, % à Parjanya,''V, 83, 2, à Savitri, I, 35, 10, aux ildityas, VI, 62, 8, cf. 9; YIII, 18, 13; 47, 12 ; X, 132, 2. Au vers X, 97, 6, c'est le prêtre lui-mémo qui est appelé tueur de Ralubas.

2. Le nom de Rakshas est plusieurs fois rapproché des mots désignant Tayare (voir ci-après), I, 36, 15; VII, 1, 13; VIII, 49,10. Remarquons encore que les Rakshas et les YAtudhftnas sont des êtres ténébreux, VII, 104, 17- 18 et passim, que détruit le soleil, I, 191, 8.

3. Voir Grassmann, s. v. Un des noms les plus fréquents de Tennemi, art, a la même origine et vient, comme Tentend M. Roth [s. &.), de a privatif et de W, forme faible de la racine rd a donner ». Ainsi s'explique la déclinaison de ce mot qui fait au génitif singulier et à Taccusatif pluriel aryàb. (et même à Taccusatif singulier aryam^ au vers VIII, 33, 14 où se rencontre une construction parataciiqve assez fréquente dans le Aîg-Veda). Le mot sâ-rif désignant régulièrement Thomme riche qiti sacrifie et récompense dignement le prêtre, paraît être formé de la même manière avec la particule suet signifier proprement « qui donne bien », quoiqu'il suive dans sa déclinaison Tanalogie des thèmes en t (le mot ari lui-même fait au datif singulier araye, et à l'accusatif arim en même temps que aryam). Les deux mots art et mri semblent même intentionnellement opposés, Tun dans le sens d* c avare », l'autre dans le sens de « libéral »t au vers I, 73, 5 (cf. VII, 60, 11, où suri est remplacé par maghavan). On ne peut en tout cas négliger Topposition du mot ari et des mots ddçvâms, dadâçvdms dans difierenta passages, I, 81, 6; II, 8, 2; VIII, 24, 22, cf. I, 81, 9 ; IX, 23, 3, ni la combinaison fréquente du mot art avec le mot arâti, IV, 50, 11 ; VI, 16, 27 ; 48, 16 , 59, 8; VII, 83, 5; VIII, 39, 2; X, 133, 3, cf. IX, 79, 3, ni enfin la formule consacrée rdyo aryàh a les richesses de celui qui ne donne pas », IV, 4, 6, 48, i ; VI, 14, 3 ; 36, 5 ; cf. 47, 9. Ce sont ces richesses-là que les dieux distribuent aux sacrifiants plus généreux, à celui qui est, selon Texpression des vers I, 184, 1 et 185, 9, a plus libéral que celui qui ne donne pas », aryàh. sudâstarah. L*étymologie que nous adoptons pour le mot art dans le sens d' « ennemi » ne nous oblige pas d^ailleurs à supposer, comme le fait M. Roth, un homonyme d'origine différente pour expliquer les passages où Vm-i est un

meot c< avare », litt^alen^nt « qui, ne donne pas ». On verra qu'un des noms de l'avare, le mot j^ant, est devenu Tappellar tion mythique d*une troupe de démous combattus par Indra. Celui qui ne donne pas est, sur la terre, Thomme qui n'offre pas de sacrifices aux dieux, cf. I, 150, 1 et 2; V, 61, 6 ; YIII, 11, 3, ou qui ne récompense pas généreusement les prêtres, et dans le ciel, le démon qui retient la lumière et la pluie. Ainsi, répithète og^rînatoh, par exemple, jointe au nom de Dasyus, V, 7, 10, ne peut servir à déterminer s'il désigne des ennemis réels ou des ennemis mythiques.

§ m. AUTRES ENNEMIS D'INDRA

Dans un certain nombre de passages où les ennemis dlndra ne sont désignés, ni par les noms génériques de Vritras, de Dâsas ou de Dasyus, ni par aucun des autres noms auxquels nous devons consacrer une étude spéciale, des traits analogues à ceux qui ont été déjà relevés ne permettent pas de douter que ces ennemis soient des démons. Ainsi, ce sont certainement des être mythiques que le dieu combat « en naissant », Vin,85, 16; X, 113, 4 ; 120, l,cf. V, 32, 3 et Vni,45,4;66, 1-3.

C'en est un encore, qui était couché sur les eaux et qui s'était emparé des deux mondes, VIII, 6, 16 et 17, quand Indra l'a fait rentrer dans les ténèbres, cf. V, 32, 5, qui sont d'ailleurs son élément, et le milieu où il «croît », cf. ibid,, 6. Jeu dirai autant de celui qui « croissait » et allait atteindre le

pienx serritetir des dieux. En 6£fet, il faut remarquer que les personnages «mit désignés sont, non pas les sacrifiants^ mais les prêtres, les chantres, cf.I,9, 10; VI, 45, 33 et V1II,^83, 3 ; I, 186, 3 et VIII, 1, 22; I, U6, 6; li8, 9 et IV, 38, 2; I, 71, 3; 122, 14 et X, 148, 3, les c préposés » au sacrifice, Vl,S5, 7j ceux qui louent, non seulement les dieux, mais les riches qui les «nploient, comme leurs bienfaiteurs, V, S4, 9 ; VII, 64, 3; VIII, 19, 36 (cf. V. 33,6,011 le génitif ar^ah paraît être le régime du verbe passif, 3* pars, sing., *huhe). L*opposition déjà signalée des mots ari et suri se rencontre dans dei passages où le premier désigne les prêtres, le second désignant, soit les ticrifla&ls, VI, 25,7; 45, 33; VU, 92, 4 , cf. V,33, 6 et 8, soit les dieux, 1, 186, 3, <iui les récompensent. Je crois donc que le mot art a signifié par opposition i téri, non seulement « avare », mais « pauvre », et qu'il a pu désigner ceux ^si « ne donnent pas • parce que leur rôle est de « recevoir ». Peut-être aéine le composé dolt-U être considéré comme possessif, le second terme ri étant pris substantivement dans le sens de « richesse ». Ce serait alors le ■sas de « pauvre » qui aérait primitif, et le sens d* « avare » qui serait dérivé.

ciel, 1, 51 , 9, lorsque Indra Ta brise. C'est sans doute aussi par opposition aux démons voleurs des vaches, qu*on dit dlndra qu'il « ne retient pas les vaches », VIII, 24, 20.

Les animaux combattus par Indra sont certainement des êtres mythiques. Ils sont désignés quelquefois par le nom générique de mviga (animal sauvage), I, 80, 7 ; V, 29, 4; 32, 3, Nous connaissons déjà le nom d'Âhi, <c serpent », qui est rapproché au vers VIII, 82, 14, de celui de mviga. Vritra luimême est représenté comme un sanglier, I, 121, 11, cf. X, 28, 4; 99, 6. Signalons enfin le rôle démoniaque du a chien » '.

La plupart des noms propres désignant des ennemis vaincus par Indra paraissent être des noms de démons. Plusieurs ne se rencontrent qu'une fois, comme Anarçani, VIII, 32, 2, Ilîbiça, I, 33, 12. Dribhîka, II, 14, 3, Rudhikrâ, II, 14, 5, Sribinda, VIII, 32, 2, mais dans des énumérations (voir surtout II, 14, 2-6) comprenant des personnages dont la nature démoniaque ne fait l'objet d'aucun doute: Pipru, Çushtia, Vala, Namuci, etc.

Nous avons vu plus haut que l'hymne 1,32, au vers IX, fait mention de la mère de Vritra, et lui donne le nom de Dânu, signifiant <c torrent' », en même temps qu*il la compare à une vache. Nous avons rapproché de ce passage celui où Ahi est représenté couché sur Dânu », II, 12, 11, comme le démon en général est représenté couché sur les eaux qu'il enveloppe. Il nous reste à constater qu'un dérivé du mot dânu, le mot Dànava, est devenu le nom d'un démon qu'Indra doit vaincre. II, 11 , 10 ; V, 29, 4, pour délivrer les eaux, V, 32, 1 : il éUit étendu sur la mer céleste, V, 32, 8; mais Indra l'abat, ibid., 7, comme il abat Vritra quand ce fils de Dânu est renversé audessous de sa mère, I, 32, 9. U est d'autant plus naturel de regarder dànava comme un métronymique que le démon ainsi nommé est appelé en même temps le fils du nuage, V, 32, 4. Ce métronymique a pu d'ailleurs, comme il arrive souvent pour les patronymiques, être remplacé, soit au singulier, soit au pluriel, par le nom dont il est dérivé. De là, les formules où Indra est représenté brisant le Dânu, II, 11, 18^ triomphant des sept Dânus, X, 120, 6. Ailleurs, III, 30, 8, le

1 . Voir ci-dessous, et III, p. 60. Cf. les sdlâvrtka, X, 73, 3.

2. Le mot, dans ce sens, est ordinairement neutre; mais ii est aussi employé une fois au féminin pour désigner le torrent qui s^enfle dans le ciel et coule de là sur la terre, I, 54, 7.

3. Au vers IV, 30, 7, le mot dânu désigne peut-être le torrent conquis {âtiràh, cf. vers 3), la mère et non le fils.

démon a accompagné de pànu » rappelle encore le fils de DàQQ, le Dânu ou Dânava.

Dana, avons-nous dit, est une fois comparée à une vache, 1, 32, 9, et on sait, du reste, que la vache est la représentation ordinaire de la nuée et des eaux du ciel aussi bien que de Faurore. Or, l'un des noms de la vache est roAini, I, 62, 9 ; VIII, 82, 13, cf. VIII, 90, 13. Le nom de rauhim, donné à un ennemi d'Indra, qui envahit le ciel, II, 12, 12, et qui est rapproché d'Ahi, I, 103. 2, et de Vritra, A. V. XX, 128, 13, offre donc une grande analogie avec celui de dànava, Ç*est également un métronymique, désignant le démon en tant que fils de rélément femelle dont Indra fait sur lui la conquête, n n'est peut-être pas inutile de remarquer que le vers qui précède immédiatement, dans Thymne 11^ 12, celui où ce dieu est célébré comme vainqueur de Rauhina, fait précisément mentioii de Dânu, et nous montre Ahi couché sur Dànn. Cependant, le nom de rohini^ dont le sens étymologique est « rouge » , aurait mieux convenu à la vache*aurore qu*à la vache- nuée, et il n*est pas impossible, en effet, que, comme Agni, par exemple, avec qui il semble parfois confondu, le démon ait été appelé le fils de Taurore, aussi bien que le fils des eaux. Il faut d'ailleurs tenir compte aussi de la confusion fréquente des deux ordres de phénomènes, solaires et météorologiques.

La nuée est aussi une forteresse de Vritra. La forteresse nàrmini, que le vers I, 149, 3 nous montre embrasée par Agni, n'en diffère vraisemblablement pas, et quelles que soient la signification et Tétymologie de ce nom de nàrminî^ il parait assez naturel d'en rapprocher celui de Nârmara, désignant un ennemi d'Indra, II, 13, 8.

On se rappelle que Vritra est sans pieds et sans mains, 1, 32, 7 ; III, 30, 8, comme Agni caché ^ C'est probablement dans le même ordre d'idées que doit s'expliquer le ihot vyamsa. Ce mot signifierait « sans épaules » ou <( qui a les épaules disloquées » (cf. viparva, appliqué à Vritra, I, 187, 1). Dans l'hymne I, 32, au vers V, il semble n'être qu'une épithèiedé Vritra, cf. III, 34, 3. Mais ailleurs il paraît être employé comme nom propre, IV, 18, 9, particulièrement aux vers I, 101, 2 ; 1U3, 2; II, 14, 5, où il figure dans des énumérations de démons frappés par Indra.

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