‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 127 sur 417 · Voir I, p. VII · texte numérisé non relu

Voir I, p. VII

3. A moins que ces passages ne trahissent seulement le désir d'employer les rites les plus efficaces. Voir ci-après, p. 229.

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prévenir ses concurrents^ en commençant le sacrifice de grand matin. Le prêtre peut alors inviter hardiment Indra et Vâyu à négliger <c ceux qui dorment », I, 135, 7. Les dieux en effet n'aiment pas ceux qui dorment*, VIII, 2, 18, et c'est en « s'éveillant » qu'on atteint Indra, V, 30, 2. Il est dit en propres termes au vers II de l'hymne V, 77 aux Açvins : a D'autres que nous offrent le sacrifice, et le premier de deux sacrifiants est celui qui obtient le plus. » C'est sans doute dans la même pensée que l'auteur du vers VI, 41, 4 adresse à Indra ces paroles: « Le Soma pressé vaut mieux que celui qui ne l'est pas . » Mais le choix des rites n'est pas non plus indifférent et cause aux i4ryas védiques des préoccupations dont les hymnes portent souvent la trace, IV, 23, 1-5; 24, 1; VII, 29, 3, et passimK II importe surtout que le prêtre ait l'oreille du dieu, cf. IV, 23, 1; VI, 21, 4 : les Vasishthas ont autrefois attiré Indra de bien loin ; ils lui ont fait négliger la libation qui lui était offerte, et ont obtenu la préférence pour la leur, VII, 33, 2.

Cette conception de l'offrande comme un aliment ou un breuvage réellement consomitfé par les dieux fait en somme du sacrifice et de sa récompense un échange de bons offices entre la terre et le ciel. C'est toujours, sous une autre forme, l'idée que nous avons déjà vue exprimée au vers 1, 164,51 : « Les nuages récréent la terre ; les feux récréent le ciel. » Agni garde son rôle dans ce nouvel échange, quoiqu'il ne soit plus qu'un intermédiaire portant les offrandes aux dieux et la richesse à leurs adorateurs, VU, 9, 1.

Les offrandes elles-mêmes sont des richesses, les richesses terrestres, cf. III, 55, 22, qu'Indra recueille en même temps que les hommes recueillent ses bienfaits, X, 111, 10. Aussi la faveur du dieu paraît-elle souvent attendue, moins comme une récompense, que comme le payement d'une dette contractée par l'acceptation de l'offrande. Le sacrifice lui était dû sans doute : mais l'homme, en l'accomplissant, ne cesse pas seulement d'être son débiteur : il devient son créancier. Ajoutons bien vite que le crédit du dieu est considérable. «Il n'y a personne », s'écrie l'auteur de l'hymne VIII, 32(versXV et XVI), « qui dise : il ne donnera pas. Maintenant les prêtres, les préparateurs empressés du Soma ne

1. Quelquefois « celui qui dort » est purement et simplemeot Timpief VIII, S6, 3, cf. 1.53, 1; 120, 12.

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