‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 138 sur 417 · Cf. I, p · texte numérisé non relu

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comme les deux cuves, camu, VI, 57, 2, peuvent être les deux mondes ^ En tout cas le Soma qu'Indra boit dans les trois cuves ou coupes est, au vers 1, 32, 3, celui qu'il a conquis sur le démon Vritrà. Ce sont, aux vers VIII, 13, 18 ; 81, 21, les dieux qui ont fait dans les mêmes récipients un sacrifice en son honneur. C'est, d'après le vers II, 22, 1, cf. VI, 17, 11, le dieu Vishnu qui avait pressé le Soma qu'Indra y boit. Si les trois étangs de Soma qu'Indra absorbe à la fois sont appelés, au vers V, 29, 7, les trois étangs de Manus, Tintervention au vers suivant des dieux qui invoquent Indra montre bien qu'il s'agit là encore d'un sacrifice mythique.

Les dernières citations sont celles qui nous intéressent le plus ici. Elles nous montrent Indra, non seulement buvant le Soma dans le ciel, mais le buvant dans un sacrifice dont les prêtres sont des dieux. Au vers X, 103, 8, où le sacrifice qui marche en tête des dieux, vainqueurs sous la conduite d'In ■ dra, nous a paru être celui qu'ils célèbrent eux-mêmes, le premier élément de ce sacrifice est encore le Soma. On retrou- Tera le sacrifice céleste du Soma dans l'étude que nous consacrerons à différents dieux qui, de même que Vishnu, pressent le Soma pour Indra. La jeune fille qui, d'après le Ters VIII, 80, 1, a trouvé le Soma « dans un torrent » et l'a rapporté chez elle pour le sacrifier à Indra, ne peut être aussi qu'un personnage mythique comme le Soma qu'elle a trouvé. Nous l'assimilerons à la fille du Soleil, Sûryâ, qui presse aussi le Soma céleste. Rappelons encore les passages déjà cités ', où les Aishis supplient Indra de préférer leurs libations au Soma dont il s'enivre dans les difi'érents mondes, et particulièrement chez Vishnu, chez Trita -iptya et chez les Maruts. Les noms de Çaryanâvat, d'iirjîka et de Svarnara nous ont aussi semblé^ désigner des personnages mythiques chez lesquels Indra boit un Soma céleste. L'une des formules où ils figurent, Vni, 53, 11, parait formellement opposer ce Soma à celui qui est pressé chez les hommes, ibidy^ 10.

Il est temps d'en venir aux efi'ets du breuvage divin. En remplissant le ventre d'Indra, II, 11, 11, la liqueur du Soma, comme toutes les autres offrandes, « accroît » ce dieu, ibid.; Il 80, 1 ; II, 12, 14 ; VI, 38, 4 ; VH, 22, 7 ; VIII, 6, 21 ; 12,

i* Cf. I, p. 180.

20; 13, 16; IX, 46, 3; 63, 5 ; 106, 8, cf. II, 19, 1 ; III, 36, 3 ; VI, 19, 2 ; X, 96, 8 ; 104, 2. Indra s'accroît quand il a bu le Soma, HI, 40, 7; X, 55, 8; 113, 1, d'où lesépithètes êoma-vviddha^ mada-vviddha, « accru par le Soma » ou « par rivresse (du Soma) », qui lui sont données aux vers I, 52, 3 ; III, 39, 7 ; VI, 19, 5. La racine vridh garde bien dans les formules de ce genre son sens primitif d' « accroître* ». C'est ce que prouvent celles où il est dit, en termes plus explicites, que le Soma accroît la « force », VI, 44, 3 ; IX, 8, 1 ; X, 44, 2, le « corps », IX, 73, 2, d'Indra, « la force du corps dlndra », II, 36, 5, qu'il est la force mise depuis longtemps dans ses bras, ibid. Les torrents de la liqueur sacrée font croître Indra comme la pluie fait croître les moissons, X, 43, 7. Quand il a bu le Soma pressé parles pierres, Indra a s'accroît, s'étend et veut faire œuvre de mâle (ou de héros) », X, 94, 9, cf. IX, 108, 2. S'il dépasse tous les mondes, VIII, 81, 6 , c'est grâce à cet accroissement, ibid.^ 5, qui se renouvelle à chaque fois qu'il boit le Soma, III, 36, 1, cf. 2 ; 3 ; 4 ; 6. Dans le dernier passage cité, le poète insiste sur l'idée en répétant deux fois la racine vvidh sous deux formes différentes. Ailleurs la même idée est exprimée par la racine vaksh, uksh, IV, 23, 1 ; VI, 17, 4 ; VIII, 13, 7. Enfin il est dit encore de diverses autres manières qu'Indra doit sa force au Soma, VI, 41, 4 ; 43, 4 ; VIII, 4, 4 et 10; 13, 1 ; 45, 26 ; IX. 76, 2 ;X; 44,4; 50, 5; 116, 1 et passim. La force dont le <c ventre » d'Indra est « plein », VIII, 67, 7, est évidemment celle qu'il emprunte au breuvage divin. La comparaison suivante mérite d'être signalée, parce qu'elle rappelle la nature lumineuse et ignée de Soma, I, 84, 1 : « Le Soma a été pressé pour toi ; ô très puissant Indra, viens hardiment ; que la force (indriya) te remplisse comme le soleil remplit l'atmosphère de ses rayons ! » Rappelons encore les passages où les Somas, quoique essentiellement mâles, sont, en tant qu'offrandes, comparés à des vaches dont Indra serait le veau, IX, 13, 7, cf. 8; 68, 1, cf. 12, 2; 24, 2, parce qu'ils lui donnent la force, comme les vaches au veau qu'elles nourrissent. Citons enfin le vers X, 112, 4, d'après lequel Indra, quand il est ivre (de Soma), grandit jusqu'à ne pouvoir plus être contenu par les deux mondes, cf. III, 36, 4. Naturellement, l'action attribuée au Soma pressé par les

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