‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 141 sur 417 · Sur ces derniers noms, Toir pUs bas, section Y · texte numérisé non relu

Sur ces derniers noms, Toir pUs bas, section Y

trois coapes », c'est-à-dire, sans doute, dans les trois mondes qaMlabu le Soma dont l'ivresse le rend vainqueur d'Âhi. Ailleurs, II, 22, 1, le Soma « des trois coupes », qui enivre Indra pour qu'il accomplisse ses exploits, est expressément donné comme « pressé par Vishnu». Les dieux interviennent encore comme sacrificateurs aux vers V, 29, 7 et 8 où Indra est représenté buvant trois étangs de Soma « pour tuerVritra » . Enfin, d'après le vers I, 80, 2, c'est après avoir bu le Soma « apporté par l'aigle » qu'Indra a chassé Vritra des eaux du ciel.

L'idée que l'ivresse d'Indra est le principe de sa force se retrouve, sous une forme curieuse, dans les formules où, au lieu de demander directement au dieu la victoire, on lui demande son ivresse victorieuse dans les combats, I, 175, 2, cf. 5 ; VI, 19, 7, cf. 33, 1, l'ivresse avec laquelle il frappe le démon et délivre les eaux du ciel, VIII, 12, 1-3.

On connaît déjà^ les passages qui attribuent au Soma la vertu d'aiguiser la foudre d'Indra, VIII, 15, 7; 65, 9-, cf. VI, 41, 2; IX, 106, 3. Des formules plus intéressantes encore sont celles qui assimilant le Soma lui-même à la foudre dlndra,IX, 47, 3; 72,7; 77, 1, cf. V,48, 3; VI, 75, 15*. Cette conception a été étudiée dans la première partie '. Nous Tavons citée à l'appui de Tidentification du Soma céleste avec réclair, mais en faisant remarquer qu'elle comprend aussi ridée de l'action exercée sur Indra par le Soma qui lui est offert en sacrifice. L'auteur du vers I, 121, 12 déclare qu'il a forgé pour Indra la foudre, meurtrière de Vritra (ou des ennemis), que lui a autrefois donnée KâvyaUçanâ, et, pour ne pas nous laisser de doute sur la nature de cette foudre litur* gique, il l'appelle « enivrante », mandin. Au vers X, 144, 2, la foudre qui est chez les hommes, et qui donne l'ivresse *, ne diffère évidemment pas du Soma apporté par l'aigle dont il est question dans les vers suivants. L'épithète « enivrante » est encore donnée à la foudre au vers VIII, 85, 5. On « présente » à Indra la foudre, V, 32, 7, comme on lui présente le Soma, t6td.5. C'est encore par allusion à la foudre, et en assimilant le Somaà l'arme d'Indra, que l'auteur du vers X, 116> 4, Tin vite à faire couler, dans son ventre (cf. I, 104, 9 eipas-

i. Voir plus haut, p. 251.

S. Cf. encore la foudre « distribuée en divers lieux », X, 27^ 21.

4. Sur le nom de Kâvya qui lui est attribué, voir plus bas, section V..

sim) « le marteau de là liqueur pressée et offerte ». Il explique du reste lui-même sa pensée eu ajoutant au vers suivant: « Je te donne la force^ à toi qui es déjà fort. » Au lieu d'un marteauj c'est un crochet* ankuça , qui représente le Somafoudre, au vers X, 44, 9. Le chantre déclare qu'il présente à Indra un crochet bien fait, pour que le dieu l'emploie à détruire les démons, et dans le même vers, il Tinvite à boire le Soma qu'il lui offre, donnant ainsi lui-même, à côté de la formule mythique, l'explication de cette formule. Le Soma est donc appelé la foudre d'Indra, parce qu'il est l'instrument de ses victoires. Mais il ne faudrait pas réduire cette conception à la valeur d'une simple métaphore. Le Soma terrestre est identique par sa nature au Soma céleste, et celui-ci est réellement la foudre d'Indra quand il représente l'éclair. La foudre qu'au vers V, 48, 3, un personnage anonyme « fait couler au moyen des pierres » sur le démon, est bien la foudre réelle, si, comme il est vraisemblable, ce personnage n'est autre qu'Indra. En tout cas, c'est bienindra qui « découvre», au vers III, 44, 5, une foudre « pressée par les pierres », laquelle ne peut être que le Soma-éclair*. Les vaches compagnes d'Indra, I, 84, 10 et 11 , qui « cuisent » * pour lui le Soma et lui envoient la foudre, sont les eaux célestes, et le Soma qu^elles cuisent ne diffère pas de la foudre dont elles arment le dieu. Au vers VlU, 89, 9 encore, ce sont, à ce qu'il semble, les eaux du ciel qui présentent a comme une offrande» à Indra la foudre « qui était gisante dans la mer» et «couverte d'eau». En somme, le breuvage et la foudre d'Indra ne font qu'un. Les /ïishis ont pu prendre leurs formules à la lettre quand ils se vantaient de mettre la foudre dans les mains d'Indra, cf. I, 63, 2, et il est permis en revanche d'expliquer par une allusion au sacrifice céleste l'application des mêmes formules aux dieux alliés d'Indra, 11,20, 8. La foudre, qu'on appelle Soma , n'est pas d'ailleurs un éclair sans tonnerre : « Soma, le breuvage d'Indra, est devenu la foudre qui acquiert mille biens, (juand son hymne retentit », IX, 47, 3^ De même qu'il met la foudre dans les mains d'Indra, l6 prêtre attelle aussi ses chevaux, I, 82, 1-6 ; III, 35, 2 ; 50,

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