Voir I, p. 279, en note* i. Voir plus haut, p
3. La même chose est dite d*Indra et Agni, III, 12, i, des Açvins, YIII, 5. 9; 42, 4.
4. Cf. vif>ra-Jûta, autre épithète d*Indra, I, 3, 5, (. Voir plus haut, p. 328.
6. La même comparaison est appliquée à d'autres dieux, IV, l;3; WUU •4,5.
7. Désignées par le terme d* « attelages des hommes ». Voir, p. 283.
8. Pûshan est aussi attelé comme un char à la prière, VI, 53, 1 . Le prêtre attelle les AçTÎns à son invocation, VI, 63, 4.
la prière ^», comme nno autre épithète quMls reçoivent également, l/rahma-yuj, VIII, 2, 27 ; 17, 2, cf. I, 177, 2; VIII, 1, 24, où le mot signifiant « parole » est remplacé par un terme plus précis signifiant « prière » . L'auteur du vers III, !35,4, insiste sur le sens de cette épithète en disant : « J'attelle avec la prière tes deux Haris qu'attelle la prière, » cf. VII, 23, 3, et l'épithète vaco-yuj est aussi développée au vers VIII, 87, 9, dans cette formule : « Ils attellent avec le chant au char d'Indra.. « les deux Haris qu'attelle la parole ». Ail* leurs, VIII, 45, 39, le prêtre se vante de « saisir » et, par conséquent, de diriger à son gré les ' deux Haris attelés par la parole. Au vers I, 61, 16, les prières elles-mêmes reçoivent répithète hâriyojana^j « servant à atteler les Haris d, rappelant le nom de yojana, « instrument pour atteler », qui leur est donné au vers VIII, 79, 3, et la formule du vers I, 26, 13 : « Gotama, ô Indra, t'a fait cette prière nouvelle, à toi le dieu ancien, pour atteler tes Haris, liariyojanàya. u
La figure qui fait de la prière « un cocher » dlndra me semble combinée avec celle qui en fait une arme du dieu dans rhymne X, 102.
M. Grassmann a complètement méconnu le caractère mythique et le style intentionnellement énigmatique de ce curieux morceau. Il en fait un a chant de triomphe après le combat ». Un guerrier nommé Mudgala aurait remporte une victoire en compagnie de son épouse Mudgalânî, sur un char traîné par un taureau. Voilà déjà des détails assez inattendus. Mais que dire de ces traits du vers V : « Us ont fait uriner le taureau au milieu du combat, » et du vers X : <( On ne lui donne ni herbe à manger ni eau à boire », et a II dirige »? Ce n*est pas tout encore. Si, au vers VI, nous laissons au mot nishpad son seul sens connu, nous trouve*^ rons que les excréments de l'animal attelé au char « tombent surMudgalànî », cette femme de Mudgala qui aurait accom* pagné son époux au combat. Mais le passage décisif est le vers X, dont nous n*avons encore cité qu'une partie, celle dont M. Grassmann lui-même n'a pas essayé d'atténuer la
1. J'interprète de même répithète mano-yuj a attelé par la peniée », appliquée aaz chevaux d'Agni, I, 14, 6, de Vàyu, IV, 48, 4, cf. I, 61^ 10, desAçYins, Y, 75, 6, et au char de ces derniers dieux, VIII, 5, i (cf. VIII, 18, 26; IX, 100, 3). Il est dit encore du même char, aux vers VI, 49, 5; VII, 69, 2, qa*il est attelé par la pensée, et Tauteur du vers VIII, 5, 34 lui donne l'épithète ^mugàyast « qui obéit aux chants ».
2. Si on admet la correction dont il a été déjà question plus haut, p. 255.
bizarrerie. Ici, nous n'avons pas seulement à signaler un lan* gage énigmatique : nous trouvons une énigme, formellement proposée comme telle : « Qui a vu cela? » Et quel est le paradoxe, faisant le fond de toute énigme, que le poète an» DODce ainsi : « Celui qu'ils attellent, ils le mettent dessus » (sur le char) ^ ; ils no lui apportent ni herbe ni eau ; placé au-dessus du joug, il traîne en dirigeant »? Ainsi, voilà un être qui ne mange, ni ne boit, et qui est tout ensemble attelé au char et monté sur ce char, attelage et cocher. Le para* doxe, d'ailleurs, n'est pas nouveau pour nous. Nous avons eu déjà Toccasion de citer cette formule^, de la rapprocher d'une formule analogue, I, 164, 3 ^ et de l'expliquer par une de ces combinaisons, chères aux /tisbis, de deux figures diffé^ rentes appliquées à un même personnage mythique. C'est ainsi encore que, au vers VI de notre hymne X, 102, le cocher d'Indra^ reçoit l'épithète keçin, éveillant l'idée d'un cheval a à la longue crinière ». C'est ainsi enfin que, au vers VIII, le taureau qui s'attelle lui-même au joug est représenté « portant l'aiguillon^ ». Agni, Soma, et les prêtres auxquels Agni et Soma servent de modèles, sont tour à tour des chevaux, des taureaux, ou, plus généralement, des attelages qui traiuent le char du sacrifice^, et des cochers qui le conduisent.
1. Cf. V, &6, g; 60, 2, et I, 35, 4 ; 183, 3; II, 12, 8; 23, 3.
4. C'ett sans doute Indra qui est désigné par le mot obscur kakardu : car c'est pour Indra que le taureau est attelé en même temps que pour son favori Mudgala. C'est sans doute aussi ludra qui est célébré au vers IV, et non le taureau qui traîne le char. L*épithëte mushkabhâra convient très bien à Indra qui est Mthasmmtuhka^ VI, 46, S, et il n*y aurait pas (Uns le J)ig-Veda d'antre exemple du mot bûhu dans le sens de « pied de (icTint ». Je fais de kûiam, non le sujet de eti, mais le régime de irimhnt : Cê n*eBt pan une a corne » qui brise, c*est un « sommet » qui est brisé. L*f étang » que boit Indra est, naturellement, un étang céleste.
5. AihiréviH. Il ne semble pas que ce mot puisse signifier, comme le îeatM. Grassmann, a obéissant à Taiguillon ». M. Ludwig parait chercher dans la forme ashirâvl un composé de vt « goûter » ; mais cette interprétation semble peu satisfaisante. Nout» devons, dans un hymne d*un tour aussi évidemment énigmatique, chercher les paradoxes, au lieu de les fuir.
6. C*est ce char qui reçoit, au vers I de notre hymne, Tépithête mithûkrita I fait de travers » (ou mUhûkrit « qui fait de travers (?) » }, cf. 1, 162, 20, T. Br., m, 7, 11, 5. Indra est prié d'aider le char du suppliant, même s*il est défectueux^ c*e8t-à-dire d*exaucer son sacrifice, même si quelque faute a été commise, dans Taccomplissement des rites. Le vers XII, diaprés lequel lodra triomphe, soit avec un allié mâle, soit avec un allié eunuque, fait pent-étre allusion à la même idée. Cf. encore la c mauvaise roue > du »er* XI.
Ea combinant les deux figures, les poètes védiques en font des chevaux ou des taureaux montés sur le char, ou des cochers attelés eux*mêmes au char qu'ils conduisent» et ils tirent de cette combinaison une énigme qu'ils proposent comme une merveille à expliquer : a Qui a vu cela? » Ici, ranimai dont il s'agit, puisqu'il ne mange ni ne boit, doit représenter Soma. Le trait du vers VIII, d'après lequel cet ft époux des vaches » (vers VU) « a pris des forces en voyant les vaches», convient aussi très bien au breuvage sacré: on se rappelle les nombreuses formules concernant les rapports de Soma avec les vaches. Dans le même vers, les épithètes kapardin^, cf. VI, 55, 2, et ashtràvin, ^, cf. VI, 53, 9, et 58, 2, données au taureau qui s'attelle lui-même, font songer à Pûshan, dont nous constaterons plus tard l'identification à Soma. Enfin, l'étroite relation du breuvage sacré avec la prière explique celle que notre hjmne établit entre le taureau et Mudgalânî.
C'est en effet cette Mudgalânî qui me paraît y représenter la prière. Eéjà dans l'hymne X, 86, nous avons cru reconnaître la prière dans le personnage d'Indrâni, qui recevait, outre ce nom, celui de Vrishâkapâyi^. Epouse d'Indra, elle était aussi l'épouse de l'ami d'Indra, du sacrificateur Vrisbâkapi représentant Soma. Or, le Mudgala de l'hymne X, 102* a tout l'air de n'être qu'une doublure de Vrishâkapî. Son nom, probablement identique au mot mudgara « marteau », désignerait le Soma comme arme d'Indra, en sorte que, au vers IX, le Soma serait représenté trois fois : par le taureau dont il a été question tout à l'heure, par la massue a compagnon de ce taureau », et par Mudgala lui-même qui, avec cette massue, a conquis dans le combat des milliers de vaches : les trois figures, au lieu d'être réunies dans une combinaison monstrueuse, auraient là donné naissance à trois êtres ou objets distincts, quoique représentant un seul et même être mythique. Mudgalânî serait donc elle-même une doublure de Vrishâkapâyî et représenterait, comme elle, la
1, Cette épithète ne saurait, en tout cas, convenir à un taureau réel. Le kapardin est nécessairement un prêtre portant la tresse de cheveux nommée kapm'da, cf. Vil, 83, 8, ou une divinité liturgique, ayant comme telle iei attributs des prêtres.