‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 197 sur 417 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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TU identifié au cheval du sacrifice reprosentant Soma, 1, 163, 3, est en même temps celui qui a attelé ce cheval, ibid. , 2. On peat donc croire^ quand on le voit tour à tour « entrétenant Varuna dans la mer », IX, 95, 4, et identifié à Varuna, VIII, 41, 6, que dans l'une et l'autre formule, Varuna représente aussi le Soma céleste S opposé peutêtre dans la première au Soma terrestre.

Le Soma préparé par Trita est destiné à Indra, VIII, 12, 16. Il est accompagné d'une prière, Vâl. 4, 1, comme celui des sacrificateurs mortels, et c'est ainsi que Trita, tout dieu qu'il est, en vient à se perdre dans la foule des protégés du dieu guerrier. Celui-ci a, pour lui, comme pour tant d autres, « fait sortir les vaches du sein d'Âhi », X, 48, 2. Ailleurs, c'est Brihaspati qui est invoqué par Trita, tombé dans une fosse, I; 105, 17, comme certains favoris des Açvins que nous étudierons plus tard. Bref, le personnage mythique représentant Âgni ou Soma semble parfois se réduire à celui d'un simple prêtre qui n'a sur les autres que l'avantage d'une ancienneté et d'une célébrité plus grandes, et auquel ceux-ci se comparent dans l'exercice de leurs fonctions sacrées, II, 34, 14.

Trita a un ennemi particulier, le fils de Tvashiri, Viçvarftpa, qu'Indra lui soumet, II, 11, 19. Ce fils de Tvashiri parait représenter aussi le Soma, maie un Soma prenant, comme il arrive souvent aux formes cachées, soit du breuvage, soit du feu, un caractère démoniaque ^.

Aux vers X, 8, 7-8, c'est Trita lui-même, Trita envoyé par Indra, indresliUah, qui combat le fils de Tvashiri, le frappe et lui tranche sans doute ses trois têtes comme le le fait Indra, ibid.y 9, et en tout cas, comme Indra, ibid.y délivre les vaches prisonnières. Ailleurs, nous lisons que Trita a, par la force du breuvage sacré, mis en pièces Vritra, 1, 187, 1. Les Maruts aident Trita combattant, VIII, 7, 24, comme nous verrons qu'ils aident Indra. Enfin Trita est si bieû connu pour briser les forteresses les plus solides, qu'on lai compare ceux qui accomplissent des exploits de ce genre, et non seulement les protégés d'Indra (et d'Agni), V, 86, 1 , mais Indra lui-même, I, 52, 5. On ne s'étonnera pas après cela que l'auteur du vers X, 120, 6, ne trouve rien de mieux

i. Voir ni, p. 130 et Buiv.

i. Voir ni, p. 63, note 1.

pour louer Indra que de l'appeler d'un nom qui n'est ailleurs appliqué qu'à Trita, le plus puissant i4ptya des ïïptyas.

Mais Trita, dans ses exploits guerriers, garde toujours son rôle de sacrificateur. Les armes qu'il dirige contre le fils de Tvash^ri, X, 8, 7-8, reçoivent l'épithète pitryâni « venant du père » ou « des pères )>. Dans le premier sens, cette épithète s'expliquerait par le commencement du vers 7 : Trita, tombé dans la fosse comme plus haut, a « cherché la prière du père suprême », c'est-à-dire apparemment la formule la plus efficace. Les armes du père qu'il emploie quand une fois il les « connaît » ne difi*éreraient pas de cette prière. La question d'ailleurs est de peu d'importance. Les armes « des pères », s'il faut entendre ainsi le mot en litige, seront aussi des prières, les prières des ancêtres. L'épithète jâmi « sœurs » convient également bien aux prières, sœurs entre elles , et soeurs des dieux *. Je traduirais donc hardiment l'expression jàmi bruvâna âyudhâni : a parlant, prononçant les armes sœurs ». Au vers X, 99, 6, l'ennemi de Trita est appelé le sanglier^, et c'est encore avec la prière, avec une prière à pointe de fer^, que le protégé d'Indra « accru de la force du dieu* », Ta frappé.

Ainsi Trita, qui était certainement un dieu, n'en est pas moins devenu un prêtre, favori d'Indra. C'est une raison de supposer que beaucoup de protégés du dieu guerrier peuvent bien n'être, comme lui, que des personnages mythiques. Cette hypothèse a été vérifiée déjà pour plusieurs d'entre eux. Nous croyons pouvoir la vérifier pour d'autres encore.

§ V. — Etaça.

L'idée première du mythe d'Etaça est très simple. Dans tous les textes qui en font mention, il s'agit d'une action, directe ou indirecte, exercée par Etaça sur le cours du soleil, et particulièrement sur le lever de cet astre. Ce qui est intéressant, c'est la double forme sous laquelle ils expriment cette action.

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