Voir plus haut, p
est la conquête, ou, selon l'expression des- vers I, 175, 4; VI, 31, 3, cf. IV, 30, 4, « le vol » du soleil, qu'Indra fait avancer, V, 29/ 9 et 10, ou est prié de faire avancer, IV, 16, 12, cf. I, 174, 5, dans l'espace visible. Il est permis de supposer que c'est aussi le soleil qui est désigné par le mot Viçvâyu « ce qui est commun à toutes les races » aux vers IV, 28, 2 et VI, 20,5, dans la formule « ce qui est commun à toutes les races a été dérobé au démon » ; dans les mêmes vers, en effet, nous lisons qu'Indra, avec Kutsa pour allié, a abaissé la roue da soleil qui était sur un plateau élevé (sans doute dans le monde invisible), qu'il a aidé son cocher Kutsa dans la conquête du soleil. Or, ce même mot Viçvâyu paraît remplacer le nom de Kutsa au vers X, 22, 14 : « Tu as frappé Çusbna pour Viçvâyu. » C'est ainsi que l'Agni céleste, et particulièrement l'Agni solaire est désigné par le nom de Vaiçvânara*. 11 se pourrait donc qu'au vers V, 29, 10, les deux exploits d'Indra, qui consistent l'un à lancer en avant la roue du soleil, l'autre à ouvrir l'espace à Kutsa pour qu'il y marche, n'en fissent en réalité qu'un seul. C'est sans doute aussi le soleil que Kutsa représente quand le dieu l'emmène en fouettant le coursier solaire Etaça^, VIII, 1,11.
Comme plusieurs protégés des Âçvins dans lesquels nous reconnaîtrons pareillement des personnifications du soleil ou ^ de l'éclair, Kutsa est, au vers I, 106, 6, plongé dans une fosse, d'où il appelle Indra à son secours ^.
Nous n'avons pas épuisé la série des traits variés dont se compose la figure complexe de Kutsa. Ce sacrificateur , ce compagnon qu'Indra protège et qu'il aime, I, 33, 14, devient quelquefois son ennemi. Il est vaincu par Indra, en compagnie d'i4yu et d'Atithigva, II, 14, 7; Vâl, 5, 2. Les vers 1,53, 10; VI, 18, 13, nomment même un personnage en faveur duquel Indra a remporté cette triple victoire : c'est le jeune roi Tûrvayâna. Cependant le caractère mythique de Kutsa et à'Ajn * est trop bien établi pour que la contradiction des passages qui les présentent comme des amis d'Indra et de ceux où ils figurent comme les ennemis du dieu guerrier puisse être expliquée historiquement, par les
t. Voir plus haut, p. 155.