‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 240 sur 417 · Voir III, p. 52. Cf. encore I, p · texte numérisé non relu

Voir III, p. 52. Cf. encore I, p

nifestent dans l'espace visible, sont appelées c' dignes du sa-, criflce», yajniya^ I, 6, 4, cf. 87, 5; VI, 48, 21, c'est peutêtre par opposition à leurs formes cachées, cf. I, 88, 5; VII, 58^ 5 ; 59, 7, sous lesquelles ils sont, dans une certaine mesure, assimilables à des démons. En tout cas, ces dernières sont désignées au vers VII, 56, 14 par Tépithète budhnyâq}xi leur est commune avec Ahi Budhnya <c le serpent du fond » , c'est-à-dire avec un personnage divin qui ne difiFère pas originairement du démon Âhi-Vritra ^. Le rapprochement mérite d'autant plus d'être pris en considération que les Maruts reçoivent en outre Tépithète ahibhânavâh « ayant l'éclat d'Ahi », I, 172, 1, et celle, plus significative encore, de ahimanyavah « ayant la colère d'Ahi », I, 64, 8 et 9.

C'est cette colère semi-démoniaque des Maruts qu'on cherche à détourner par plusieurs formules des hymnes qui leur sont adressés. Les Maruts sont des dieux irritables, VII, 56, 8, et terribles, VII, 58, 2, cf. II, 34, 1 ; V, 56, 2 et 3, qu'il faut apaiser, I, 171, 1; VII, 58, 5. Leur trait meurtrier, I, 172, 2; VII, 57, 4, cf. V, 55, 9, frappe les hommes et les troupeaux, VII, 56, 17. S'ils sont malgré cela les dieux des remèdes, II, 33, 13; V, 53, 14; VIII, 20, 23-26, c'est sans doute comme Rudra leur père, qui, tour à tour irrité et propice, guérit lui-même les maux qu'il a faits ^. Le mal peut venir d'eux, I, 39, 8, comme le bien, et s'ils ont des formes « amies », VII, 56, 10, ces formes sont opposées à d'autres dont le caractère est la « malveillance », ibid., 9.

En cela les Maruts se distinguent essentiellement de leur allié ordinaire, Indra. C'est naturellement sous leurs formes propices et visibles qu'ils concourent à ses exploits divins. Ils manifestent alors tout leur éclat, I, 165, 5, cf. II, 34, 13; ils sortent de l'obscurité, selon la formule déjà citée, sous la forme de nouveau-nés, X, 73, 1 et 2, cf. I, 6, 4; ils prennent une force « meurtrière des Vritras », VI, 48, 21. Mais sous leurs formes malveillantes, ils devaient devenir les ennemis du dieu exclusivement bienveillant. Sous leurs formes cachées, ils devaient se confondre, au moins passagèrement, avec les démons sur lesquels Indra conquiert les trésors

1. La même épitbète est appliquée aux formes que prennent les sacrificateurs mythiques en général, quand ils découvrent le feu, VI, 1, 4; mais aux vers I, 72, 3>4, ces formes quMls prennent sont, en outre, appelées des formes de Kudras, rudrlyd, ce qui assimile ces sacrificateurs aux Maruts.

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