Vrdhvo gandharvo adhi nàke asthdt
3. Cf. Soma cherchaat à conquérir sa troisième forme, IX, 96, 18 (voir le chapitre suivant).
4. Il n*j a pas à insister sur la correspondance textuelle de la formule avec calle qui, aa vers VI, 29, 3, est appliquée à Indra. Ce n^est pas là un trait caractéristique de la figure mythique dîndra.
5. Il D*y a aucune raison, surtout en Tabsence de particule copulative, poar oroire qu'il 8*agisee là d'une union a des eaux et du soleil ». M. Orassmann, qui adopte cette seconde construction, en part (Traduction du Rt^- Yeda) pour faire du Gandharva un arc-en-del! Des rapports évidents de rhymne avec les hymnes à Soma, pas un mot. Quoique évitant en général la polémique sur tout ce qui ne concerne pas le sens même des termes, j*ai cm devoir signaler cette explication comme un des exemples les plus curieux des fantaisies (le nom d*erreur8 conviendrait mal) que peut inspirer un système d^interprétation purement naturaliste.
6. Voir I, p. 190 et 191. Cf. aussi le cheval c se réunissant à sa troisième splendeur %, X, 56, 1; voir I, p. Vtk. Il peut être bon de remarquer que le terme venu, par lequel Soma-Gandharva est désigné au vers X, 123, 1 , a été appliqué au soleil> I, 83, 5.
Au vers 2, il reçoit l'épithète nabhojà^ « né du nuage », qui Tassimile au « Fils des eaux »^ et qui eu effet est donnée à Sema, précisément dans Thymne où il est identifié avec Apâm Napàt, X, 30, 9. Mais de même que dans cet hymne Soma Apâm Napât figurait en outre comme l'amant des eaux, nous voyons aussi au vers X, 123,5, le Gandharva présenté comme Tamant de TApsaras souriante dans le ciel suprême. En disant de cette Apsaras qu'elle le « porte » , le poète entend peut-être rappeler en même temps qu'elle est sa mère, et la suite du vers « il se meut dans les matrices de ce qui lui est cher, étant lui-même le bien-aimé », peut aussi s*entendre des eaux (au pluriel) considérées à la fois comme ses mères et comme ses amantes.
C'est sans doute sa qualité d'« amant » des eaux qui vaut au Soma célébré dans Thymne X, 123, sous le nom de Gandharva, cet autre nom de venu dont nous avons différé jusqu'ici l'explication. La racine ven, qui n'est autre que la racine van redoublée, signifie comme celle-ci « désirer, aimer». Le féminin vetiâ parait bien signifier « amante » dans l'expression somasya vend, I, 34, 2, qui, ainsi que nous le verrons plus tard \ doit désigner Sûryà, fiancée de Soma. C'est peutêtre Je même mot au pluriel qui désigne en plusieurs passages, IX, 64, 21 ; 73, 2, et particulièrement dans celui que nous avons rapproché de Thymne à Vena, IX, 85, 10 et 11, les prières, cf. X, 64, 2, dans leur rapport avec Soma, et nous avons vu que Soma était l'amant des prières*. Le nom d'à amant », si c*est le sens du mot vena dans notre hymne, lui aurait été donné à lui-même comme celui de jâra, qui exprime au vers 5 ses rapports avec l' Apsaras.
Nous reviendrons tout à l'heure sur « l'enveloppe de lumière», X, 123, 1, où Soma-Gandharva est renfermé à l'état de fœtus. Mais il faut remarquer dès maintenant qu'il fait sortir la vague de la mer, X, 123, 2, qu'il met en mouvement celles qui ont pour matrice Priçni', c'est-à-
1. Dans le chapitre do la troisième partie consacré aux Açyins.
2. Les prières, comme on le verra, sont aussi lea amantes des dieux eu général, et en particulier dlndra. Ainsi pourrait s'expliquer Temploi du féminin vend aux vers I, 56, 2 ; VIII, 89, 5, et Tapplication du nom de vena à Indra lui-même, I, 61, 14 ; VllI, 52, 1. Cette interprétation est surtout vraisemblable au vers VIII, 3, 18, uù Indra est comparé à un vena, en même temps qu'il reçoit la qualification de girvanas a qui aime les chants t .
3. Priçni représente le nuage. Voir dans la troisième partie le chapitre consacré aux Maruts.
dire encore les eaux, ibid. 1 . Dans l'hymne X, 30, aussi, Soma Apàm Napât était prié de donner les eaux (vers 4). On dit encore do Soma qu'il fait gonfler pour Manus, ou pour rhomme, la peau qui rafraîchit les dieux» IX, 74, 5, c'est-à-dire le nuage, qu'il donne la force aux eaux, IX, 68, 4, qu'il excite les rivières qui accroissent Toeil unique, autrement dit, le soleil, IX, 9, 4, que les rivières coulent pour lui, IX, 62, 27, qu'il soulève, IX, 35, 2, et qu'il accroît la mer, IX, 29, 3; 61, 15, qu'il fait couler le nuage, la mer (céleste), IX, 97, 21, qu'il commande à la pluie, IX, 74, 3, qu'il fait pleuvoir le ciel, IX, 96, 3, cf. IX, 8, 8, enfin qu'il ce fait » les eaux, IX, 96, 3. Nous voyons par là que ce fils des eaux pouvait aussi passer pour leur père, et, en effet, il est dit au vers I, 91, 22, qu'il a « engendré » les eaux.
Ces eaux qu'engendre Soma sont naturellement les eaux célestes, les eaux de la pluie qu'il fait couler. Selon une observation qui a été faite déjà à propos des rapports de Soma avec les prières, les formules qui le représentent mettant en mouvement à la fois la parole et les eaux, IX, Q:i, 26 et 26, cf. IX, 35, 2 et 5, qu'il précède, IX, 62, 25 et 26 ; 86, 12, cf. IX, 86, 45, semblent contenir une allusion à réclair qui précède la « voix » du tonnerre et la pluie, et qui peut à ce titre passer pour le père de l'une et de l'autre.
C^étaient aussi les eaux célestes qui, dans la plupart des formules précédentes, figuraient comme les mères de Soma. Cependant, en raison de l'identité des eaux et du Soma terrestre avec les éléments qui portent le même nom dans le ciel, les rapports conçus entre ceux«ci devaient nécessaire* ment être étendus à ceux-là. Et, en effet, nous avons vu au vers X, 30, 13, le nom d'Âpâ^ Napât donné au Soma en compagnie duquel les prêtres réels déposent les eaux sur le içazon sacré. Plusieurs des formules qui font de Soma l'époux ou l'amant des eaux pourraient être appliquées aussi bien au sacrifice terrestre qu'aux phénomènes météorologiques.
Enfin, les mêmes rapports ont pu être conçus, en raison de l'efficacité absolue attribuée au sacrifice, entre le Soma terrestre et les eaux célestes. Du Soma terrestre, aussi bien que du Soma céleste, on a pu dire qu'il commande à la pluie, ou qu'il engendre les eaux, et c'est peut-être ainsi qu'il faut entendre telle formule de ce genre que nous avons citée plus haut. Les eaux qui viennent à son appel ont pu passer aussi pour ses époases ou pour ses nourrices. On comprend d'ail-
leurs que l'usage du même terme pour désigner le Soma terrestre et le Soma céleste ne permette pas dans la plupart des cas de décider lequel des deux est mis en rapport avec les eaux du ciel. Cependant, il est permis de penser qu*au vers IX, 66, 13, les rivières qui coulent pour la joie des sacrificateurs quand Soma veut se revêtir de vaches, sont les rivières célestes qui viennent servir de vêtement au Soma terrestre : elles seraient elles-mêmes ces vaches dont il veut se revêtir, cf. IX, 2, 4 et 3. Au vers IX, 86, 8, si on l'entend en ce sens que Soma « poursuit » ou « atteint »^ les eaux, cf. IX, 96, 19, étant déjà lui-même dans les rivières, il est plus vraisemblable encore que le poète a en vue Taction exercée sur les eaux du ciel par le Soma uni aux eaux terrestres, qui, d'après le même vers, étant « sur le nombril de la terre », sert d*étai au ciel.