Plus bas, p
La famille de Ka»va est désignée dans les hymnes par le pluriel du nom de Kanva (passim), par l'expression fils de Kanva », I, 45, 5, et par le nom de Kânvâyanas, Vâl., 7, 4. Des individus de cette famille sont désignés par l'exprèssion « fils de Kanva », VIII, 8, 4 et 8, et par le patronymique kanva. Ce dernier est appliqué à Medhyàtihi, YIII, 2, 40, qui passe pour l'auteur de'plusieurs hymnes ou fragments d'hymnes, ainsi que son quasi-homonyme Medhâtithi qui ne diffère peut-être pas originairement de lui. Les deux noms, en tout cas, sont rapprochés de celui de Kanva, le second au vers VIII, 8, 20, dans une énumération de protégés des Açvins, le premier aux vers I, 36, 10 ; 11; 17, dans des énumérations des ancêtres qui ont les premiers allumé le feu. Peut-être le personnage de Medhyàtithi est-il purement mythique, comme celui de Kanva, quoique son nom, par sa signification étymologique « qui a un hôte (Agni) propre au sacrifice » S n'ait pu désigner directement qu'un prêtre du feu et non le feu lui-même. Quant à la race entière des EanvaSf il est dit d'elle, comme de toutes les familles de prêtres, qu'elle a accru Indra par ses hymnes, VIII, 6, 3 ; 21 ; 31, et qu'Indra fait avec elle un immense butin, VIII, 33, 3. Elle figure dans une comparaison, au vers VIII, 3, 16, à côté des Bhrigus, race essentiellement mythologique. C'est en somme, selon toute vraisemblance, une race réelle, mais dont les attaches mythiques ne sauraient être contestées, au moins, comme on va le voir^ dans la personne du chef même de la race, Kanva.
Kanva est compris en effet dans Ténumération déjà citée, l 139, 9, des ancêtres des hommes qui forment, dans la chaîne des êtres, l'anneau intermédiaire entre les hommes et les dieux. Nous venons de dire qu'il figure, avec Medhyàtithi et plusieurs autres» parmi les premiers prêtres qui aient allumé le feu, I, 36, 10 et 11 (cf. ibid, 8; 17 et 19). Au vers V, 41, 4, répithète kanva-hotri y a ayant pour sacrificateur Kanva », si elle est appliquée à Tri ta, peut s'entendre en ce sens que Kanva serait le prêtre d'une forme céleste d'Agni ou de Sonaa. Il est compté, dans le vers X, 150, 5, au nombre des protégés d'Agni, comme dans les vers Vàl., 1, 10; 2, 10, au nombre des protégés d'Indra. Son nom, comme ceux de
1. Si le composé doit, conformément à son accentuation sur le premier terme, être considéré comme possessif. Au contraire, a Thôte propre au sacrifice » serait Âgni lui-même.
plusieurs anciens sacrificateurs, a fourni une formule aux prêtres qui, pour gagner la faveur d'Indra, aiment à évoquer le souvenir d'un de ses favoris : ils espèrent être exaucés kanvavaly « comme l'a été Kanva », VIII, 6, Il ; Vâl., 4, 8*. Kanva a encore été protégé par les Maruts, VIII, 7, 18, cf. 1, 39, 7, et enfin par les Açvins, I, 47, 5 ; 112, 5 ; VIII, 5, 25 ; 8, 20.
D'après le vers X, 31, 11, Kanva passe pour le fils de Nrishad, et, en effet, il reçoit au vers I, 117, 8, le patronymique nârshada. Or, le mot nrishad, « établi parmi les hommes», est au vers IV, 40, 5, Tune des épithètes d'un personnage mystérieusement désigné, mais qui ne saurait être qu'Agni ou Soma*, et son synonyme nvi'S/iadvan est celle du sacrificateur qui siège au milieu des eaux, X, 46, 1, c està-dire d'Âpâm Napât. Mais, s'il semble permis de conclure de là que Kanva a été considéré comme le fils d'Agni ou de Soma, d'autres passages paraissent bien l'assimiler à Agni ou à Sema lui-même.
En effet, Agni est appelé au versX, 115, 5, non seulement l'ami des Kanvas, mais le plus Kanva des Kanvas, ou le Kania par excellence, kanvatama, épithète qui ne saurait convenir qu'au premier des Ka/ivas, cf. I, 48, 4, et qui rappelle l'épithète angtraslama donnée à Agni, ancêtre des Ângiras. De même Tépithète kaùva-înal, proprement « accompagné des Kanvas^ », appliquée à Soma, VIII, 2, 22, peut suggérer l'idée que Soma est le premier des Kanvas. Le Kanva « donné » par les Maruts, au vers 9 de l'hymne I, 39, pourrait donc être le Soma céleste*. Au vers 7 du même hymne, le Ka;iva effrayé qu'ils secourent rappelle le Kanva aveugle secouru par les Açvins, auquel nous arrivons enfin.
Nous lisons au vers VIII, 5, 23, que les Açvins ont secouru Kanva aveugle. Dans ce mythe même, Kanva peut être considéré comme un prêtre, ainsi que le montre le versl, 118,7. « Vous avez readula vue à Kanva aveugle, satisfaits que vous
1. Au vers VIII, 34, 1 t Viens, ô Indra! où t*appelle l'hymne de Kanva», rbymne de Kanva est peut-être la prière de Vancétre reproduite par sou descendant, à moins que celui-^ ne se désigne lui-même par ce nom qui, au pluriel, est celui de la race entière.