‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 288 sur 417 · Voir p. 495. Le mot kripa est lui-même devenu nom propre · texte numérisé non relu

Voir p. 495. Le mot kripa est lui-même devenu nom propre

Pour eu revenir au nom de krùhiia^ remarquons encore qu'un dérivé de ce nom , qu'on peut considérer comme un patronymique, krishniya, s'ajoute dans deux passages, 1, 116, 23; 117, 7, au nom d un autre protégé des Açvins, Vîçvaka. Celui-ci paraît surtout considéré comme un prêtre qui les loue, iWrf., et c'est le présent qu'ils lui font qui semble directement identifié à Soma. Les Âçvins, en effet, donnent à Viçvaka, I, 117, 7, répandent ou délivrent pour lui, X, 65, 12, font reparaître comme une tête de bétail perdue, I^ 116, 23, un Vishnâpû dont le nom signifie « qui se purifie chez Vishwu » * et désigne le Soma céleste préparé par ce dieu. Vishnâpû d'ailleurs est aussi considéré comme un protégé des Açvins, Vin, 75, 3 *, de même que Rebha est tantôt le présent de ces dieux, tantôt le rishi qu'ils protègent^. Mais je ne vois aucune raison de faire de lui, comme le veulent MM. Roth et Grassraann, un fils de Viçvaka Kvûhniya,

On retrouvera encore la qualification de « noir » çyâva, appliquée au vers I, 117, 24, au fils de celle dont l'époux est impuissant^. Ce fils reçoit en même temps le nom de hiranya" hasia « à la main d'or », et personne sans doute ne refusera de le reconnaître pour une personnification du soleil. Nous allons enfin voir le mythe du a noir » confondu avec celui de r « aveugle » dans la légende de Eanva.

L'importance du personnage de Kanva dans le /Îig-Veda dépasse de beaucoup celle du rôle particulier qu'il joue dans la légende des Açvins ; mais c'est dans cette légende que se rencontre le trait le plus saillant qui le caractérise en tant que héros mythologique, à savoir une cécité accidentelle et passagère.

Le mot kanva semble avoir gardé, jusqu'à présent, le secret de sa signification primitive. L'étymologie en est obscure. Il parait n'être employé que comme nom propre, et désigne l'ancêtre d*une famille de /Jishis à laquelle sont attribués un grand nombre d'hymnes du 7{ig-Veda, Mais M. Roth a déjà, et très justement, fait remarquer qu'il a dû être primitivement, comme celui d'Awgiras, un nom mythique qui a été transporté ensuite à une race humaine.

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