Ibid.y p. 20, note
Berg.aigne. La Religion wdiquc, II. «0
davantage : Mamatâ a pu personnifier le désir, et par suite la prière, cf. VI, 19, 2. Dirghatamas serait donc le fils de la prière.
Mais c'est le nom du fils lui-même qai est le plus clair, n signifie « qui a été plongé dans une longue obscurité ». Ce nom est la principale raison qui m*a déterminé à traiter ici da mythe de Dirghatamas. Car, si le personnage est un protégé des Âçvins dans Thymne I, 158, déjà cité, cf, VIII, 9, 10, ce n'est plus de la cécité, mais plutôt de la vieillesse ^ que ces divinités semblent le guérir, d'après le vers 6 : a Dirghatamas fils de Mamatâ, vieilli, dans le dixième âge, devient, lui, le prêtre, un cocher des eaux qui vorit à leur but. » On remarque aussi dans ce vers une allusion à la conquête des eaux du ciel et au voyage accompli sur ces eaux considérées comme des cavales, autant de traits qui conviennent à ]*Agni et au Soma célestes. Le dixième âge rappelle en outre le dixième jour du mythe de Rebha *. Ainsi, dans la légende des Açvins, le mythe de Dirghatamas ofi*re des traits qui lui sont communs avec plusieurs autres, mais non celui que son nom même pouvait nous faire attendre. En dehors de cette légende, nous trouvons un nouveau trait évidemment mythique et convenant très bien à un représentant d*Agni ou de Soma: « Les vaches ont nourri le fils de Mamatâ à leur mamelle même, » I, 152, 6; mais ce n*est toujours pas celui que nous cherchons* La mention expresse de la cécité de Dirghatamas ne se rencontre qu*au vers 3 de l'hymne I, 147, à Agni : Les « gardiens » de ce dieu ont sauvé du péril « le fils de Mamatâ aveugle » ; ils ont « vu » pour lui. Mais le nombre des passages où figure le nom de Dirghatamas est si restreint, qu*on peut considérer comme purement accidentelle l'omission du même trait dans la légende des Açvins.
s IV. ^ Personnages sauvés des eaux ou tirés d'une fosse.
On peut rapprocher les différents mythes dans lesquels le protégé des Açvins est tiré par eux d'une fosse, ou sauvé des eaux. La fosse et les eaux paraissent avoir à peu près la même signification mythique, et les personnages qui y étaient en-
1. Cf. le rajeanissement de Çyavâna, p. 481 3. Voir III, p. SO.
glontis» 8t que les Açvins ont sauvés, peuvent être aisément ramenés à des représentations del'Âgni ou du Soma céleste, c'est-à-dire, dans Tun et Tautre cas, du feu caché dans les eaux de la nuée ou dans le monde invisible. Nous différerons pourtant l'étude du personnage de Bhujyu et de ceux de Rebha et de Vandana, et nous les renverrons à la quatrième partie de ce livre*, pour rapprocher des dieux « souverains» et souvent malveillants, auxquels elle sera consacrée, le « méchant père 1» auteur des infortunes auxquelles les Açvins ont mis fin. Mais nous devions au moins signaler la ressemblance de ces mythes avec celui d'Atri et de Saptavadhri dont nous allons traiter immédiatement.
Les deux noms d'Atri et de Saptavadhri appartiennent peut-être à un seul et même personnage^. Le second, en effet, ne se rejicontre jamais qu*à côté dupremier. Ils désignenttout au moins des personnages équivalents, les héros d'un seul et même mythe.
Le mot sapla-vadhri parait signifier « qui a sept (chevaux) hongres » et être à peu près équivalent aux noms d'autres protégés des Açvins signifiant « qui a un mauvais cheval », «piéton», etc.^ Mais à part son nom même, le personnage de Saptavadhri n'a aucun rapport avec ceux qui figurent dans le mythe du cheval. Nous retiendrons seulement de ce nom le chiffre sept qui semble déjà trahir une conception mythique. Saptavadhri parait d'ailleurs directement identifié à Agni, en même temps qu il est appelé un rishi dans ce passage : V, 78, 5. a Ouvre-toi, ô arbre, comme le sein de celle qui va enfanter : écoutez mon appel, ô Açvins, et délivrez Saptavadhri *, 6. Pour le rishi Saptavadhri, effrayé et suppliant, ô Açvins ! par votre puissance mystérieuse, vous agitez larbreen deux sens opposés. » Le rishi enfermé dans le bois, et que les Açvins en font sortir, semble bien être un représentant du feu, et le mouvement de 1' « arbre» pourrait n'être autre que celui de Tarant mâle ^.
Le mot a^rî (pour ai^tri) signifie « dévorant » et s'annonce déjà par son étymologie comme un nom du feu. Il est d'ail-