Voir plus haut, p
2. Cette explication diffère à peine de la précédente, le Gandhanra étant lui-même une des formes du personnage mythique du Père. (Voir III, p. 64.,
est une flUe qui avait vieilli dans la demeure de son père et à laquelle les Açvins ont donné un époux, I, 117, 7. C'est elle qui invoque le couple divin, X, 40, 5, cf. I, 122, 5, et qui paraît assimilée à un rishi, à tel point que TAnukramanî lui attribue les hymnes X, 39 et 40. Je ne puis, du reste, prendre au sérieux cette attribution. U est vrai que deux vers de ces hymnes, X, 39, 6 et X, 40, 5, sont mis, le second dans la bouche de Ghoshâ qui y prei^d le titre de fille de roi, le premier dans celui d'un personnage féminin que la mention de la vieille fille, au vers 3 du même hymne, permet d'identifier à Ghoshâ. Mais, si Ton remarque que les poètes védiques se comparent à de vieilles filles dans Tattente du dieu qu ils invoquent, H, 17, 7, quand ils croient être dédaignés par lui, cf. VIII, 21, 15, on ne s'étonnera pas que l'auteur d'un hymne aux Âçvins, venant à mentionner parmi les autres mythes qui composent leur légende celui de Ghoshâ, la vieille fille, la mette en scène et la fasse parler à sa place. On s'en étonnera moins encore après avoir remarqué que Ghoshâ, dont le nom vient de la racine (^AttôA «proclamer, célébrer», n'est sans doute autre à l'origine que la prière elle-même. Nous savons que les prières sont considérées comme les épouses du dieu qui les exauce ^ La prière que le dieu dédaigne est une fille qui vieillit dans la demeure de son père, le poète ou le sacrifiant. Grâce à l'intervention des Açvins, l'union s'accomplit enfin. Il va sans dire que le mythe peut symboliser en même temps l'union de la femelle céleste, prototype de la prière, longtemps cachée dans la demeure du Père, et unie enfin a une forme quelconque d'Âgni ou de Soma.
Mentionnons encore pour mémoire deux autres protégées des Açvins, dont nous ne pouvons savoir si ces dieux leur donnent un fils, comme à la fem9ie de l'impuissant, ou s'ils leur donnent un époux, comme à Ghoshâ. Leurs noms sont Jahnâvi ^ et Subharâ. Il est dit de la première qu'elle donne aux Açvins leur part (du sacrifice) trois fois le jour, I, 116, 19, et que son amitié avec eux est ancienne, III, 58, 6. Quant à Subharâ^, dont le nom parait signifier « qui a, qui ofire,