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si l'on veut se rendre un compte exact de l'idée que les Ifishis pouvaient attacher au mythe de Sûryâ.
Savitri, comme on le verra*, a une sorte de doublure, Tvash/ri, qui a seule gardé le caractère équivoque, semi-démoniaque, inhérent au personnage du Père dont Savitri ne représente plus que la face bienveillante et proprement divine. Il paraîtra donc naturel de rapprocher le mariage de Sûryâ, fille de Savitri, du mariage de la fille de Tvashfri. Ce dernier ne donne pas réellement sa fille. Le commencement du vers X, 17, 1 peut s'entendre en ce sens qu'il l'épouse lui-même ^. En tout cas Saranvû reste cachée aux mortels, et c'est seulement sa « pareille » qui est livrée à Viv^asvat, représentant sans doute le feu du sacrifice ^. Sûryâ aussi a dû être d'abord cachée, ou en d'autres termes, prisonnière : car la fiancée mortelle, son image, doit être délivrée des liens de Varuna *, dans lesquels Savitri la retenait enchaînée, X, 85. 24, cf. 25. Ici Savitri semble assumer un instant, et par exception, le rôle ordinairement réservé à Tvash/ri ^. Mais nous voyons par les vers X, 85, 13, que c'est lui-même qui a délivré, a lâché » Sûryâ. Les autres dieux, tous les dieux, les viçve devâh, les mêmes, sans doute^ qui avaient caché la fille de Tvash/ri, X, 17, 2, ont consenti au mariage de Sûryâ, ont accordé aux Açvins la demande qu'ils venaient faire en qualité de paranymphes, X, 85, 14, cf. A. V., XII, 1 , 24. Ces rapprochements montrent bien que la fille de Saviiri ne difi'ère de celle de Tvash^ri que comme la femelle qui se manifeste dans l'espace visible difi'ère de la femelle cachée.
Ajoutons que Sûryâ n'est probablement que le nom le plus célèbre de la femelle que nous avons vue désignée dans les hymnes aux Açvins par les noms divers à^ûrjdnt^ de vàjini, de jenyâ^. Uûrjâni monte sur le char des Açvins comme Sûryâ, I, 119, 2. La « femme » qui monte sur le char des Açvins au vers VIII, 8, 10 est sans doute Sûryâ elle-même: or, les Açvins reçoivent dans le même vers l'épithète vâjini'Vasû a qui ont pour richesse la vâjini ». Autre rapprochement non moins significatif : l'épithète sûryâ-vasù,
. 1. III, p. 40.