Voir plus haut, p
Vn, 68, 3, en regard de vâjinUvam et de jenyâ-vam \ Les hjmDes ne nomment pas toujours la ce fiancée » qui accompagne les Açvins, Vil, 69, 3, et qui est parfois considérée comme leur propre épouse, X, 39, 11. Mais on voit par le vers 8 de l'hymne VIII, 29, où les principaux dieux védiques sont, sans être nommés, désignés par leurs attributs essentiels, que le propre des Açvins est de voyager, portés par des oiseaux, d'être deux, et d'avoir avec eux un personnage féminin qui, vraisemblablement, est toujours le même sous des noms divers ^.
Or, à la série des épithètes composées dont le dernier terme est vasu, il faut joindre vi&palâ-vam, I, 182, 1, dont le premier terme, viçpalâ « la reine», doit désigner encore un personnage originairement identique à Sûryâ. Viçpalâ est du reste devenue Théroïne d'un mythe distinct. C'est une guerrière, et dans le combat qu'elle a livré, I, 112, 10; 116, 15, elle a perdu une jambe que les Açvins ont remplacée par une jambe de fer, cf. I, 117, 11, pour lui permettre de reprendre sa course, I, 116, 15; X, 39, 8. La Viçpalâ privée d'une jambe rappelle la vache boiteuse de la légende des Aibhus ^. C'est toujours la femelle devenue immobile dans le monde invisible, mais qui se remet en marche, c'est-à-dire qui se manifeste, comme Sûryâ elle-même. Celle-ci, d'ailleurs, si elle n'a pas été blessée comme Viçpalâ, figure du moins au vers 1, 1 16, 17, sous lenona de fille du soleil, comme une guerrière « victorieuse ». Ajoutons que l'accident de Viçpalâ lui était arrivé pendant la nuit, 1, 116, 15, et que c'est aussi pendant la nuit, c'est-à-dire, avant le lever du jour, à la fin de la nuit, que la fille du soleil a « choisi la beauté des Açvins », VII, 69, 4.
Ce dernier trait, joint au nom même de fille du soleil, suggère assez naturellement l'idée que Sûryâ, et par suite aussi Viçpalâ représentent l'aurore, reine ou maîtresse du monde, VII, 75, 4, et guerrière, I, 92, 1 ; 123, 2 ; VI, 64, 3, comme Viçpalâ, et, comme Sûryâ, séduite par la beauté des Açvins, I, 46, 14. Quant à l'époux de Sûryâ, celui auquel les Açvins la livrent quand ils ne la gardent pas pour eux-mêmes, ce pourrait être le Soma-soleil. Au point où nous en sommes
i. Voir plus haut, p. 444.
2. Ne seraient ce pas les Aevins que le vers X, 114, 3 représenterait comme Jeux oiseaux (cf. p. 443), en compagnie d*une jeune femme aux quatre tresses? (Cf. les quatre formes de la parole sacrés, I, 164, 45.)