‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 343 sur 417 · SECTION V LES ARCHERS · texte numérisé non relu

SECTION V LES ARCHERS

A. — KillÇilNU

Le mythe de la descente du Soma céleste apporte par un aigle qui n*est autre originairement que le Soma lui-même, i^ppartient par un de ses détails à notre sujet. Je veux parler de l'archer qui lance une flèche à l'aigle au moment où celui-ci dérobe la liqueur sacrée. Cet archer, nommé Kriçàna aux vers IV, 27, 3 et IX, 77, 2, est invoqué au vers X, 64, 8 comme un personnage divin. C'est aussi sans doute par l'attribution du caractère divin à Kriçânu qu'il faut expliquer cette formule d'un hymne aux Açvins : « Vous honorez Kriçânu alors qu'il lance sa flèche » I, 112, 21. Le couple des divinités bienfaisantes par excellence ne rend évidemment cet hommage au méchant archer que pour tâcher de détourner ses coups, peut-être pour y soustraire l'oiseau Soma, ce qui rattacherait le trait en question au mythe étudié plus haut sous les noms de /{ijrâçva, de Bhujyu, de Rebha.

II semble même qu'au vers I, 71, 5, où le fugitif parait d'ailleurs être Agni qui, en tant que feu céleste, est au fond identique à Soma, l'archer qui le vise, et qui n'est ici plus spécialement désigné par aucun nom propre, n'est pas distingué du père nommé dans le même vers , lequel est en cette occasion identifié purement et simplement au eieL

En tout cas» l'auteur du vers X » 64, 8 déjà cité invoque

arec Kricâna deux autres archers dont il né diffère sans doute pas essentiellement à Torigine. Je u'ai rien à dire de Tishja dont le nom ne se retrouve qu'une seule autre fois dans le Aig-Veda, si ce n*est que son identification avec une constellation doit être vraisemblablement rapportée à la for* mation mythologique secondaire qui a transporté dans le ciel nocturne différents héros de la mythologie solaire ou météorologique primitive, et avant tous les autres Soma lui-même sous la forme de la lune , Remarquons cependant que la formule du vers V, 54, 13 « Une richesse qui ne s*éloigne pa» (de nous) comme Tishya ne s'éloigne pas du ciel » s'expliquerait bien par le mythe du père ou du gardien avare du Soma, qui reste dans le ciel» tandis que le fils en sort pour se livrer aux hommes. Quant au troisième archer, c'est un personnage dont l'importance dans la mythologie védique est tout autre que celle de Tishya, et même de Kriçânu. Rudra, auquel nous idions consacrer la seconde et la plus considérable partie de cette section , est une des formes les plus intéressantes du père céleste.

Pour en finir avec Kriçânu, disons encore que sa flèche» écartée au vers I » 155| 2 par deux divinités essentiellement propices, Indra et Yishnu, était dirigée contre le mortel. C'est, comme on va le voir, un trait de ressemblance de plus entre le mythe de Kriçânu et celui de Rudra.

B. — RUDRA

Nous avons vu Rudra invoqué dans un même vers (X, 64, 8) avec Kriçânu et Tishya, et les trois personnages désignés sous la dénomination commune d'archers, aslvin. L'arc et les flèches sont en effet les attributs essentiels de Rudra comme le montrent les vers II, 33, 10; V, 42, 11 ; VII, 46, 1 ; X, 125, 6'. C'est sans doute lui qui est désigné au vers VI, 20, 9 sous le nom d'archer : « (Indra) est monté sur ses chevaux comme l'archer sur le garta; » il reçoit en effet au vers II, 33, 11 l'épithète gartasad « siégeant sur le garta. » Ce mot garta pour lequel MM. Roth et Grassmann ont adopté les sens de (( tr6ne d et de « siège de char, » parait désigner l'es-

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