‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 396 sur 417 · Voir p · texte numérisé non relu

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accusatif^ tvimçatam yojanâni, exprimant, du moins selon M. Grassmann et selon moi, l'espace parcouru, pari yanti. Remarquons en passant que le mot qu'il aurait fallu là, pour le sens qu'ils donnent à la phrase, n*est pas malaisé à trouver : c'est artham, cf. I, 38, 2; 113, 6; 124, 1; II, 30, 2; YII, 63, 4, qui, gi*âce aux complaisances de l'euphonie védique, aurait satisfait tout aussi bien au mètre que kratum. Essayons maintenant de construire les deux accusatifs parallèlement : « Elles traversent les trente yojana, elles tra* versent Tintelligcnce. » Est-ce là un de ces résultats que le bon sens se refuse à admettre ? Ne parlons-nous pas nousmêmes de lumières, à'éclairs qui traversent l'intelligence? Pourquoi les /{ishis n'auraient-ils pas parlé ainsi des aurores? Mais nous n'en sommes pas réduits à des rapprochements avec les métaphores de nos langues actuelles. Une formule du vers 3 de l'hymne X, 95, appliquée à Urvaçî, et que M. Ludwig et M. Grassmann ont interprétée de deux manières aussi divergentes qu'inattendues l'une et l'autre (je renvoie le lecteur à leurs traductions), porte : « Elle a brillé comme l'éclair, vi davidyutan na, dans une faible intelligence. » Ce passage est précisément un de ceux qui m'ont fait reconnaître la parole sacrée comme une des formes d'Urvaçî *. Le vers 9 du même hymne semble nous montrer Purûravas s'unissant aux eaux que personnifie également Urvaçî « comme aux kratu », c'est-à-dire comme aux idées. C'est sans doute la confusion ordinaire des formes diverses de la parole sacrée, nuée ou plutôt voix de la nuée dans l'atmosphère, aurore ou voix de l'aurore dans le ciel. Ajoutons qu'au vers VI, 59, 6, la parole sacrée^ traverse trente espaces, comme dans notre passage les aurores traversent trente yojana. C'est un chassé-croisé, ou plutôt une confusion nouvelle des deux formes de l'élément femelle. En tout cas, la formule « elle a brillé comme l'éclair dans l'intelligence »me parait pleinement suffisante pour justifier l'interprétation : « Les aurores traversent l'intelligence (pour l'éclairer). » Plus haut nous avions trouvé, en repoussant également un sens non justifié, qu'on demandait à l'aurore de a chanter la première ». C'était une autre confusion de l'aurore et de la parole sacrée. En respectant le sens des termes, nous abou-

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