Voir, II, p
futurs, il aura peut-être servi du moins à leur montrer qu*il reste quelque chose à cherclMr, et que la correction de vi y ad en viyad n'a pas résolu la difficulté du vers.
Il ne sera pas inutile, avant de passer au suivant, de citer un autre exemple de ce que j*ai appelé plus haut les péripé* ties variables d'un même mythe. Je ne le chercherai pas bien loin. Dans le même mandalalV, Thymne 18, sur la naissance dlndra, porte au vers 8 : « Tantôt la jeune femme t*a aban<donné ; tantôt la mauvaise mare t'a dévoré ; tantôt les eaux se sont montrées bienveillantes pour leur fils ; tantôt Indra est sorti violemment du sein qui le tenait enfermé. » Et au vers suivant ; « Tantôt, ô dieu bienfaisant, Vya^iisa (le dé-^ mon) t'a frappé et t'a brisé les mâchoires. .. etc. » C'en serait assez pour justifier par exemple la double hypothèse ; « soit que Kriçânu Tait laissé partir, soit qu'il ait lancé une flèche contre lui. »
Le vers 4, si on admet que le précédent ne contient pas de proposition principale, a pour objet de constater que les péripéties variables de la descente du Soma n'en modifient pas le succès : toujours l'aigle arrive au but. M. Roth propose pour ce vers une troisième et dernière correction. Voici le texte tel qu'il nous a été conservé : rijipya îm indrdvato na bhujyum çyeno jabhâra brihato adhi sknoh antah patat pakUry asya pamam adha yâmani prasitasya tad véh . C'est la leçon indrâ" vaU> qui arrête M. Roth, comme elle avait arrêté M. Grassmann et M. Ludwig. Le premier a lu indrdvanto et a traduit : a Taigle rapide Ta emporté du sommet élevé, comme les compagnons d'Indra (les Maruts, je suppose) ont emporté Bhujyu». Mais ce senties Açvins, et non les Maruts ou les dieux en général, qui ont opéré le sauvetage de Bhujyu. M. Ludwig a donc préféré lire indrâva^ a comme (l'aigle) des Açvins a emporté Bhujyu ». Mais tous les deux ont été trop timides. Us ont eu tort de croire que bhujyu était le nom du personnage bien connu que les Açvins ont sauvé des eaux. Ce mot signifie ici < couleuvre », et le mot à retrouver sous la fausse leçon indrdvato doit être celui du lieu d'où l'aigle tire la couleuvre, comme il tire le Soma du ciel. Or il y a des couleuvres (d'eau) dans les marais, et en supprimant Tn et le d de indrdvato, on obtient irdvato, ablatif de irdvat^ qui SLpu signifier marais.
Récapitulons. Première hypothèse: fausse leçon. Nous verrons tout à l'heure si la leçon traditionnelle est inexpli*
cable. Deuxième hypothèse: un mot iréccU signifiant « m&«^ rais ». On ne connatt ce mot que^comme un adjectif» éveillant il est vrai l'idée d*humldité, mais tonjours d'ailleurs dans le sens le plus fayorable (la pluie, le lait des vaches). Troisième hypothèse : le sens de < couleuvre » pour le mot bhujyu.
Contre celle-ci je demande la permission de protester énergiquement. Le mot eût-il réellement ce sens» Tintervention de Taigle rappelle trop inévitablement le mythe de Bhujyu porté par les Açvins sur un char tratné par des aigles ^ pour qu'il soit possible d'en écarter ici l'^pUcation i ee personnage. Mais lîen n'est moins étabU que l'emploi du mot bhujyu dans le sens de couleuvre. On ne peut invoquer à l'appui de cette interprétation que le rapprochement des mots classiques bkujamga^ bhujamgama « serpent », et du mot bhoga € anneau ». Au vers X, 95, 8, l'être quelconque dé* signé par le mot bhujyu, dont la fuite est comparée à celle des Apsaras fuyant devant Purûravas, peut être un personnage mythologique aussi bien qu'une couleuvre. A la vérité le mot est là féminin. Mais si on remarque qu'Un autre nom du favori des Açvins, le patronymique tugrya, a un féminin» tugryây qui désigne au vers I, 33» i5, les femelles entourant un taureau évidemment mythique « secouru » par Indra, on n'aura pas de peine à admettre que le mot bhujyu désigne également au v^rs X, 95, 8» une femelle mythique» la nuée je suppose^ de telle sorte que la comparaison de la fuite des Apsaras à celle de Bhujyu (femelle) se ramènerait» comme tant d'autres comparaisons védiques» à une identité pure et simple'. Bref, je me refuse à reconnaître dans le mot bh^yjfUj soit masculin» soit féminin, autre chose qu'un nom mytholo* gique •.
J'ai cherché ailleurs* à prouver que le mythe de Bhujyu» sauvé des eaux et emporté sur un char traîné par des aigles, est une sorte de doublet du mythe de Soma» délivré de sa prison et porté également par un aigle. Le vers qui nous