Plus haut, p
06cup6 fournit prëoisëment an fort argument en faveur de cette interprétation. Je crois même que Soma n'est pas ici simplement comparé à Bhujyu^ mais qu*il reçoit purement et simplement ce nom, et que la comparaison comprend uniquement le terme indrdvato. Le verbe jabhdra ne peut avoir, en efifet, dans la phrase principale, d'autre régime que bhu^ jifum. M. Grassmann a vainement essayé, dans son diction^» naire, d'établir pour la forme im la valeur d'un pronom accusatif de la troisième personne, qui servirait pour tous les genres et pour tous les nombres ^ Je crois que cette forme est une simple particule. C'est du reste l'avis de. M. Roth, puisqu'il croit que jabhâra n'a pas de régime exprimé, et qu'il en profite pour sous-entendre mdm, et mettre, non plus seulement les deux premiers vers, mais l'hymne entier dans la bouche de Soma. Cette hypo« thèse de l'omission d'un régime mdm^ qu'il faudrait rétablir par la pensée, me semble d'ailleurs pécher par la vraisemblance. Il ne reste donc, selon moi, qu'à prendre bhujyum pour régime, et alors il n*y a plus lieu de corriger indrâixUo qui s'explique naturellement comme un accusatif pluriel ' désignant les compagnons d'Indra, c'est-à-dire les Maruts, ou plus généralement les dieux (cf. X, 10i> 1 » et le mot indrajyeshtM). L'aigle a apporté Bhujyu, c'est-àrdire le Soma ainsi nommé, du haut du ciel, comme il apporte les dieux. A la vérité, l'attelage d'aigles semble réservé aux Açvins ; mais les Maruts sont très souvent comparés à des aigles^, et les représentations zoomorphiques des dieux se con* fondent aisément avec leurs attelages ou leurs montures. La comparaison peut d'ailleurs porter seulement sur l'idée de la descente du ciel.
M. Roth fait encore sur le même vers une autre correction qui consiste à intervertir les deux hémistiches. Ici la base manque à la discussion. La correction n'a d'autre objet que de satisfaire le sens esthétique de l'interprète.
1. Il suffit de consulter rarticlo de son lexique. Le mot est presque toi\joui*s construit après un pronom ou un prëfizc, et dans la grande majorité des cas, M. Grassmann est obligé de reconnaître qu'il y joue le rôle d'une simple
particule, ou qu'il y forme pléonasme aveo un régime exprimé. Dans les i
autres, le régime qu'il exprimerait, selon M. Grassmann, peut être facilement sous-entendu. Je remarque en passant que les mêmes observations s'appliquent à sim,
2. J'abandonne une première explication de cette forme que j'avais donnée plus haut (il y a six ans), p. 13 n. 1.