Voir II, p. 37y. î
Mais sur la signification que M. Roth donne an second hémistiche (le premier selon lui), j'ai une observation à faire. Il croit 7 retrouver un détail particulier du mythe de la descente de Soma, connu par les légendes postérieures, à savoir la perte d'une plume par Toiseau porteur du Soma, que Farcher céleste a atteint de sa flèche. Mais il me paraît douteux que le mot parna « aile » soit en outre employé dans le Rig^ Veda avec le sens de plume, et plus encore que la racine pat, qui a pris plus tard le sens de « tomber », y ait d'autre sens que celui de « voler » . Le préfixe antar a entre » confirme ridée que patat ne peut avoir ici que ce dernier sens. Je traduirais donc : « L'aile ^ de cet oiseau parcourant sa route ' a volé entre (le ciel et la terre). )>
M. Roth ne fait aucune observation sur le texte de la dernière stance» quoique la forme active prati dhat^ qu'il prend en somme dans un sens qu'on croirait réservé aux formes moyennes du même verbe, fasse, selon moi, une sérieuse difficulté. Comme je ne trouve actuellement aucun moyen de lever cette difficulté, je n'insiste pas.
Reste le premier hémistiche du premier vers, que j'ai réservé. C'est le passage le plus clair, le seul entièrement clair peut-être de l'hymne entier. Dans tout ce qui précède je me suis attaché, d'une part à montrer l'invrais^nblanoe des corrections proposées par M. Roth, de l'autre à accumuler les rapprochements qui permettent d'entrevoir au moins la construction des phrases et la nature des complications qui obscurcissent ce morceau, l'un des plus difficiles du Àig-Veda. Je n'ai pas voulu déserter la lutte et j'ai suivi M. Roth sur le terrain qu'il avait choisi : je ne l'aurais pas choisi moi-même, et je ne ne me flatte pas d'avoir résolu définitivement des difficultés que je sens autant que personne.
Mais ici nous sommes en présence d'une formule aussi nette que possible : garbhe nu sann anv eshdm avedam aham devâtiâm janimâni viçvâ. c Etant encore dans la matrice, j'ai connu parfaitement, anv avedam, toutes les naissances des dieux. »0n pourrait aussi traduire «toutes les races n; mais il est incontestable que le mot janiman signifie aussi, et d'abord, « naissance », et il s'oppose mieux dans ce sens à la