Voir la note 5 de la page précédente
3. Cf. Âgni, langue, II, 1,13 et passinif et bouche, II, 1, 13, des dieux.
4. Cf. plus haut, les vaches qui boivent Teau parle pied^ p. 69»
obscure et dont la solution serait d'ailleurs sans intérêt pour une étude exclusiyement consacrée aux conceptions védiques, mais bien du sens que cette légende avait pu prendre pour les/îishis eux-mêmes, de l'application qu'ils en avaient faite, de l'interprétation, car c'en était une déjà, qu'ils en avaient donnée. La vieille histoire des deux époux, l'un divin, l'autre humain, séparésle jour où l'un a été vu de l'autre dans éertaines conditions qui varient selon les récits, a pris un sens philosophique en Grèce où elle est devenue une expression allégorique de la croyance à l'immortalité de l'âme *. Il ne me parait pas moins certain que les ftishis l'interprétaient dans un sens à la fois naturaliste et liturgique, que Purûravas était pour eux le feu, et que l'épouse céleste qui l'abandonne se confondait à leurs yeux avec la femelle multiforme dont les rapports divers avec le mâle nous ont occupés dans tout ce chapitre.
C'est seulement dans le Çatapatha-Brâhmana que la légende de Purûravas et Urvaçî est racontée avec tous ses détails *, particulièrement avec l'indication, essentielle pour la mjthographie comparée, mais beaucoup moins importante pour notre ^tude ', de la cause de la séparation. Les détails caractéristiques, au point de vue de l'interprétation indienne de la légende, se trouvent dans le récit des travaux par lesquels Purûravas mérite d'être réuni à Urvaçî dans le ciel même. Son admission au rang des Gandharvas ou compagnons célestes des Apsaras est le prix d'un sacrifice qu'il offre avec le feu de deux Âranis choisis conformément à certaines prescriptions. Ce feu d'ailleurs n'est autre que le feu céleste entré dans le bois dont est fait l'un des Aranis, après avoir été apporté du ciel par Purûravas lui-même, à son retour d'un Yoyage qui Tavait passagèrement réuni à son épouse.
Le fils de Purûvaras et d'Urvaçî apporté sur la terre par son père en même temps que le feu céleste n'est autre, s'il est permis d'employer cette expression, qu'un doublet mythique de ce feu. D porte en effet le nom d'Ayu et nous avons reconnu l'identité primitive d'/4yu et d'Agni*. Purûravas
1. Voir CoUi^on, Essai sur les monuments grecs et romains relatifs au iHjtte de Psyché. Paris, Thorin, 1877.