‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 67 sur 417 · Voir m, p · texte numérisé non relu

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sion en indiquant à Tayance qu'il a pu recevoir tour à tour le nom d'un dieu et celai d'un démon. Je puis citer aussi dès maintenant deux ou trois formules générales qui constatent la malveillance du père, en même temps d'ailleurs que le pouvoir attribué à Âgni et à Soma, apparemment au feu et au breuvage du sacrifice, de détourner cette malveillance ou d'en triompher. Au vers V, 3, 9, on dit à Agni : «Protège-nous, écarte* le père. » Quant à Soma, tantôt il cherche à gagner fie père antique,» IX, 86, 14, tantôt il dérobe les armes de son méchant père et triomphe de ses ruses, VI, 44, 22.

Le rapport de filiation conçu entre Agni et celui qui est ordinairement nommé son père est quelquefois interverti comme celui qui Tunit aux différentes femelles ordinairement appelées ses mères. Dans l'un des derniers vers qui viennent d*étre cités, V, 3, 9, les mots a Protège-nous, écarte le père » sont suivis de ceux-ci : « qui passe pour ton fils ». Agni, dans le sein de sa mère, est le « père de son père d, VI, 16, 35*.

D'après le vers 12 de l'hymne 1, 164, Tattribution du nom de père était faite, par les uns, au vrai père, par les autres, à celui qui est en réalité le fils. Nous y lisons, en effet, que « les uns appellent père celui qui a cinq pieds, douze formes, et qui règne sur les eaux dans la partie stipérieure du ciel », tandis que a les autres appellent ainsi celui qui brille dans la partie inférieure, et qui est attaché à celui qui a sept roues et six rayons ». Je reviendrai sur les nombres dans le chapitre suivant. Qu'il nous suffise de remarquer, d'abord que celui Hm a sept roues et six rayons ne diffère pas de celui qui a cinq pieds et douze formes, ensuite que ce personnage régnant sur les eaux dans la partie supérieure du ciel est opposé à celui qui brille dans la partie inférieure, comme au vers 38 du même hymne nous avons vu Tin visible opposé au visible. Le premier est évidemment le vrai père. Le second, quoique ce titre lui soit aussi donné par quelques-uns, est en réalité le fils du premier.

U lui est « attaché », arpita, exactement comme au vers X, 82, 6, le premier*né est « attaché au nombril du non-né » . Le rapprochement est d'autant plus naturel que nous avons

1 Je crois aree M. Delbrûck (dat Altmdûehe Verbum, p. 87), que yoâhi doit être rapporté an verbe yu a écarter », et je lui donne pitaram pour complément, en dépit de son accent que je propose de supprimer. Je ne ▼ois pas d*aatre moyen de donner à la phrasa un sans satisAiieaat.

2* Agni peut être aussi à la fois le fils et le père des dieux, I, 69, 2.

déjà rencontré au vers 4 de notre hymne 1, 164, le a premierné » porté par son père, et que celui-ci figure encore, sous le nom même de « non-né », au vers 6. Ajoutons qu*au vers 3 de rhymneX, 82, comme au vers 1 de l'hymne X, 81, le premier-né, Viçvakarman, reçoit aussi ce nom de « père » dont Tattribution, d'après notre vers I, 164, 12, est faite, tantôt au vrai père, tantôt au fils. -

La connaissance du vrai père est cependant de la plus haute importance. Celui qui ne connaît pas le père n'atteint pas l'arbre aux doux fruits d'où s'envolent et où reviennent les oiseaux divins, I, 164, 22, c'est-à-dire le royaume mystérieux de la vie immortelle. Les deux applications différentes qui étaient faites du titre de père paraissent avoir été conciliées par la distinction d'un père inférieur* et d*un père supérieur. Le terme de « père inférieur » est réellement employé au vers VI, 9, 2, où il désigne Agui. C'est en ce sens qu'il est possible de reconnaître le père tour à tour « au-dessous du supérieur» et «au-dessus de l'inférieur, » I^ 164, 18, cf. 17*. Le père inférieur est d'ailleurs le savant par excellence, yi, 9, 2, cf.^ 3. C'est lui qu'on consulte et qui a réponse à tout, ibid., de même qu'au vers I, 164^ 16, le mot d'une énigme ne peut être donné que par le «fils», évidemment identique au «père inférieur». Celui qui saurait ce qu'il sait, «serait le père de son père», ibid., c'est-à-dire serait semblable au fils qui passe en effet pour le père de son père. Nous avons vu ce paradoxe appliqué à Âgni. Il doit être également appliqué ici, soit à Agni, soit à Soma. C'est ce dernier qui paraît désigné un peu plus loin au vers 21 de l'hymne I, 164 : «Lui, le sage^ a pénétré en moi, le simple.» Du dernier passage on peut rapprocher le vers X, 81, 1, où il est dit de Viçvakarman, ce « premier-né d qui reçoit aussi le nom de « père », qu'il a « pénétré chez les inférieurs ».

Nous ne connaissions encore à Agni et à Soma d'autre père que le ciel, formant avec la terre le couple des premiers parents. Notre première idée doit donc être d'identifier au ciel le père mystérieux dont nous venons d'étudier les principaux caractères. Et, en effet, dans une formule qui paraît appartenir au même ordre de mythes ^ l'identification est faite par le poète lui-même, I, 71, 5. De même qu' Agni trouve la mamelle du père, Soma <xait la mamelle du ciel, IX, 107, 5, et plus

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