‹ La religion védique d'après les hymnes du Ṛig-Véda (volume 2)Chapitre 71 sur 417 · Voir particalièrement I, p. 56 et · texte numérisé non relu

Voir particalièrement I, p. 56 et

S. Je Buifl maintenant disposé à modifier en ce sens ane première interprétation que j*avais donnée, non sans hésitation, I, p. 232. 3. Sur ce nombre, voir le chapitre suivant, p. 143 .

annoncé! où la notion du père se confond avec celle d'un frère aine. Le septième frère est quelquefois malveillant comme le père, et Indra triomphe de ses ruses, X, 99, 2\ ])es allusions assez obscures à Tuainé )» se rencontrent encore aox vers V, 44, 1 et IX, 97, 22. Ce nom est donné au vers m, 38, 5, au taureau qui «met bas », appelé un peu plus loin (7) le a taureau-vache, d

Remarquons à ce propos que Tattribution d'un double sexe au père n'est pas incompatible avec l'assimilation de ce père a Fessence permanente et cachée d' Agni ou de Soma '. Agni, le « premier né » de la loi, est lui-même expressément appelé un « taureau- vache », X, 5^ 7, et le taureau « à trois mamelles » du vers m, 56, 3, parait bien, avec sa triple forme, représenter Âgni ou Soma.

Pour terminer cette première étude consacrée au père, il noQs reste à parler d'un mythe auquel nous avons déjà fait allusion, celui de l'inceste du père avec sa fille.

Le vers Y, 42, 13 est adressé à un dieu qui, en modelant les formes dans le sein de saflUe^ a ainsi créé le monde.

Dans la description assez longue et assez obscure de rhymae X, 61 , il parait être question surtout de la naissance de Soma. D'après le vers 7, cf. 6, le père, lors de son union avec sa fille, a laissé tomber sa « semence » sur la terre. Rapprochons ce trait des vers 33, 34 et 35 de l'hymne 1, 164. n résulte des deux derniers que Soma est la « semence i» du cheval mâle, et nous lisons dans le premier : « Il y a une matrice entre les deux coupes (les deux mondes); c'est là que le père a mis le fœtus de sa fille. » L'analyse mythologique assimilera sans peine le fœtus de la fille du père à la semence que le père épanche dans son union avec sa fille, et l'un et l'autre à la semence du cheval mâle expressément identifiée à Soma. Revenons maintenant au vers? de l'hymne X, 61. Pendant que la semence du père tombait sur la terre, des sacrificateurs divins engendraient la prière, et faisaient, nircUakshan, sans doute de la semence du père, un « mattre de la demeure », vâstosh palim, représentant également Soma, cf. VII, 54, 2. C'est une autre coneeption de la descente de Soma sur' la terre, présentée

1. Dans ce vers, rite est employé comme au vers Y, 44, S, cf. 1, et na est la paitieale compvatiTe employée pour attémur Texpression : « pour ainsi dire ».

). Sur la confusion des idées de mAle et de femelle, cf. encore I, 164, !•; VU, se, 6; VIII, 53, 19; X, 116, S.

cette fois comme rœavre de sacriflcateurB mjtiLiqves probablement identiques aux Navagvas du vers 10, cf. 11. En même temps que Soma apparaissent les vaches, priçanyas^^ qui ne sont plus « saisies »y retenues, ibid. 8. Ce dernier trait est pareil à celui que nous avons relevé déjà à propos d'une apparition d'Âgni^ sortant de la mère cachée, V, X, 4 : « Elles ne sont plus retenues; car il est né. » On sent tràs bien, en dépit des obscurités, qu*on se meut toujours dans le même cercle de mythes. Les « vaches », bien entendu , ne diffèrent pas du « lait » de la vache (identique à la fille) que les Navagvas obtiennent par le sacriâce (vers 11 du même hjrmne X, 61).

C'est la fille elle-même qui, au vers 1,71, 5, reçoit le nom de priçani, désignant encore au vers X, 73, 2, la femelle <c établie à la façon d'une druh ou d'une trompeuse ». Cette dernière formule rappelle le « sein » ou le « sommet » de la « tromperie » ou de la « trompeuse », et par conséquent la mère cachée. Par rapport à Agni et à Soma, la fille du père ne diffère décidément pas de cette mère. Déjà au vers I, 164, 33, nous avons rencontré un fœtus de la fille qui paraissait représenter Soma. Au vers I, 71, 5, qui renferme une nouvelle allusion à Tinceste du père avec sa fille, c'est Agni qui sort furtivement de cette fille, de cette vache, pviçant. On verra dans la quatrième partie *, que, comme l'oiseau qui dérobe le Soma, il est alors visé par un archer qui lui lance une flèche, et que cet archer n'est autre que le père lui-même. Nous retrouvons là l'idée de la malveillance du père.

Une allusion à la même idée se rencontre encore au commencement de l'hymne JII, 31, dans un dernier passage relatif à l'union de la fille et du père (1 et 2). Là, Agni n'est plus considéré comme le fils de la fille, mais comme le ((propre fils», iànva, du père, c'est-à-dire, selon l'interprétation donnée plus haut' de ce terme, comme le fils qui sort du sein de son père. Il est dit au vers 2, ce qu'il a fait de la matrice un dépôt du donneuri>. Cette formule obscure peut être entendue en ce sens que le sein du père, où il était retenu avec les trésors célestes, n'est plus désormais que le lieu où sont déposés, mais non plus retenus, ces trésors

1 . Proprement les « bigarrées » (priponl, équÎTaleot & pnçni dans tons see emplois). Voir ci-aprës, I, 71, 6 et X, 73, 2.

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